Economie

Les du Pont de Nemours, un clan sur grand écran

Prod DB © Annapurna Pictures - Likely Story - Media Rights Capital / DR FOXCATCHER de Bennett Miller 2014 USA avec Channing Tatum et Steve Carell

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Publié aujourd’hui à 20h00

Le siècle des Lumières jette ses dernières flammes ; Pierre Samuel du Pont de Nemours (1739-1817) accuse le coup. L’économiste français est brûlé par les feux de la rampe, depuis qu’il a été élu député, en 1789. « Je sens que j’écris trop », confesse-t-il en 1791. De traités en discours, du Pont n’en peut plus de rabâcher son rôle d’expert. Il rêve d’aventures, de vivre d’autres vies ; l’avènement de la République, en 1792, lui en offrira à foison. Jusqu’à sa mort, aux Etats-Unis, en 1817, il s’improvisera entrepreneur, diplomate, poète, traducteur… Et même, sur le tard, naturaliste.

Dans la peau de ce personnage-là, ami des bêtes et des plantes, il livre quelques répliques mémorables. Celle-ci, par exemple : pour du Pont, « l’animal est une lampe », dont l’oxygène est l’huile, et le sang la mèche. « Vivre est la manière de briller de cette belle lampe, avance-t-il. Mais tous les organes qui servent de fourneaux (…), étant eux-mêmes susceptibles d’incendie, se carbonent progressivement. »

« The Du Pont Story » en Technicolor

Nul doute que Pierre Samuel aurait été fasciné par la plus magique des lanternes, le cinéma. Ne s’était-il pas doté d’un pseudonyme, Pontius Nemoracensis, digne d’un héros de péplum ? Certains historiens, du reste, lui attribuent un charisme d’acteur. Max Dorian l’imagine plutôt « bel homme » ; William Carr le décrit « usant de tout son charme, qui était grand ». Pour Jean-Pierre Poirier, du Pont est tout le contraire : une « gueule », comme disent les cinéastes, doublée d’un sacré cabotin. « Petit et trapu, il a une énorme tête sans cou, une forte mâchoire, un visage marqué par la petite vérole, détaille l’universitaire. Son gros nez tordu est surmonté par des lunettes d’acier ; une courte perruque frisée dissimule sa calvitie ; bref, il n’a rien d’un adonis, mais il est gai et sa bonne humeur est communicative. »

Quelle que soit la nature de sa cinégénie, Pierre Samuel n’apparaît pas dans le film The Du Pont Story, vu en 1950 par six millions d’Américains. Tout juste est-il mentionné, au détour d’un dialogue, par celui qui lui a volé la vedette : son fils cadet, Eleuthère Irénée. Le long-métrage raconte la création par ce dernier, en 1802, d’une fabrique de poudre à canon – orthographiée DuPont, sans espace –, dans le Delaware, dans le nord-est des Etats-Unis. Le film suit la croissance de la firme, jusqu’à sa transformation, au tournant du XXe siècle, en un géant de la chimie.

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