Economie

Le livreur de repas Delivery Hero rejoint la première ligue du capitalisme allemand

Le siège de Delivery Hero, à Berlin, le 18 août.

En Allemagne, la livraison de repas à vélo prend ses quartiers de noblesse. Le groupe Delivery Hero, start-up berlinoise entrée en Bourse en 2017, va, dès lundi 24 août, prendre sa place au prestigieux DAX, l’équivalent allemand du CAC40. Cette arrivée a de quoi laisser songeur sur l’évolution du capitalisme allemand, réputé robuste. En effet, Delivery Hero, fondé en 2011, a abandonné ses activités outre-Rhin en 2019 et n’a encore jamais réalisé le moindre euro de bénéfice. Pour compléter le tableau, il remplace au DAX la fintech Wirecard, qui a déposé le bilan en juin sur fond de manipulation de bilan, causant le plus gros scandale financier de l’histoire du pays.

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Le groupe Deutsche Börse, qui gère l’indice, avait à cœur de chasser le nom « Wirecard » de sa liste le plus rapidement possible. L’affaire a mis à mal la réputation du DAX, utilisé par les grands fonds d’investissement pour placer leur argent dans des titres considérés comme solides.

Mais les experts sont sceptiques : peut-on vraiment regagner la confiance avec Delivery Hero, une start-up qui a affiché 650 millions d’euros de perte opérationnelle en 2019, et dont l’activité se situe essentiellement en Asie, au Moyen-Orient et en Amérique latine ? Wirecard, au moment de son entrée au DAX, en septembre 2018, avait lui aussi charmé la presse et les investisseurs grâce à sa croissance exponentielle en Asie…

Conquête des marchés

Delivery Hero rétorque que son modèle économique est prometteur. Le groupe est certes déficitaire, mais c’est un choix stratégique classique des entreprises technologiques, qui privilégient la conquête des marchés à la réalisation de bénéfices. Présent dans 40 pays, d’une valeur boursière de 19 milliards d’euros, il assure être l’un des grands gagnants de la crise liée au Covid-19.

Grâce au confinement, son volume d’affaires a doublé. En 2020, il table sur un chiffre d’affaires compris entre 2,6 et 2,8 milliards d’euros. Quand compte-t-il sortir du rouge ? « Je n’en sais absolument rien », a confié son fondateur et patron, Niklas Östberg, au quotidien allemand des affaires Handelsblatt, le 24 juillet. « Nous franchirons le point de rentabilité quand nous serons assez gros. »

Mais l’important, pour figurer au DAX, n’est pas le bénéfice, c’est de stimuler l’appétit des marchés. Sur ce point, le livreur de repas semble honorer ses promesses. L’action se négocie actuellement autour de 100 euros. Et surtout, il touche deux tendances jugées porteuses par les analystes : les jeunes ont moins envie de faire la cuisine et, en raison de la pandémie, ils pourraient bouder durablement les restaurants.


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