Economie

Après un été meilleur que prévu, l’hôtellerie s’attend à une dure rentrée

Au Crillon, à Paris, le 18 août.

« La situation de l’hôtellerie française est dramatique ! », se désole Hervé Becam, vice-président de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (UMIH). Il faut dire qu’avec le transport aérien, le secteur de l’hôtellerie a été l’un des tout premiers à faire les frais de l’avancée de la pandémie de Covid-19. Les chiffres sont révélateurs. D’une année sur l’autre, le revenu par chambre (RevPar), l’indice qui mesure l’activité des hôtels, s’est effondré en France. Sous l’effet de la crise sanitaire, « il a reculé de près de 35 % par rapport à 2019, tandis que le taux d’occupation des chambres s’est, lui, replié de 55 % à 60 %. C’est énorme », relève M. Becam.

Heureusement, les vacances d’été sont venues mettre un peu de baume au cœur d’une partie de la profession. Il y a deux mois, « tout le monde aurait signé pour avoir les chiffres que nous avons obtenus cet été », se félicite Vanguelis Panayotis, PDG du cabinet de conseil MKG consulting, qui a publié, vendredi 21 août, l’Observatoire mensuel de l’hôtellerie. L’étude montre qu’après « un démarrage lent, début juillet, la fréquentation des hôtels a connu une accélération à partir de la mi-juillet, qui s’est prolongée jusqu’à la mi-août », note M. Panayotis.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Après le confinement, le lent réveil des hôtels de France

Tout le monde n’a pas été logé à la même enseigne. « C’était l’été de tous les contrastes, géographiques et économiques », précise le patron de MKG. Si pour le littoral, notamment atlantique, ainsi que le Nord, la Bretagne et, dans une moindre mesure, la Côte d’Azur, « cela a plutôt bien fonctionné », Paris, l’Ile-de-France et les grandes agglomérations sont toujours à l’arrêt.

Cet été, en moyenne 80 % des chambres d’hôtel ont été proposées à la vente, avec des pointes à 98 % sur le littoral. A Paris, en revanche, une chambre sur deux était toujours fermée. La province aussi a fait le plein, avec 90 % de chambres mises en vente. Les gagnants de l’été ont bénéficié de l’apport de la clientèle française, qui, en grande majorité, a choisi de passer ses vacances dans l’Hexagone. Même la Corse, « qui a été plus longue à démarrer, se rattrape aujourd’hui en termes de fréquentation », se réjouit le vice-président de l’UMIH.

« Les nouvelles ne sont pas rassurantes »

D’après l’enquête de MKG, il apparaît qu’« au niveau national, c’est l’hôtellerie économique qui s’en sort le mieux ». En moyenne, de 87 % à 91 % des capacités des établissements de une à trois étoiles étaient disponibles pendant la saison estivale. A l’inverse, signe sans doute des difficultés économiques des Français, le haut de gamme était beaucoup moins recherché. Ainsi, seules 59 % des capacités des cinq-étoiles étaient ouvertes, tandis que le taux d’occupation n’y a pas dépassé les 53,1 %, en chute de 25,8 % comparé à la même période en 2019.

Il vous reste 63.4% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.


Source link

Afficher plus

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page