Economie

Dans l’automobile allemande, les petits équipementiers redoutent les faillites

Des employés du constructeur automobile allemand Volkswagen, sur la chaîne de montage de l’entreprise à Wolfsburg (Basse-Saxe), le 27 avril.

C’est une particularité de la crise liée au Covid-19 en Allemagne : elle pourrait ébranler, bien davantage qu’en 2009, le cœur du modèle économique du pays, le Mittelstand. Ce tissu d’entreprises de taille moyenne, souvent très spécialisées et non cotées en Bourse, devrait payer le plus lourd tribut, et non les grands groupes.

Dans le secteur automobile, épine dorsale de l’économie nationale, les petits et moyens sous-traitants sont cueillis à froid, au moment précis où ils doivent faire leur aggiornamento technologique vers la mobilité électrique et connectée. Une conjonction hautement périlleuse pour ces PME, dont beaucoup sont menacées à court terme, anticipent experts, syndicats et fédérations industrielles.

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A cet égard, la région de Basse-Saxe est emblématique. Ce Land du Nord-Ouest, où siègent le groupe Volkswagen et Continental, le second équipementier du monde, abrite aussi de nombreux acteurs plus petits qui vivent des commandes des géants de ce type. Beaucoup sont hautement spécialisés dans une technologie, notamment les pièces destinées au moteur à explosion.

Entreprises maintenues artificiellement en vie

Selon une étude de l’institut Ifo publiée en 2018, 16 % des emplois dans ce Land (90 000 au total) sont dépendants de la production de moteurs à explosion et de composants comme les refroidisseurs, les transmissions et les dispositifs de gaz d’échappement, dont la production va rapidement décliner au profit du moteur électrique. Un pourcentage comparativement plus élevé que celui des autres grandes régions automobiles comme le Bade-Wurtemberg (13 % des emplois) et la Bavière (11 %), qui redoutent également la casse sociale.

Début juillet 2020, une analyse de la fédération patronale de Basse-Saxe a chiffré à 60 000 le nombre d’emplois qui pourraient être perdus à cause de la crise sanitaire à l’automne, essentiellement dans l’industrie. Pour l’instant, les entreprises sont encore maintenues artificiellement en vie grâce aux mesures de chômage partiel, aux crédits accordés et à la levée, jusqu’à fin septembre, de l’obligation de déclarer les cessations de paiements. Toutefois, l’automne devrait être le témoin des premières vagues de faillites et de licenciements. IG Metall, le grand syndicat de l’industrie manufacturière qui inclut l’automobile, table sur 300 000 emplois perdus.

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Il n’est guère étonnant, dès lors, que le ministre-président de la région, Stephan Weil, ait exprimé sa frustration quand sa formation politique, le Parti social-démocrate (gauche), a décidé d’exclure toute prime à la casse pour les véhicules thermiques dans le plan de relance de 130 milliards d’euros décidé début juin, pour des raisons politiques. La mesure a été très mal reçue dans l’industrie et par les syndicats.

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