Economie

L’inflation immobilière persistante fragilise le président sud-coréen Moon Jae-in

Lors d’un rassemblement de l’opposition conservatrice sud-coréenne, à Gwanghwamun, au cœur de Séoul, la capitale, contre la politique de lutte contre la spéculation, le 15 août.

La lutte contre l’inflation immobilière à Séoul tourne au casse-tête pour l’administration du président progressiste sud-coréen, Moon Jae-in. Samedi 15 août, des propriétaires ont bravé la pluie pour manifester, dans le cadre d’un rassemblement de l’opposition conservatrice, à Gwanghwamun, au cœur de la capitale, contre la politique de lutte contre la spéculation jugée responsable de la hausse, entre mai 2017 et juin 2020, de 52 %, à 925 millions de wons (658 000 euros), du prix moyen des appartements.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi La Corée du Sud veut convaincre ses entreprises de rentrer au pays

Réunis dans un « mouvement de lutte contre les taxes », les participants ont protesté contre le vote, le 4 août par l’Assemblée nationale, du doublement de la taxe foncière pour les multipropriétaires, de la hausse à 70 % de l’impôt sur les plus-values réalisées à la revente moins d’un an après l’achat et du renforcement des droits des locataires, auparavant démunis face aux propriétaires.

Une demande forte

La lutte contre la hausse des prix est une promesse de campagne de Moon Jae-in. L’inflation immobilière découle de plusieurs facteurs, à commencer par les dérégulations décidées sous la présidence de la conservatrice Park Geun-hye (2013-2016), qui ont profité aux plus aisés. La tendance s’est accentuée avec la baisse régulière des taux d’intérêt, aujourd’hui historiquement bas, à 0,5 %, pour soutenir l’économie fragilisée par la pandémie de Covid-19.

Séoul abrite 20 % de la population du pays

La hausse des prix tient aussi au déséquilibre existant entre l’offre et la demande, particulièrement dans les quartiers recherchés, comme celui de Gangnam, le plus cher de Séoul. La demande dans la capitale reste forte dans un pays où accéder à la propriété est important et où la majorité veut habiter Séoul, qui abrite déjà 20 % de la population du pays. Face à la demande, les biens sont souvent attribués par tirage au sort, en privilégiant les jeunes couples avec enfants.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi L’ambition unificatrice de Moon Jae-in mise à mal par le regain de tensions dans la péninsule coréenne

Une autre cause de l’inflation est le système dit du « Jeonse », spécifique à la Corée du Sud. Dans ce cadre, le locataire ne paye pas de loyer, mais verse à l’emménagement un acompte compris entre 50 % et 100 % du prix total du logement, qu’il récupère au terme du bail, généralement de deux ans, s’il quitte le logement. Entre-temps, le propriétaire a fait fructifier l’argent, parfois en investissant dans un nouveau bien.

Assouplir les règles de construction

Depuis son élection en mai 2017, Moon Jae-in a fait passer pas moins de vingt-deux séries de mesures pour infléchir la tendance. Outre l’augmentation des taxes, le gouvernement a interdit d’emprunter plus de 40 % du prix d’un bien, une part qui tombe à 20 % pour ceux évalués à plus de 900 millions de wons (641 000 euros).

Il vous reste 45.46% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.


Source link

Afficher plus

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page