Economie

Avec la crise sanitaire, de plus en plus de paquebots sont promis à la démolition

La pandémie de Covid-19 a condamné le « Costa Victoria » (ici dans le port italien de Civitavecchia, le 25 mars) à une mort prématurée.

De grands paquebots commencent à partir à la casse, victimes de la pandémie de Covid-19 qui a étrillé les compagnies de croisière. L’association écologiste Robin des Bois, qui trace les flottes navire par navire et traque les mauvaises pratiques d’un monde souvent opaque, en a déjà dénombré plusieurs. « Six navires sont annoncés “à démolir” ou ont déjà gagné les chantiers de démolition d’Aliaga [Turquie] au deuxième trimestre », indique-t-elle dans son bulletin « A la casse » du mois d’août.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Les croisiéristes américains reportent sans cesse la reprise de leur activité

Les noms s’alignent, qui furent autant d’invitations au voyage : Carnival Fantasy et Carnival Inspiration, du numéro un américain et mondial de la croisière, Carnival ; Costa Victoria, âgé de seulement 24 ans ; Horizon, à vendre 65 millions de dollars (environ 55,2 millions d’euros) avant la crise ; et les deux fiertés de Saint-Nazaire à la fin des années 1980, Monarch of the Seas et Sovereign of the Seas, qui avaient ouvert l’ère des paquebots géants et dont la construction avait relancé les Chantiers de l’Atlantique.

Ces deux navires étaient propriété de l’espagnole Pullmantur Cruises (filiale de l’américain Royal Caribbean), en redressement judiciaire. Le Monarch était en vente pour 125 millions de dollars, avec possibilité de continuer l’exploitation, selon Robin des Bois. Mais ils n’ont pas trouvé preneur et leur propriétaire n’en tirera qu’un peu plus de 4 millions. Cette liste de six navires n’est pas close. Carnival, qui détient la moitié du marché de la croisière, a annoncé son intention de se séparer de 13 navires, sans dire s’ils seront vendus ou promis à la casse.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Les croisières ont toujours du mal à reprendre la mer

Le Covid-19, une aubaine ? Sans doute pas pour un bateau comme le Costa Victoria, mis en service en 1996, que la pandémie a condamné à une mort prématurée. D’autres, construits il y a trente, voire quarante ans, sont également amortis, mais dépassés, voire vétustes. Entre projets immobiliers, base de loisirs ou… transport de bétail, leur avenir est fluctuant. « Les démolitions seront progressives et inévitables », écrit le bulletin « A la casse ». La rationalisation des flottes est bel et bien engagée.

Course au gigantisme

Les paquebots les plus anciens ne répondent plus, en effet, aux normes environnementales édictées par l’Organisation maritime internationale, qui dépend des Nations unies. La quasi-totalité des quelque 300 paquebots fonctionne encore au fioul lourd, certes bon marché pour les armateurs, mais très polluant avec ses rejets d’oxyde d’azote, d’oxyde de soufre et de particules fines – même si l’installation d’épurateurs de fumée (scrubbers) augmente. Quant aux navires propulsés au gaz naturel liquéfié, comme ceux que l’italo-suisse MSC a commandés à Saint-Nazaire juste avant la crise sanitaire, ils sont encore en petit nombre.

Il vous reste 36.37% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.


Source link

Afficher plus

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page