Politiques

Jean Castex “n’a pas beaucoup parlé de l’avenir” des humanitaires, déplore un des cofondateurs de Médecins sans frontières


Jacques Bérès estime que le Premier ministre a “eu l’air” de s’excuser pour la présence des humanitaires au Niger. “Ils avaient pris des précautions. Ils avaient bien organisé la chose et ils avaient parfaitement le droit d’y aller sans avoir besoin qu’on justifie ça.”

Jean Castex “n’a pas beaucoup parlé de l’avenir” des humanitaires et de leur protection, a déploré vendredi 14 août sur franceinfo Jacques Bérès, cofondateur de Médecins sans frontières et de Médecins du monde. Ce médecin chirurgien, qui a effectué plus de 160 déplacements sur des zones de guerre, salue toutefois “un beau discours avec de beaux mots” prononcé par le Premier ministre à Orly, après la cérémonie d’hommage aux victimes de l’attaque au Niger dimanche 9 août.

>> Suivez la journée d’hommage aux Français tués au Nige

“Je crois que monsieur Castex est sincère, mais j’ai quand même un certain nombre de réserves”, explique Jacques Bérès. “Je trouve qu’on n’a pas beaucoup parlé d’avenir. Il y a eu des mots : ‘l’Etat s’engage à assurer le renforcement de la protection’. Pour l’instant, la protection des équipes humanitaires est pratiquement nulle, déplore le médecin chirurgien. Donc, on peut toujours renforcer, la multiplication de zéro aboutit à zéro.”

Je pense qu’on aurait plutôt dû parler de choses réelles, comme la cellule de crise qui avait été fondée par Bernard Kouchner. Elle sert de temps en temps, mais elle est sous exploitée.Jacques Bérèsà franceinfo

En outre, Jacques Bérès note que le Premier ministre, dans son discours, a beaucoup parlé de l’enquête sur l’attaque au Niger mais le cofondateur de Médecins sans frontières et de Médecins du monde n’en espère pas grand chose. “La France s’engage à faire une enquête fouillée, à punir les responsables de cet attentat odieux, a-t-il retenu du discours de Jean Castex. Et bien non. Il y aura probablement une enquête et c’est pratiquement certain qu’elle n’aboutira à rien, parce que c’est comme ça, parce que c’est un groupe qui se fond dans d’autres groupes et c’est une zone immense qu’on appelle la zone des trois frontières, alors qu’en fait il y a cinq frontières”, affirme Jacques Bérès.

Le médecin regrette par ailleurs que le Premier ministre “ait l’air de s’excuser pour les humanitaires, que ce n’était pas du tourisme, qu’il s’agissait de connaître le pays, de renforcer la solidarité des équipes, d’aller faire cette virée au parc. On n’a vraiment pas à s’excuser de ça. Ils avaient pris des précautions. Ils avaient bien organisé la chose et ils avaient parfaitement le droit d’y aller sans avoir besoin qu’on justifie ça.”


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