Economie

Il faut « un programme ambitieux pour reconstruire l’économie du Liban »

Tribune. La conférence internationale des donateurs, organisée le 9 août sous l’impulsion du président Emmanuel Macron, a permis de collecter plus de 250 millions de dollars (212,50 millions d’euros) pour venir en aide à la population de Beyrouth, durement frappée par l’explosion du 4 août, à travers notamment un engagement de l’Union européenne à fournir 60 millions d’euros afin de pourvoir aux besoins les plus urgents, et un engagement du Qatar à hauteur de 50 millions de dollars. La France a quant à elle contribué à hauteur de 30 millions d’euros à cet effort collectif.

Cette manifestation de la solidarité internationale était indispensable. Mais alors que le pays s’enfonce aujourd’hui dans l’instabilité et que la défiance vis-à-vis de la classe politique est à son paroxysme, il importe de se projeter à plus long terme et de définir un programme ambitieux permettant d’assurer la reconstruction des infrastructures détruites et le redécollage économique du Liban.

Désenchantement

En effet, si la crise que connaît le pays depuis des années passe par une refondation politique, qu’il appartient aux seuls Libanais de définir et de mettre en œuvre, l’expérience des transitions politiques dans la région et au-delà montre que, sans une refondation du modèle économique, de vieux démons tels que la corruption, la prévarication et le clientélisme auront tôt fait de ressurgir, sous des formes nouvelles, au risque de faire achopper la transition vers un nouveau contrat politique et social.

En l’absence de perspectives économiques sérieuses, les immenses espoirs soulevés par la possibilité d’un changement, notamment au sein des jeunes générations, céderont vite la place au désenchantement. Dans ces conditions, la menace d’une implosion de l’Etat libanais au profit de baronnies locales est bien réelle. Avec à la clé une nouvelle balkanisation communautaire et confessionnelle de ce petit pays dont le destin pourrait déterminer celui de tout le Moyen-Orient.

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Pour éviter cela, il faut lancer très rapidement un programme de reconstruction des infrastructures détruites, fondé sur les meilleures pratiques internationales en matière de transparence et de redevabilité des comptes.

Il importe de tirer toutes les leçons de l’expérience de reconstruction engagée dans les années 1990, lorsque le pays est sorti d’une longue guerre civile de quinze ans. Une des critiques adressées à l’ancien programme de reconstruction, porté alors par l’ancien premier ministre Rafic Hariri, assassiné en février 2005, est la collusion entre les intérêts publics et privés, à travers la société anonyme Solidere.

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