Economie

Bercy lève le dernier obstacle à la reprise d’Ascoval et d’Hayange

Le site d’Ascoval à Saint-Saulve (Hauts-de-France), en janvier 2018.

L’aciérie d’Ascoval semble enfin sortie de la crise, après des années d’incertitudes et de rebondissements douloureux : Bercy a validé, vendredi 14 août, sa reprise par une entreprise britannique, Liberty Steel, en commun avec l’usine de rails d’Hayange.

Bruno Le Maire et Agnès Pannier-Runacher, respectivement ministre de l’économie et ministre déléguée chargée de l’industrie, « ont autorisé le groupe Liberty à se porter acquéreur des sites industriels France Rail Industry à Hayange (Moselle) et Ascoval à Saint-Saulve (Nord) (…) Dans le cadre de cette reprise, le groupe Liberty s’est engagé à apporter 65 millions d’euros de financements nouveaux », précise un communiqué de Bercy.

« Nous croyons en la France », a réagi Sanjeev Gupta, président de GFG Alliance, la maison mère du groupe britannique Liberty. « Ces entreprises ont un grand futur, donc nous allons investir pour les faire croître », a-t-il promis.

L’annonce marque la conclusion de plusieurs années d’incertitudes pour le site d’Ascoval, basé à Saint-Saulve (Nord), qui était menacé de fermeture par la faillite de son principal actionnaire. Il s’agit de l’un des principaux dossiers industriels depuis le début du quinquennat d’Emmanuel Macron, avec de multiples rebondissements et autant de désillusions pour ses près de 300 salariés.

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L’échec Altifort

Fin 2018, ils avaient, une première fois, retrouvé l’espoir avec une offre de reprise par le franco-belge Altifort. Validée par la justice et soutenue par le président de la région Hauts-de-France, Xavier Bertrand, l’opération ne faisait plus de doute.

Mais, à la surprise générale, le projet avait échoué quelques mois plus tard, faute de fonds suffisants. Altifort est, depuis, en redressement judiciaire.

Quelques mois plus tard, nouvel espoir : le britannique British Steel reprenait l’usine. Mais, à son tour, le groupe faisait faillite peu après. Certes, cette procédure ne concernait que ses activités britanniques et ne touchait a priori pas Ascoval. Mais elle avait relancé les incertitudes quant à l’avenir.

Désormais, c’est un autre britannique, Liberty Steel, qui doit reprendre l’aciérie aux côtés d’une autre propriété de British Steel, l’usine de rails d’Hayange, en Moselle. Officiellement dénommée France Rail Industry, celle-ci est le principal fournisseur en rails de la SNCF et compte un peu plus de 400 salariés.

Surtout, elle est considérée comme « stratégique » par l’Etat. C’est pour cela qu’il devait donner son aval à son acquisition par un groupe étranger.

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« C’est l’épilogue d’un long feuilleton »

Bercy souhaitait associer les deux sites, un partenariat logique puisque l’usine d’Hayange est déjà l’un des principaux clients d’Ascoval avec des dizaines de milliers de tonnes d’acier à la clé chaque année.

L’offre de Liberty Steel n’était pas la seule à lier les deux sites. Le chinois Jingye, qui avait lui-même racheté British Steel, avait tenté sa chance et obtenu la préférence des syndicats.

Le groupe ArcelorMittal s’était aussi porté candidat pour les deux usines, mais il suscitait beaucoup d’inquiétudes chez les employés d’Ascoval, pour qui ce géant de la sidérurgie avait déjà largement de quoi produire de l’acier et risquait d’orienter leur site vers une mort annoncée.

C’est finalement pour une troisième offre, celle de Liberty Steel, que la justice avait tranché, fin juillet. Restait donc juste à obtenir l’aval de Bercy à ce projet qui promet de maintenir emplois et production.

« C’est l’épilogue d’un long feuilleton », a résumé M. Le Maire dans Le Figaro, y voyant « un symbole de la reconquête industrielle française ». Désormais, « nous suivrons de très près les commandes et nous verrons si cela repart du bon pied », a-t-il prévenu.

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Le Monde avec AFP


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