Economie

La crise incite les Français à consommer avec modération

Soldes d’été à Bordeaux, le 18 juillet 2020.

Des boutiques désertées, mais des comptes en banque qui explosent. Inquiets de la montée du chômage et devant les incertitudes économiques, les Français ont adopté un comportement prudent, comme le montre le bilan mitigé des soldes d’été. Certes, le déconfinement, le 11 mai, a provoqué un sursaut de fièvre acheteuse après deux mois de diète forcée : la consommation a dépassé en juin son niveau de février (+ 2,3 %), sans parvenir toutefois à rattraper le retard pris pendant le confinement : le deuxième trimestre reste très en retrait (- 7,1 %) après un premier trimestre déjà mauvais (- 6,8 %).

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« La consommation des ménages est repartie, elle a été plus forte en juin qu’avant le coronavirus, après un net repli pendant le confinement », analyse Philippe Waechter, directeur de la recherche économique chez Ostrum Asset Management. « Après le déconfinement, tout le monde s’est rué sur les biens durables automobiles et équipement de la maison en tête −, les services étant encore un peu en retrait. Mais on a perdu le momentum. »

Aspirations modifiées

Que s’est-il passé ? Après une brève euphorie, la confiance des Français en l’avenir s’est effritée. En juillet, l’indicateur de confiance des ménages a plongé de deux points par rapport à juin, selon l’enquête de conjoncture réalisée par l’Insee. Les Français nourrissent des inquiétudes quant à leur niveau de vie futur, craignent la hausse du chômage et une reprise de l’inflation. L’opportunité d’effectuer des achats importants apparaît bien moindre, alors que l’épargne est, plus encore que d’habitude, la tendance.

« L’épargne accumulée pendant le confinement atteindrait les 100 milliards d’euros » Philippe Crevel, économiste

Et de fait, les liquidités continuent de s’accumuler sur les comptes à vue et les comptes d’épargne dans les banques. Dans les Caisses d’épargne ou les Banques populaires, les dépôts à vue ont augmenté de près de 28 % au deuxième trimestre par rapport à l’année précédente. Les autres réseaux bancaires publient des chiffres légèrement plus faibles, mais le résultat est là : « L’épargne accumulée pendant le confinement atteindrait les 100 milliards d’euros », estime Philippe Crevel, directeur du Cercle de l’épargne et économiste.

Le paradoxe est que plus cette épargne, accumulée par précaution, est importante, moins la reprise s’annonce vigoureuse. En effet, comme le rappelle Hélène Baudchon, économiste France chez BNP Paribas, « les dépenses de consommation représentent la moitié du PIB ». Dans une analyse des effets économiques de la crise liée au Covid-19, l’OFCE estimait que, si toute l’épargne supplémentaire était dépensée, les impacts de la crise seraient réduits de moitié.

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