Economie

Vivendi et le fonds Amber s’allient face à Arnaud Lagardère

Arnaud Lagardère, à Paris, le 8 mars 2018.

Vincent Bolloré a décidé de ne pas laisser Arnaud Lagardère passer des vacances tranquille. Au cœur du mois d’août, celui qui est devenu, par l’intermédiaire de Vivendi, le premier actionnaire du groupe avec 23,5 % du capital a réussi à s’entendre avec le second, le fonds activiste Amber Capital (20 % du capital), avec lequel il avait pourtant croisé le fer en mai.

Ensemble, les deux alliés de circonstance ont annoncé, mardi 11 août, la signature d’un accord pour cinq ans, qui octroie à chacun un droit de préemption dans l’hypothèse où l’autre vendrait ses actions. Surtout, ils s’engagent à voter l’un pour l’autre. En s’unissant, ils demandent la nomination de quatre administrateurs au conseil de surveillance, trois pour Amber Capital et un pour Vivendi.

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Que dira Arnaud Lagardère face à cette nouvelle offensive ? Sur le papier, le gérant commandité – ce statut particulier qui le rend indéboulonnable – n’est pas obligé d’obtempérer. Il a pourtant la possibilité de faire coopter des administrateurs, comme il l’avait fait en février en nommant Nicolas Sarkozy et Guillaume Pépy.

Autre possibilité, la tenue d’une assemblée générale où les administrateurs seraient soumis au vote des actionnaires. Mais le contrôle du groupe n’évoluant pas, il n’y a pas d’obligation de provoquer une réunion. La dernière s’est tenue le 5 mai et a renouvelé en partie le conseil. Le prochain rendez-vous sera probablement programmé en mai 2021.

Pour parvenir à leurs fins, Vivendi et Amber Capital envisagent, selon nos informations, de faire valoir leurs droits devant le tribunal de commerce

Arnaud Lagardère peut donc claquer la porte au nez de Vivendi, son ancien allié, et d’Amber, son ennemi de toujours. Pour mémoire, c’est Nicolas Sarkozy qui avait joué les intermédiaires avec l’homme d’affaires breton Vincent Bolloré, afin de le faire venir au capital, lorsque l’héritier de Jean-Luc Lagardère était attaqué par Amber Capital, qui souhaitait le déboulonner. Depuis, l’eau a coulé sous les ponts, et le premier actionnaire de Vivendi est passé dans le camp ennemi.

Pour parvenir à leurs fins, Vivendi et Amber Capital envisagent, selon nos informations, de faire valoir leurs droits devant le tribunal de commerce. Mardi matin, l’entourage de Lagardère n’était pas disponible pour un commentaire.

Officiellement, pour les deux protagonistes, il ne s’agit pas de prendre le contrôle du conseil. Même s’ils forment désormais un bloc de 43,5 %, ils affirment qu’il ne s’agit pas d’une action de concert. Ils n’auraient donc pas à lancer une offre publique d’achat (OPA) sur le groupe.

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