Economie

Lourdes, terre de mission pour le gouvernement

Le ministre de l’Economie et des finances, Bruno Le Maire, en visite à Lourdes (Hautes-Pyrénées), le 10 août.

Nouvelle apparition à Lourdes, lundi 10 août : trois ministres venus ramener l’espérance dans une ville à terre. La célébration de la montée au ciel de la Vierge Marie, le 15 août, constitue d’ordinaire le point d’orgue de la saison des pèlerinages dans la cité mariale ; cette année, seule une fraction des 25 000 fidèles attendus communiera dans le Sanctuaire. L’économie lourdaise, qui dépend largement du tourisme, se remettra difficilement d’une année presque blanche. Lundi, le ministre de l’économie Bruno Le Maire, le ministre délégué aux PME Alain Griset et le secrétaire d’Etat au tourisme Jean-Baptiste Lemoyne ont parcouru les rues menant à la monumentale Basilique de l’Immaculée-Conception et constaté la désaffection pour les boules de neige de la Vierge et les bouteilles d’eau de Lourdes.

Les trois hommes ont annoncé un chapelet de mesures : les boutiques de souvenirs et d’objets de piété, jusqu’ici écartées du plan d’aide au tourisme, bénéficieront jusqu’à la fin de l’année du fonds de solidarité de 1 500 euros mensuels et du dispositif d’activité partielle, ainsi que de l’exonération des cotisations sociales durant quatre mois. Egalement touchés par la crise du tourisme, les boutiques d’aéroports et de galeries marchandes, les traducteurs-interprètes, les métiers d’art et les services de transport par eau en bénéficieront à leur tour ; ce sera aussi le cas des sociétés de paris sportifs et des labels phonographiques.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Lourdes prie pour le retour des fidèles

Le choix de Lourdes ne devait pas qu’à la date, à trois jours du 147e pèlerinage. La cité mariale est, avec Paris, la destination touristique française qui paye le plus lourd tribut à la crise sanitaire. « Les commerçants que nous avons rencontrés ont perdu 80 % à 85 % de chiffre d’affaires », a rappelé Bruno Le Maire. La typologie du tourisme lourdais fait de lui la victime idéale : une clientèle âgée, en majorité étrangère, venue par avion charter et se déplaçant d’avril à octobre… Avant d’envisager la relance, il faut surtout « sauver le tissu entrepreneurial et commerçant qui fait vivre Lourdes », a estimé le secrétaire d’Etat Jean-Baptiste Lemoyne.

Chemin de croix

Un chiffre donne l’ampleur de la catastrophe pour le premier pèlerinage français : 2,2 millions de nuitées comptabilisées en 2019 dans les hôtels de la ville, contre 120 à 150 000 cette année, avant ce week-end du 15 août. Selon la section locale de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (UMIH), les deux tiers des hôtels sont toujours fermés ; une moitié sera ouverte pour les cérémonies de l’Assomption, attendant quelques milliers de pèlerins. « La situation financière est calamiteuse, dit son président Christian Gélis, propriétaire d’un petit hôtel près du Sanctuaire. Ma crainte est que s’il n’y a pas un plan financier d’un périmètre et d’un volume suffisant, on se retrouve avec 20 % de dépôts de bilan. Ces structures sont portées par des personnes, pas des groupes financiers : si le propriétaire fait un burn-out, il n’y a personne pour le remplacer. A cet égard, la visite du ministre a au moins eu un impact psychologique. »

Il vous reste 35.99% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.


Source link

Afficher plus

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Voir Aussi
Fermer
Bouton retour en haut de la page
Fermer