Economie

Les certificats d’économie d’énergie, un système coûteux et inflationniste

Le complexe mécanisme des certificats d’économie d’énergie (CEE), qui donne lieu a de nombreuses escroqueries, est aussi un mécanisme coûteux et inflationniste. C’est le constat que dresse l’Agence de la transition écologique (ex-Ademe), dans son bilan de 2019.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Rénovation énergétique : la lutte contre les arnaques se renforce

Le CEE a été instauré par la loi de programme fixant les orientations de la politique énergétique (loi POPE, du 13 juillet 2005). Il concerne environ 400 entreprises productrices ou distributrices d’énergie, « les obligés », qui doivent financer des travaux permettant à des « bénéficiaires » de faire des économies d’énergie dans tous les types d’immeubles, publics ou privés. Ces sociétés ont des objectifs à tenir, en fonction de leur part de marché, fixés en kilowattheures (kWh) économisés. Elles recourent, pour y parvenir, à des sociétés spécialisées, les « délégataires ».

Il existe deux cents opérations standardisées, de l’isolation des combles à l’installation d’une pompe à chaleur. Chacune est convertie, par un calcul théorique, en kWh censés être économisés. L’objectif à atteindre, pour les obligés, est fixé sur une période de trois ans. La 4e période a débuté en 2018 et aurait dû s’achever en 2020 mais elle a été allongée d’un an, jusqu’à fin 2021, car les obligés peinent à atteindre leur quota, sans cesse révisé à la hausse par l’Etat, jusqu’à être doublé en 2018.

Loi de l’offre et de la demande

Complexité supplémentaire, le coût du CEE facturé aux obligés est variable, et ne correspond pas au prix réel du travail réalisé. Il obéit à la loi de l’offre et de la demande. Les « délégataires », qui gèrent les travaux, revendent leurs CEE en position de force, profitant de la concurrence entre « obligés » pressés de remplir leurs quotas. Le mégawattheure d’économie d’énergie est aujourd’hui facturé 8 ou 9 euros, contre 4,70 euros en 2017.

Ce sont cependant les consommateurs qui paient en bout de chaîne, puisque les obligés leur répercutent ces coûts dans leurs tarifs, environ 100 à 150 euros par foyer, soit 3 % à 4 % de leur facture annuelle d’énergie, selon l’Agence de transition énergétique.

Le système alimente sa propre inflation, selon l’établissement public : « Une même économie d’énergie générée par le dispositif revient, en 2019, près de 50 % plus cher à réaliser que deux ans auparavant, pointe-t-elle dans son bilan 2019. Il apparaît qu’une partie de la valeur [des CEE] est directement captée par les professionnels de la filière, notamment les délégataires. »

Il vous reste 17.08% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.


Source link

Afficher plus

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page