Economie

Jean Gandois, industriel et ancien dirigeant du patronat français, est mort

Jean Gandois annonce sa démission de la présidence du Conseil national du patronat français, le 13 octobre 1997, à Paris.

Président du Conseil national du patronat français (CNPF) de 1994 à 1997, le capitaine d’industrie Jean Gandois est mort le 7 août à l’âge de 90 ans. Le 13 octobre 1997, il avait démissionné de la présidence de l’organisation patronale pour protester contre la décision du gouvernement de Lionel Jospin d’imposer les 35 heures par la loi. Né le 7 mai 1930 à Nieul (Haute-Vienne), fils d’un receveur-percepteur des finances libre penseur, Jean Gandois, très influencé par sa mère, songe à devenir prêtre. Il a 14 ans quand, le 10 juin 1944, dans son Limousin natal, il croise la division SS Das Reich qui vient de massacrer les habitants d’Oradour-sur-Glane.

Elève de Polytechnique, Jean Gandois commence sa carrière, en 1954, comme ingénieur des Ponts et Chaussées à la direction des travaux publics de la Guinée française, à Conakry. En 1959, et pendant deux ans, il expertise les programmes routiers au Pérou et au Brésil. En 1961, il est embauché chez Wendel comme adjoint au directeur commercial puis, en 1966, comme directeur des questions économiques. C’est le début d’une voie royale qui va l’amener à occuper des postes-clés dans l’industrie. Directeur général de la société Wendel-Sidelor en 1970, et parallèlement de la Société lorraine de laminage continu (Sollac), PDG de la Sollac en 1975, il devient, un an plus tard, directeur général du groupe chimique Rhône-Poulenc. Il y entre avec la réputation d’un homme d’ouverture et de dialogue avec les syndicats.

PDG de Rhône-Poulenc en 1979, Jean Gandois accueille avec sérénité l’élection de François Mitterrand en 1981, soucieux que le changement puisse « se faire avec le moins de dommages possibles pour l’économie française ». Il plaide, sans succès, pour une « nationalisation intelligente ». Henri Krasucki, secrétaire général de la CGT, fait pression auprès des pouvoirs publics pour demander sa tête.

Krasucki écrit alors au ministre de l’industrie, Pierre Dreyfus, pour lui expliquer « qu’il vaudrait mieux à tout prendre ne pas [le] nommer président de la nouvelle entreprise Rhône-Poulenc plutôt que de [le] placer dans l’obligation de démissionner peu de temps après [sa] nomination ». Le syndicaliste n’obtient pas de réponse mais, le 17 février 1982, il apprend « par la radio, sans que personne [lui] ait demandé [son] avis » que Jean Gandois est confirmé aux commandes. La cohabitation est orageuse. En juin, il déclare que les sociétés nationalisées ne sont pas « des entreprises comme les autres ». Pierre Dreyfus le réprimande. Aussitôt, Jean Gandois démissionne.

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