Economie

Face à la pandémie, les grands patrons britanniques font un geste sur leurs salaires

Vue de la City, le principal quartier financier de Londres, le 3 août.

Face à la pandémie de Covid-19, un peu plus de la moitié des grandes entreprises britanniques ont réduit la rémunération de leur dirigeant, indique une étude de Deloitte, publiée lundi 10 août. Cependant, le geste est très limité, puisqu’il ne concerne que le salaire de base, et pas le bonus. De surcroît, il est temporaire, s’appliquant uniquement à l’année en cours.

Depuis une décennie, face à l’envolée des rémunérations des grands patrons, la polémique enfle au Royaume-Uni. A la fin des années 1990, ils gagnaient environ cinquante fois le salaire médian britannique. Aujourd’hui, le ratio tourne autour de cent vingt fois.

Lire aussi En trois jours, les patrons britanniques ont gagné autant que les salariés pour l’année entière

Sous la pression conjointe du grand public et de leurs actionnaires, les entreprises tentent désormais d’éviter les dérives trop voyantes. Depuis 2011, la rémunération médiane des dirigeants a cessé d’augmenter, stagnant entre 3,5 et 4 millions de livres sterling par an (de 3,9 à 4,4 millions d’euros). Cela a encore été le cas en 2019, selon l’étude de Deloitte, quand le salaire médian des patrons des sociétés du FTSE 100, le principal indice boursier, s’est élevé à 3,7 millions de livres, le même niveau qu’en 2018. En se concentrant uniquement sur les trente firmes les plus importantes, la rémunération a même (légèrement) baissé de 7 %, à 5,9 millions de livres.

Des licenciements massifs se préparent

Dans ce contexte, quand la pandémie a frappé, provoquant la pire récession depuis plusieurs siècles, de nombreuses grandes entreprises ont voulu témoigner de leur bonne volonté. Un peu plus de la moitié des sociétés du FTSE100 ont réduit le salaire de base des patrons, généralement d’environ 20 %. Philip Jansen, à la tête de British Telecom, a, par exemple, annoncé qu’il donnerait la moitié de son salaire fixe (hors bonus) aux services de santé britanniques.

Néanmoins, le salaire de base « représente typiquement un cinquième de leur rémunération totale, si bien que ces baisses semblent relativement faibles », souligne le Chartered Institute of Personnel and Development, une organisation professionnelle consacrée aux ressources humaines.

Alors que des licenciements massifs se préparent, le geste risque d’être insuffisant pour éteindre la polémique. Stephen Cahill, le vice-président de Deloitte, avertit d’ailleurs que « de nombreux comités de rémunération vont avoir une année difficile ».


Source link

Afficher plus

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page