Economie

Pertes abyssales pour les compagnies pétrolières

Un ouvrier sur un appareil de forage autoélévateur de la société Noble Corporation, dans le port de Cromarty Firth (Royaume-Uni), le 23 juin.

Cinquante-trois milliards de dollars de pertes nettes (soit 45 milliards d’euros) pour le seul deuxième trimestre 2020. Les cinq plus grandes compagnies pétrolières mondiales ressortent essorées de la double crise, sanitaire et pétrolière, que vient de traverser le secteur. Les « majors » – la britannique BP, les américaines Chevron et ExxonMobil, l’anglo-néerlandaise Shell et la française Total – ont publié, fin juillet, des résultats catastrophiques. Cette chute libre était en grande partie attendue, compte tenu de la chute brutale des cours de l’or noir pendant la crise du Covid-19.

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Les mesures de confinement ont fortement réduit les déplacements et l’activité économique, et, partant, la consommation de carburant. A cela s’est ajoutée, début mars, une guerre des prix entre deux grandes puissances pétrolières, la Russie et l’Arabie saoudite, qui ont soudainement augmenté leur production. Fin avril, les cours du baril se sont effondrés, à moins de 16 dollars pour le brent, la référence au niveau mondial. Avec un impact encore plus fort sur le marché américain, qui a connu, à la même période, un épisode de prix négatifs, certains acteurs étant prêts à payer pour se débarrasser de leurs barils. Depuis le mois de juin, les cours sont remontés autour de 40 dollars, mais demeurent très fragiles.

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Pour faire face à cette crise, les « majors » ont annoncé des coupes sévères dans leurs investissements pour l’avenir, des plans de licenciements (10 000 départs pour BP) et la vente de certains actifs jugés non stratégiques. L’équation actuelle est particulièrement complexe pour les compagnies : en réduisant leurs investissements d’exploration, elles se privent de revenus futurs et se condamnent à moyen terme à décliner. En 2020, les approbations de nouveaux projets pétroliers et gaziers devraient chuter de plus de 75 % par rapport à 2019, d’après le cabinet Rystad.

Les entreprises du secteur ont revu à la baisse leur anticipation du prix du pétrole pour les années à venir, et, conséquence logique, déprécié massivement la valeur de certains de leurs actifs

Dans le même temps, elles doivent continuer à attirer des investisseurs, qui doutent de plus en plus de la capacité des géants du secteur à leur assurer des dividendes. Elles sont donc tenues de privilégier leurs actionnaires pour rester attractives, mais sont obligées de réduire les coûts par ailleurs. Afin de maintenir ces versements de dividendes, ExxonMobil a ainsi renoncé à son plan d’investissement et envisage de licencier 10 % de ses employés.

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