Economie

« L’intérêt des clubs est que les supporteurs grondent aussi quand ils sont insatisfaits »

Tribune. Les économistes du sport ont, depuis le milieu des années 1950, réfléchi aux conditions sous lesquelles le produit « spectacle sportif » suscite la demande des consommateurs. L’attractivité du spectacle (dans les sports collectifs) reposerait principalement sur deux facteurs : la qualité des talents sur le terrain et l’incertitude sur le déroulement et l’issue de la rencontre.

Les événements récents nous ont enseigné (ou rappelé) que la qualité du produit « spectacle sportif » repose sur un troisième élément : la présence de public et, pour être plus précis, d’une fraction substantielle de public « actrice de l’événement ».

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Les rencontres à huis clos, qui ont précédé et suivi le confinement, ont, en effet, eu la vertu de démontrer que l’absence totale de public dégrade la qualité du produit fini : pour le téléspectateur (le spectateur étant banni), le match à huis clos est un ersatz de match et sa disponibilité maximale à payer pour consommer le spectacle du sport professionnel en est réduite.

Des spectateurs partie prenante

Les clubs ont conscience de cet état de fait. C’est pourquoi ils « subventionnent » certaines places dans le stade : le prix que l’on fait payer aux spectateurs des virages est faible non seulement parce que la vision du jeu est moins bonne, mais aussi parce que les kops qui les occupent animent bruyamment les rencontres. En poussant le raisonnement, il convient de se demander si, dans certaines circonstances, il ne serait pas optimal de faire payer un prix « négatif » pour l’accès au stade des spectateurs les plus expansifs, ou, en d’autres termes, de les rétribuer pour assister aux rencontres.

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Certains spectateurs sont donc parties prenantes de la production du spectacle sportif par l’ambiance qu’ils produisent. La vertu de cette participation est de rendre l’expérience des autres spectateurs et des téléspectateurs plus riche. Malheureusement, cette frange des spectateurs est parfois turbulente et la relation qu’elle entretient avec les clubs est ambivalente.

Dans le football français, par exemple, les clubs seraient très peu enclins à rémunérer les supporteurs les plus ardents. En prenant certaines précautions, ils y trouveraient pourtant un intérêt réel : parce qu’il serait rétribué, le spectateur exubérant serait incité à respecter certaines règles (pas de dégradation, pas d’insulte, pas de violence) et à produire les clameurs et encouragements qui améliorent la qualité du spectacle sportif.

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