Santé

Pourquoi l’être humain est une des rares espèces à ne pas pratiquer le sexe en public ?


Si nos mœurs nous indiquent de nous reproduire en privé, ce comportement est très rare dans le monde animal. La plupart s’accouplant au vu et au su de tous. D’où vient cette exception humaine ? Un chercheur a mené l’enquête.

L’humain et le cratérope écaillé (une espèce d’oiseau), sont – d’après les investigations d’un chercheur, publiées dans Proceedings of the Royal Society – les deux seuls animaux à ne pas copuler à la vue de tous. Le reste du monde animal ne s’embarrassant pas d’une telle pudeur. Pour expliquer ce comportement humain, l’auteur propose « l’hypothèse du maintien de la coopération ».

Avant celle-ci, il a envisagé différentes possibilités. La prédation. Se cacher durant la reproduction pourrait protéger de la vulnérabilité offerte par ce moment. L’interférence sociale. Une certaine discrétion octroyant plus de tranquillité, afin que d’autres individus n’interfèrent pas. Ou encore l’exclusivité. Le mâle isolerait la femelle pour s’assurer une relation exclusive avec elle. Une dernière possibilité était la « confusion de paternité ». La femelle ferait en sorte que le mâle ignore avec qui elle s’est reproduite, et ignore donc aussi si ses enfants sont réellement les siens. Ce qui les protégerait de l’infanticide.

Pour confirmer ou infirmer ces quatre hypothèses, le chercheur a établi plusieurs critères. Qui n’ont pas été remplis. Aucune de ces prédictions n’a semblé se réaliser, ni chez l’humain, ni chez le cratérope écaillé.

Une espèce sociale

En parallèle, l’auteur a analysé 4.572 ethnographies de 249 cultures différentes. Mettant en évidence une préférence répandue pour l’intimité. Dans 100 % des cas, des normes sociales existent aussi pour contrôler l’accouplement du ou de la partenaire. Que ce soit par la monogamie du couple, celle de la femme, ou par le choix des partenaires extraconjugaux.

Et dissimuler l’acte sexuel permettrait de maintenir ce contrôle de l’accouplement, en évitant « l’excitation sexuelle chez les témoins », suppose le chercheur. Cela conduirait également à garantir « la coopération avec les membres du groupe qui sont empêchés de s’accoupler ». Aux yeux du scientifique, cette hypothèse du maintien de la coopération paraît être la plus vraisemblable.

L’humain, comme d’autres espèces sociales, dépend de la coopération du groupe. Notamment pour s’alimenter (chasse, agriculture…). Mais aussi pour garantir sa forme physique. Puisque les enfants ont besoin de soins parentaux et alloparentaux, ou tout du moins d’un environnement sûr. Étonnamment, chez les grands singes sociaux où la coopération du groupe ou des mâles est cruciale, les individus dominants dissimulent rarement l’acte sexuel.

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