Economie

la pandémie frappe une économie déjà à bout de souffle

Des gens font la queue pour recevoir une ration de ragoût dans une soupe populaire organisée à l’église de Caacupe, à Buenos Aires, en Argentine, le 23 juillet.

L’avenue Saenz a presque retrouvé son flux habituel de voitures, piétons et bus, qui font l’aller-retour entre la capitale et sa banlieue, située à quelques centaines de mètres de là. Emmitouflés jusqu’au nez, qu’ils ont recouvert d’un masque – obligatoire à Buenos Aires –, les habitants de Nueva Pompeya sont nombreux à vouloir profiter de la récente réouverture des commerces dits « non-essentiels » de ce quartier populaire du sud de la capitale.

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Bazars, magasins de jouets et boutiques de vêtements… Tous ont pu de nouveau lever le rideau le 20 juillet, après quatre mois de fermeture quasi totale, à l’exception d’une quinzaine de jours fin juin. Dans le contexte de crise économique et sociale qui frappe l’Argentine depuis 2018, ce long arrêt forcé a été dur. Certains ne s’en sont pas relevés : Ariel – qui souhaite ne pas donner son nom de famille –, propriétaire de trois petites maroquineries dans la ville, a dû fermer une boutique en juin, et envisage de mettre la clé sous la porte d’une deuxième.

L’un des plus longs confinements

« Les dettes s’accumulent, je ne sais plus comment gérer cela », explique le quinquagénaire, qui doit s’occuper seul de son magasin de Nueva Pompeya. Ses employées, qui vivent de l’autre côté du Riachuelo, le fleuve pollué délimitant la frontière sud de la capitale, ne font pas partie du personnel « essentiel » autorisé à prendre les transports en commun. La pandémie due au coronavirus a forcé Ariel à se renouveler : ses produits phares sont désormais les masques, fabriqués avec des chutes de tissus, qu’il vend 100 pesos pièce (moins d’un euro).

Comme ses confrères, Ariel a mis en place un protocole sanitaire strict pour recevoir les clients. Ces derniers sont priés de rester à l’entrée du magasin et de se désinfecter les mains s’ils veulent manipuler un produit. D’autres boutiques ont même tendu un film plastique en travers de la porte. Les gestes barrières sont particulièrement respectés dans la capitale depuis le début de l’épidémie.

Face au Covid-19, l’Argentine a réagi vite : dès le 20 mars, son président Alberto Fernandez (centre gauche, au pouvoir depuis décembre) plaçait l’intégralité du territoire en confinement obligatoire, et ce alors que le pays ne comptait qu’une centaine de cas positifs. Cette réactivité explique en partie le faible bilan humain – quelque 210 000 cas dont 3 979 décès recensés au 4 août – comptabilisé par rapport à ses voisins brésilien ou chilien. Le confinement est toujours en vigueur à Buenos Aires et dans sa grande banlieue, mais il a été progressivement assoupli, permettant à la majorité des secteurs économiques de reprendre leur activité.

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