Economie

Que se cache derrière l’étiquette « investissement socialement responsable »

Jamais nous n’avons autant entendu parler d’investissement socialement responsable (ISR) que ces derniers mois. La crise sanitaire a provoqué une remise en cause de notre modèle économique et social, et l’ISR entend jouer son rôle dans ce contexte.

Pour mettre sur pied leurs fonds « ISR », qui seront vendus par les grandes banques ou les courtiers spécialisés à travers l’épargne salariale, l’assurance-vie, les produits d’épargne-retraite, les plans d’épargne en actions (PEA) ou les comptes-titres, les gestionnaires d’actifs sélectionnent des entreprises sur la base de critères environnementaux, sociétaux et de gouvernance, dits « ESG », en plus des traditionnels critères financiers. Objectif : conjuguer performance financière et visées environnementales, sociales et sociétales.

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Si l’ambition « responsable » est claire, les moyens d’y parvenir le sont bien moins. « Il n’existe pas de définition européenne de l’ISR, chacun applique des niveaux d’exigence différents et les appellations se multiplient », reconnaît Emmanuelle Mourey, présidente du directoire de La Banque postale AM. « Le résultat est cacophonique pour l’épargnant ! », déplore-t-elle.

Trois lettres pour un tas d’approches…

Celui-ci trouvera ainsi des centaines de fonds arborant, dans leur nom, les lettres ISR ou ESG, et pourtant basés sur des approches très distinctes, pas du tout aussi strictes les unes que les autres… Se fier uniquement au nom n’est pas suffisant, et il faut s’armer de courage pour s’y retrouver dans ce maquis.

Pour aider l’épargnant à faire le tri, les pouvoirs publics ont créé en 2016 un label, baptisé tout simplement « Label ISR ». Pour l’obtenir, les sociétés de gestion sont auditées par un organisme tiers accrédité, qui valide le sérieux du processus de gestion et des outils mis en place. « C’est un gage de transparence et de confiance », considère Mme Mourey. Au 26 juin, 466 produits étaient dotés du macaron (pour 170 milliards d’euros d’encours) – leur liste est publiée sur le site Lelabelisr.fr.

Comment choisir parmi ces fonds labellisés ? Questionner son conseiller et se renseigner sur le site Internet de la société de gestion est utile pour connaître l’approche choisie, et voir si elle vous convient.

La plus courante est appelée, dans le jargon, « Best-in-class ». L’idée : investir dans les entreprises ayant les meilleures notes ESG au sein de leur secteur d’activité. Sans exclure aucun secteur. Ces fonds peuvent donc parfois ne pas correspondre à vos valeurs. Il est ainsi fréquent de retrouver dans ces fonds des entreprises comme Total qui, tout en ayant une activité polluante, est mieux notée que ses concurrents pétroliers.

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