Economie

L’Argentine trouve un accord sur sa dette avec les créanciers privés

Le président de l’Argentine, Alberto Fernández, à Buenos Aires, le 29 juillet 2020.

« Nous avons résolu une dette impossible en pleine pandémie et au milieu de la pire crise économique dont nous ayons le souvenir. » Le président de centre gauche Alberto Fernández semblait jubiler, mardi 4 août, dans une interview donnée au média en ligne Cenital à la suite de l’annonce de l’accord entre le gouvernement et les créanciers privés de l’Argentine sur la restructuration d’une partie de la dette du pays – 66 milliards de dollars (55,8 milliards d’euros) émis sous législation étrangère, sur les quelque 324 milliards de dette publique de l’Argentine.

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Les négociations, qui se sont étendues sur plusieurs mois de manière virtuelle, en raison de la pandémie de Covid-19, achoppaient en particulier sur la question des intérêts et sur les délais de remboursement proposés par l’Argentine. La première offre de restructuration présentée fin avril par le gouvernement proposait un moratoire sur les paiements jusqu’en 2023. La cinquième et dernière prévoit finalement que les premiers remboursements d’intérêts aient lieu dès 2021.

La valeur nominale des titres a par ailleurs été nettement améliorée par le gouvernement, de plus de 54 dollars par tranche de 100, contre 39 au début des négociations. « Les principaux changements ont été effectués entre la première offre et la quatrième. A ce stade des négociations, les positions entre les créanciers et le gouvernement étaient très proches, il a suffi d’une légère amélioration de l’offre argentine pour que l’accord soit conclu », indique Martín Kalos, économiste directeur du cabinet de conseil EPyCA.

« Une offre que tous les créanciers devraient soutenir »

« Avoir conclu ce volet, le plus difficile des négociations sur la restructuration de sa dette publique, permet à l’Argentine d’avoir davantage de visibilité sur ses possibilités de croissance, explique M. Kalos. Le problème de l’Argentine n’est pas que sa dette est trop élevée mais qu’elle doit la rembourser très rapidement. Sans une restructuration, le pays n’aurait pas pu honorer ces paiements. »

La pauvreté, le chômage et l’inflation ont fortement augmenté ces deux dernières années en Argentine

Martín Guzman le répète régulièrement depuis sa nomination au poste de ministre de l’économie, en décembre 2019 : la dette argentine « n’est pas soutenable ». Cet économiste, spécialiste des questions de dette souveraine a partagé, à l’aube mardi sur les réseaux sociaux, le communiqué officiel du gouvernement annonçant l’accord. « Nous avons finalement conclu un accord qui nous permettra d’économiser 33 milliards de dollars sur les prochains dix ans », s’est félicité Alberto Fernández. La nouvelle a été largement saluée par les membres de la majorité péroniste au pouvoir, ainsi que par certains représentants de l’opposition, à l’image de l’ex-ministre des finances Hernán Lacunza, qui a parlé sur Twitter d’un « accord équitable et raisonnable ».

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