Economie

la Société générale essuie une lourde perte

Siège de la Société Générale, à La Défense, le 4 février 2020.

« Nous tournons une page avec ce premier semestre, nous avons mis beaucoup de mauvaises nouvelles derrière nous. Nous allons montrer le rebond de nos activités au deuxième semestre », a promis l’optimiste patron de Société générale, Frédéric Oudéa, lors de la publication des comptes de la banque, lundi 3 août. De fait, le groupe a affiché des revenus en baisse de 16 % et essuyé une nouvelle perte nette de 1,26 milliard d’euros au deuxième trimestre, marqué par le confinement, après celle de 326 millions pour les trois premiers mois de l’année. « L’ensemble des lignes de métiers déçoivent, alors que BNP Paribas a surpris positivement », indique Gildas Surry, analyste gérant chez Axiom AI. La concurrente BNP Paribas est en effet parvenue à traverser sans dommage le deuxième trimestre, avec un bénéfice net de 2,3 milliards d’euros.

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En raison de la crise du Covid-19, Société générale, comme toutes les grandes banques européennes, a dû constituer d’importantes réserves pour faire face aux faillites et impayés de ses clients entreprises. Ces provisions historiques pour d’éventuelles pertes de crédit, matérialisées par l’indicateur du coût du risque, ont ainsi quadruplé, passant de 314 millions d’euros au deuxième trimestre 2019 à près de 1,3 milliard sur la même période de 2020. Ces réserves amputent directement le résultat d’exploitation du groupe, tombé à 157 millions, contre 1,7 milliard d’euros au deuxième trimestre 2019.

Perturbations

La pandémie a également créé de fortes perturbations sur les marchés financiers, particulièrement dommageables au groupe, très présent dans les produits financiers complexes que sont les dérivés actions. « Les marchés se sont disloqués, cela signifie que les indices ont évolué différemment des tendances historiques. Dans ce contexte, le produit et ses couvertures ne fonctionnent plus, explique Gildas Surry. Par ailleurs, nombre d’entreprises ont annulé les paiements de dividendes en raison de la crise, or certains modèles de dérivés actions ne prévoyaient tout simplement pas que cela soit possible. » D’où un effondrement de 80 % des revenus des activités « actions » de la banque au deuxième trimestre.

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La révision à la baisse des perspectives de revenus dans la banque de marchés a conduit à inscrire dans les comptes deux lourdes dépréciations. L’une, de 684 millions d’euros, parce que les marges réalisées sur cette activité sont désormais insuffisantes au regard de sa valeur inscrite au bilan de la banque. L’autre, de 650 millions, liée à aux effets de la crise sur certaines réductions d’impôts, dont la banque pourrait bénéficier à l’avenir.

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