Economie

Emmanuel Macron annonce la création d’une « prime Covid » pour les auxiliaires de vie

Séverine, auxiliaire de vie, passe deux fois par jour dans la famille Meunier, à Wignehies (Nord), le 2 mai.

Ce doit être le grand chantier social de la fin du quinquennat. Celui dont Emmanuel Macron veut faire un marqueur de son mandat. Mardi 4 août, le chef de l’Etat était attendu à Toulon, à 40 kilomètres de son lieu de villégiature estival du fort de Brégançon (Var), où il s’est retiré le 29 juillet, pour évoquer le sujet de la dépendance. Un véritable serpent de mer qui a traversé les présidences de Nicolas Sarkozy et de François Hollande sans trouver de réelle traduction, et n’a cessé d’être reporté à plus tard depuis l’arrivée de M. Macron à l’Elysée, en 2017. Mais, alors que le principe de la création d’une cinquième branche de la Sécurité sociale consacrée à la perte d’autonomie a été définitivement adopté par le Parlement, le 23 juillet, le président de la République entend démontrer, cette fois, sa volonté d’aller au bout de ce dossier.

Dans un contexte tendu sur le front de l’épidémie de Covid-19, qui voit pour la première fois depuis avril une augmentation – minime – du nombre de patients hospitalisés en réanimation, ce déplacement surprise dans la cité varoise visait d’abord à assurer une forme de prévention vis-à-vis des personnes âgées. M. Macron devait notamment rendre visite à une octogénaire qui vit seule dans son appartement, et rencontrer son auxiliaire de vie ainsi que ses enfants. « Il faut attirer l’attention sur la nécessité de conserver les gestes barrières pour ces personnes, y compris lorsqu’elles sont chez elles, quand elles reçoivent par exemple leurs petits-enfants », explique-t-on à l’Elysée, où l’on relève une augmentation du nombre de cas positifs chez les plus jeunes, qui pourraient transmettre le virus à leurs aînés. « La période est dangereuse », estime-t-on dans l’entourage de M. Macron, d’autant plus que la France est frappée par « une situation de quasi-canicule ».

Mille euros de prime par personne

Mais l’enjeu de ce déplacement devait avant tout résider dans une volonté de braquer les projecteurs sur le rôle des aides à domicile durant la période du confinement. 326 000 personnes – à 97 % des femmes – travaillent dans ce secteur qui vise à accompagner près de 800 000 seniors et 300 000 personnes en situation de handicap. « Ces professionnels du domicile sont un peu passés sous les radars. Le président voulait leur rendre hommage », souligne-t-on à l’Elysée. D’autant plus que ces travailleurs souffrent grandement de la précarité, à commencer par le temps partiel subi. Le chef de l’Etat devait annoncer, aux côtés de la ministre déléguée à l’autonomie, Brigitte Bourguignon, et de la secrétaire d’Etat chargée des personnes handicapées, Sophie Cluzel, l’attribution d’une enveloppe de 80 millions d’euros aux départements afin que ces derniers puissent assurer le versement d’une « prime Covid » à ces auxiliaires de vie, placés sous leur tutelle. L’aboutissement de plusieurs mois de discussions entre l’Etat et les représentants des conseils départementaux.

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