Economie

alors que les vendanges approchent, vignerons et négociants ne s’entendent pas

L’heure n’est pas à la fête et le vin à bulles trinque. Dans ce contexte de crise, les tensions se font vives entre vignerons et maisons de champagne. Habitués pourtant au consensus, ils n’ont pas réussi à trouver un terrain d’entente lors de la réunion du Comité interprofessionnel du vin de Champagne (CIVC), organisée le 22 juillet. L’enjeu : fixer, comme chaque année, le rendement de l’appellation.

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Or le temps presse. Les vendanges, précoces cette année, devraient débuter entre le 15 et le 20 août. La prise de décision a, a priori, été reportée au 18 août et les négociations se poursuivent. L’objectif est de faire converger les positions. Avec, d’un côté, les vignerons qui se veulent malgré tout optimistes, comme le défend Maxime Toubart, président du Syndicat général des vignerons de la Champagne (SGVC), et souhaitent un rendement de 8 000 voire 8 500 kg/hectare, soit un équivalent de 240 millions de bouteilles. Et, de l’autre, les négociants désireux d’abaisser la barre à 7 000 kg/hectare, anticipant une production limitée à 200 millions de bouteilles.

2019, année record

Des chiffres à comparer au rendement fixé en 2019 à 10 200 kg/hectare, alors que tous les signaux étaient au vert. Une année qui s’est soldée par un chiffre d’affaires record proche des 5 milliards d’euros, même si le nombre de bouteilles écoulées a continué à s’éroder pour passer sous la toise des 300 millions. Mais, alors que le champagne avait échappé aux foudres de Donald Trump en évitant la taxation de 25 % appliquée aux vins français depuis octobre 2019, la crise du Covid-19 a frappé de plein fouet le vignoble. « Sur le premier semestre, qui représente un tiers de nos ventes, nous avons perdu 30 millions de bouteilles », fait savoir M. Toubart.

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Les professionnels attendent désormais le bilan des ventes de juillet pour évaluer le rythme de reprise, alors que bars et restaurants ont rouvert leurs portes. L’enjeu est d’importance pour les 21 000 vignerons représentés par le SGVC. « L’objectif du négoce au travers des propositions qu’il défend vise surtout à alléger une partie de ses stocks. Au contraire, le vignoble défend un niveau de rendement qui permette de couvrir les expéditions de l’année 2020 et d’assurer la pérennité des exploitations », assure son président.


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