Economie

A cause du Covid-19 et des sanctions américaines, les exportations françaises de vins et spiritueux dévissent

Des bouteilles de vin français sont vendues dans un supermarché de Los Angeles, en août 2019.

En mai 2020, le niveau des exportations d’alcools français a subi un décrochage massif : – 45 %. Une contre-performance quasi similaire à celle d’avril. Résultat, sur les cinq premiers mois de l’année, le flot de vins et spiritueux qui s’est écoulé hors des frontières a connu une sévère décrue, avec un volume d’affaires estimé à 4,1 milliards d’euros, en repli de 26 % par rapport à la même période de 2019, selon les données de la Fédération des exportateurs de vins et spiritueux de France (FEVS).

Le coup est d’autant plus rude que ce secteur économique se targuait de contribuer, année après année, à réduire le déficit de la balance commerciale française. Mais le moteur s’est grippé au fil des mois, avant même que la crise du Covid-19 ne plonge une bonne partie de la planète en confinement. Les nuages se sont amoncelés progressivement au-dessus du paysage viticole hexagonal.

Un signal positif

Le premier véritable choc remonte au 18 octobre 2019. Dans le cadre du conflit Airbus-Boeing, qui oppose l’Europe et les Etats-Unis, le président américain, Donald Trump a décidé de taxer un certain nombre de produits européens, dont les vins français, à l’exclusion des vins à bulles. Depuis cette date, toute bouteille de bordeaux, de bourgogne ou de rosé de Provence se voit taxée à hauteur de 25 % à l’entrée du marché nord-américain. Ces sanctions ont été prolongées pour une durée de six mois, le 15 février 2020. En parallèle, en Asie, les événements qui secouaient Hongkong ont également perturbé les ventes.

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Dans ce contexte très tendu, la pandémie liée au coronavirus a encore exacerbé la situation. Les bars et restaurants se sont retrouvés fermés dans de nombreux pays. Le trafic aérien a été mis sur pause, privant les aéroports et leurs boutiques « duty free » de leur flux de voyageurs. Résultat, les ventes de vins et spiritueux tricolores ont plongé sur leurs principaux marchés. Ainsi, aux Etats-Unis, première destination des alcools français, les exportations dévissent de 59 % en mai et de 29 % sur les cinq premiers mois de l’année, pour un montant total d’un milliard d’euros. En Chine et à Hongkong, elles s’enfoncent de 51 % en mai et de 40 % depuis janvier. Quand le retrait atteint près de 29 % en Grande-Bretagne.

Prochaine étape, le 12 août. La profession viticole saura alors si les Etats-Unis maintiennent ou non la taxation sur le vin pour une nouvelle période de six mois. Un signal positif a été donné de ce côté-ci de l’Atlantique, avec la décision de l’avionneur Airbus de se mettre en conformité avec les règlements de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Une décision officialisée vendredi 24 juillet. Un préalable nécessaire pour une sortie de conflit négociée. L’Europe a, dans la foulée, enjoint les Etats-Unis à lever immédiatement leurs sanctions. Reste à connaître la réponse de Donald Trump.

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