Economie

Les viticulteurs dénoncent la faiblesse du plan de soutien du gouvernement

Vendange des raisins de Muscat dans la vigne du Champ des Soeurs, à Fitou( Aude), le 28 juillet.

Les vendanges, précoces encore cette année, vont débuter mi-août. Mais l’ambiance n’est guère sereine dans les vignobles français. Cette année, ce n’est pas la grêle ou le gel, mais la crise du Covid-19 qui secoue une filière déjà fragilisée. « J’emploie cinq temps plein sur 15 hectares et je n’ai pas fait de demande de chômage partiel. Je vais être à 65 % de pertes de chiffre d’affaires de mars à juin, donc je suis au-dessus du seuil des 80 % de pertes nécessaires pour bénéficier de la mesure d’exonération de charges sociales et patronales. Je ne vais pas demander une aide à la distillation de vins », résume Jean-Marie Fabre, viticulteur en AOC Fitou, au sud du massif des Corbières, dans l’Aude, et président des Vignerons indépendants. Lui, qui ne s’est pas versé de salaire pendant trois mois, a eu recours au fonds de solidarité et a négocié une année blanche pour reporter ses échéances financières. Il espère encore être éligible à l’aide au stockage privé. « Ma situation est le reflet de la réalité des deux tiers des entreprises viticoles que je représente », estime M. Fabre. Difficile.

« Le plan de soutien sectoriel élaboré par le gouvernement est décevant. Il n’est pas à la hauteur de la situation de crise que nous traversons », affirme-t-il. L’incompréhension face à la faiblesse de ce plan s’exprime largement dans les vignobles. « Nous n’avons pas accès au dispositif d’aide. Le compte n’y est pas », juge Maxime Toubart, président du Syndicat général des vignerons de la Champagne (SGVC). « La filière a été tonique pendant la crise et elle se retrouve avec un petit plan insuffisant. Or elle représente une valeur ajoutée très ancrée localement. Il y a une dissonance avec le discours du gouvernement qui chante les territoires. C’est très difficile de s’en sortir, certains vont mourir », souligne pour sa part Miren de Lorgeril, présidente du Conseil interprofessionnel des vins du Languedoc (CIVL).

« La viticulture boit la tasse »

« Nous avons entendu que des milliards d’euros allaient être consacrés à l’aéronautique, à l’automobile, au tourisme. Cela ne nous choque pas. Mais, en comparaison, le plan de soutien à la viticulture est extraordinairement faible au regard des chiffres de création de valeur de la filière, avec près de 500 000 emplois directs et indirects induits en région », réagit Bernard Farges, président du Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux (CIVB). C’est au titre de président de la Confédération nationale des producteurs de vins et eaux-de-vie de vin AOC (CNAOC) qu’il a adressé, le 15 juillet, une lettre au président de la République. « La viticulture boit la tasse. La soutenir, c’est investir sur des femmes et des hommes qui participent activement à la relance économique », écrit-il. Ce dernier estime que la fermeture des bars et restaurants représente à elle seule une perte sèche de chiffre d’affaires s’élevant à 1,5 milliard d’euros, en onze semaines de confinement.

Il vous reste 49.13% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.


Source link

Afficher plus

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page