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Essai Land Rover Defender (2020) : digne héritier ?

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2020 – Essai Land Rover Defender P400 – Il fallait bien remplacer l’irremplaçable. Quitte à choquer, à décevoir, ou à dénaturer.

Solution 1 : concevoir un petit modèle simple, robuste et dépouillé, au risque d’être confronté au Suzuki Jimny. Solution 2 : surfer sur l’image de baroudeur historique du Defender, mais en profiter pour lui coller une apparence soignée, des équipements triés sur le volet et l’affubler d’un luxe épuré.

Solution 2 retenue, voilà le résultat : un modèle sachant chasser, avec ou sans son chien, mais capable de cruiser à des allures répréhensibles, sans percer les tympans des occupants. Le Defender nouvelle génération a plus d’une corde à son arc.

Déjà, il se montre accueillant. Good bye les plastiques durs de son prédécesseur, welcome la planche de bord à la finition parfaite qui, pour ne pas être confondue avec celle d’un Range Rover, a le bon goût de reprendre certains détails stylistiques évoquant le Defender d’antan.

On trouve donc un grand et pratique rangement qui court sur toute la planche de bord et surplombe la boîte à gants. Et des têtes de vis volontairement apparentes, pour se donner un air prétendument rustique.

Land Rover Defender 110

Photos Matthieu Lequimener

Le charme agit, fonctionne à merveille, mais l’ensemble n’a rien de comparable avec l’icône restée soixante-sept ans au catalogue. D’autant que l’attirail technologique est plus qu’à la page, que chaque détail a été mûrement réfléchi, de la forme de chaque bouton jusqu’à la typographie et au code couleur utilisés sur les dalles numériques.

En bref, la présentation est parfaite. L’habitabilité s’avère très généreuse et le coffre, auquel on accède par une porte qui s’ouvre comme celle d’un réfrigérateur, est immense. En revanche, on ne “tombe” toujours pas dans un Defender, on y grimpe.

S’il reste disponible en 90, en version courte (4,58 mètres), avec des motorisations diesel de 200 ou 240 ch, l’anglais figure aussi au catalogue dans cette déclinaison longue (5,02 m), appelée 110, avec entre les pattes avant un six-cylindres en ligne 3 litres turbo “micro-hybridifié” de 400 ch. Vous avez bien lu : quatre cents.

Une puissance démesurée, qui n’a rien de commun avec ce que proposait le Land d’antan. Mais lui, le nouveau, peut encaisser cette cavalerie sans broncher. Déjà, parce qu’il présente l’avantage de rouler droit, une prouesse qu’il doit à ses entrailles : en lieu et place d’essieux rigides boulonnés sur un châssis échelle, le “dif” repose sur la plate-forme D7x.

Il s’agit d’un châssis monocoque en alu, renforcé d’éléments en acier forgé, pour gagner en robustesse. Là-dessus, sont fixés un train avant à double triangles de suspension, et un essieu arrière multibras. Révolution.

Land Rover Defender 110

Photos Matthieu Lequimener

Ces caractéristiques semblent être celles d’un SUV à vocation routière. Et c’est vrai que, avant d’arriver sur un champ de mines, l’anglais impressionne par son aptitude à manger l’asphalte. Il s’y montre confortable, grâce à un amortissement piloté pneumatique, et bien tenu.

Malgré son poids de baleine, le Defender s’accommode parfaitement de chaque parcours. Mais c’est à l’approche de la boue, du sable, des trous, des cailloux et des troncs d’arbres en travers du chemin qu’il se distingue des classiques 4×4 des beaux quartiers, pour qui escalader un trottoir constitue le projet d’une vie.

Capable de porter sa garde au sol à 29 cm et disposant de modes de conduite pré-programmés selon la difficulté à franchir, le Defender fait des prouesses.

Quand on hésite à s’aventurer, à pied, dans un trou, difficile d’imaginer que l’on peut y jeter son 4×4 tout neuf. Et pourtant… Bien aidé par une multitude de dispositifs dédiés au franchissement, dont une aide à la descente et un système reproduisant sur l’écran ce que cache le capot avant, le Defender impressionne véritablement.

Le plus dur, c’est la prise de décision : celle de rouler sur des silex ou de lancer dans une ornière, au beau milieu des ronciers, un engin extraordinaire qui, dans la configuration exposée, se négocie à 83 300 € sans les options. Et dont le bonus atteint 20 000 €. Et dire que l’on a longtemps affirmé que l’ancien Defender était trop cher…

Essai Land Rover Defender 110 : notre avis

Une merveille pleine de charme, confortable, aux capacités de franchissement folles et aux aptitudes routières convaincantes. Le plus gros défaut de ce Defender, outre son tarif élitiste, est son héritage : il en offre tellement plus que son prédécesseur qu’il n’arrivera jamais à le faire oublier.

Land Rover Defender 110

Photos Matthieu Lequimener

On aime

  • Polyvalence extrême
  • Aptitudes en tout-terrain toujours au top
  • Confort, luxe et présentation

On aime moins

  • Tarif
  • Gabarit imposant
  • Consommation en P400
  • Malus de 20 000 €

Fiche technique (Land Rover Defender 110 P400 MHEV)

  • Moteur : avant, longitudinal, 6-cylindres en ligne, essence, turbo, injection directe, 24 soupapes, micro-hybridation, stop & start, 2 996 cm3
  • Transmission : traction, robotisée double embrayage, 7 vitesses
  • Puissance (ch à tr/min) : 400 à 5 500
  • Couple (Nm à tr/min) : 550 à 2 000
  • Poids à vide (kg) : 2 361
  • Long.xlarg.xhaut. (m) : 5,02×2,01×1,97 *
  • Empattement (m) : 3,02
  • Diamètre de braquage (m) : 12,8
  • Garde au sol (cm) : jusqu’à 29,1
  • Angle d’attaque : 38°
  • Angle de fuite : 40°
  • Réservoir (l) : 88,5
  • Vitesse maxi (km/h) : 191
  • 0 à 100 km/h (s) : 6,1
  • Pneus de l’essai : 255/60 R 20
  • Pneus de l’essai : Pirelli Scorpion Zero
  • Conso. mixte WLTP (l/100 km) : 11,4
  • Conso. pendant l’essai (l/100 km) : 12,2
  • CO2 (g/km) : 259
  • Malus : 20 000 €
  • Coffre à 5/à 2 (l) : 857/1 946
  • Largeur aux coudes AV/AR (cm) : 162/159
  • Espace aux jambes AR (cm) : 77
  • Pays de fabrication : Royaume-Uni
  • Garantie : 3 ans/100 000 km
  • Puissance fiscale : 29 CV
  • Tarif de la version essayée : 91 830 €

* (largeur rétroviseurs rabattus, longueur avec roue de secours)

GAMME PROPOSÉE (Land Rover Defender 110)
Essence, de 300 à 400 ch, de 60 200 € à 99 200 €
Diesel, de 200 à 240 ch, de 55 900 € à 75 200 €

OPTIONS PROPOSÉES

  • Configuration 7 places : 1 336 €
  • Blocage de différentiel arrière actif : 1 234 €
  • Crochet d’attelage escamotable électriquement : 1 331 €
  • Système d’assistance au remorquage : 428 €
  • Climatisation automatique à 3 zones : 1 204 €
  • Capteur de qualité de l’air : 82 €
  • Ionisation de l’air dans l’habitacle : 133 €
  • Film de protection de carrosserie : 4 240 €
  • Rails de toit noirs : 306 €
  • Pneus tout-terrain : 306 €
  • Jantes alliage 22 pouces : 2 907 €

PRINCIPALES CONCURRENTES

  • Jeep Wrangler Unlimited 2.0 turbo 272 ch, à partir de 50 900 €
  • Mercedes-AMG G 63, 585 ch, à partir de 167 101 €
  • Toyota Land Cruiser 2.8 D-4D (diesel) 177 ch, à partir de 45 100 €

L’actualité de Land Rover, par auto-moto.com :

Land Rover Discovery Sport et Range Rover Evoque P300e : Electrons brittons

Essai Land Rover Discovery Sport (2020) : entre Land et Range

Le futur Land Rover Defender se dévoile en Lego (et en avance)


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