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Comment suivre la croissance de son enfant


La courbe de croissance est un outil très important qui va permettre de contrôler la taille et le poids de votre enfant dès sa naissance, de suivre son évolution et ainsi, sa santé. Différentes courbes vont accompagner le début de sa vie selon son âge. Quelles sont-elles et comment fonctionnent-elles ? Faisons le point !

Avant même sa naissance, le foetus est mesuré lors des échographies afin de surveiller que son développement se fait normalement. Il en va de même pour le bébé une fois venu au monde. De sa vie de nourrisson à celle d’adolescent, voire de jeune adulte, votre enfant va grandir, grossir et ces données vont permettre d’établir une courbe unique dont l’évolution indiquera si sa croissance est dans la moyenne et s’il est en bonne santé. Au contraire, des anomalies comme un poids trop bas ou une taille trop petite peuvent indiquer des problèmes ou des maladies et pourront servir de sonnette d’alarme.

Cette croissance va être calculée à partir du poids de l’enfant, de sa taille, de son périmètre crânien (tour de tête) et de son indice de masse corporelle (IMC). Selon son âge, les mesures devront être prises à des intervalles différents puis les données être rentrées dans le carnet de santé de l’enfant, dans un tableau réservé à une tranche précise. Plusieurs courbes vont ainsi servir de référence et elles sont différentes pour les filles et pour les garçons.

Les premières années de bébé sont cruciales pour son développement physique (et mental) et sa croissance doit être surveillée de près. Selon l’Inserm, le suivi idéal consiste à mesurer et peser l’enfant « tous les 3 mois jusqu’à 1 an, tous les 6 mois jusqu’à l’âge de 4 ans, puis chaque année » jusqu’à la fin de sa puberté. Cependant, le suivi médical du bébé instauré en France comprend 4 examens rapprochés au cours des 2 premiers mois, puis 7 entre 3 et 18 mois. Au cours de ces visites, il est systématiquement mesuré et pesé.

A quoi ressemblent les courbes de croissance ?

Au total, on retrouve dans le carnet de santé, entre les pages 78 et 87, 10 courbes de croissance différentes :

  • Courbes poids filles 1 mois – 3 ans
  • Courbes poids garçons 1 mois – 3 ans
  • Courbes taille filles 1 mois – 3 ans
  • Courbes taille garçons 1 mois – 3 ans
  • Courbes périmètre crânien filles 1 mois – 5 ans
  • Courbes périmètre crânien garçons 1 mois – 5 ans
  • Courbes IMC filles 1 mois – 18 ans
  • Courbes IMC garçons 1 mois – 18 ans
  • Courbes Taille et Poids filles 1 mois– 18 ans
  • Courbes Taille et Poids garçons 1 mois – 18 ans


La croissance du périmètre crânien et la croissance staturale n’étant pas tout à fait la même chez les filles et chez les garçons, chaque sexe a sa propre série de courbes.
Ces courbes sont présentes sur un quadrillage permettant de pointer les mesures et tracer la courbe propre à l’enfant grâce à ces données. Elles sont divisées en plusieurs couloirs correspondant aux différents parcours observés en moyenne pour établir ces références.

La courbe du périmètre crânien

Elle correspond au tour de tête de votre bébé et sert à surveiller la croissance de son cerveau qui est très rapide. Lors de ses premiers mois de vie hors du ventre, cet organe achève sa formation en profitant des fontanelles, ces structures membraneuses et malléables qui ne sont pas encore ossifiées pour s’ajuster à la nouvelle taille que fera le cerveau. Avec lui, c’est aussi tout le système nerveux de votre enfant qui se développe. Il est donc particulièrement important de pouvoir détecter une anomalie le plus tôt possible.

La mesure du périmètre crânien du bébé est réalisée à l’aide d’un mètre souple par le médecin ou le pédiatre et, depuis le 1er avril 2018, prend désormais en compte les périmètres crâniens des parents afin de faire correspondre la norme de croissance à celle du patrimoine génétique hérité.

Que signifie une courbe inférieure du périmètre crânien ?

Un périmètre crânien inférieur la courbe de référence indique une microcéphalie, une malformation congénitale rare qui toucherait entre 2 à 12 nouveau-nés viables sur 10 000 (études menées aux États-Unis). Cette insuffisance de croissance peut avoir commencé dès la grossesse et, dans ce cas, peut être détectée dès l’échographie, ou bien se manifester à partir de la naissance.

Si elle n’est pas liée à une anomalie génétique, la microcéphalie peut avoir été causée par l’exposition de la maman à des infections, telles que le cytomégalovirus (CMV), la toxoplasmose ou la rubéole, à des substances nocives (drogues, alcool, produits chimiques toxiques) mais aussi à la malnutrition grave ou encore au virus Zika. Elle peut également survenir suite à un accouchement au cours duquel le bébé aura été privé d’oxygène, ou à une infection post-natale du nourrisson, comme une méningite bactérienne.

Que signifie une courbe supérieure du périmètre crânien ?

Si le périmètre crânien est supérieur à la courbe de référence, on parle de macrocéphalie. Plus fréquente que la microcéphalie, elle peut être héréditaire et apparaître dès le développement du foetus ou bien se manifester après la naissance.

L’augmentation du volume du crâne peut être provoquée par une hydrocéphalie, c’est-à-dire une accumulation du liquide céphalo-rachidien (LCR), ou bien par un hématome sous-dural causé par une méningite ou un traumatisme. Dans ces cas, une intervention chirurgicale permet d’évacuer le sang ou le liquide.




La courbe de taille

La croissance staturale de l’enfant est extrêmement rapide les premières années. En moyenne, entre sa naissance et ses 4 ans, sa taille va doubler, passant d’environ 50 cm à 1 mètre ! Il est donc primordial de la suivre afin de repérer une anomalie, soit par une courbe inférieure ou supérieure, soit par une cassure dans la courbe indiquant une accélération ou un retard soudains. La taille des parents est également prise en compte dans l’interprétation de données car elle peut expliquer un éventuel écart remarquable par rapport aux couloirs de référence. « 80% des enfants en bonne santé auront une taille finale comprise entre cette taille cible parentale – 6 cm et + 6 cm », rappelle l’INSERM.

Une courbe inférieure indique un retard de croissance dont l’origine peut être variée. Elle peut indiquer un problème nutritionnel de l’enfant, un trouble osseux ou un déficit hormonal et révéler les premiers symptômes de certaines maladies (rachitisme, hypothyroïdie…).
Lorsqu’elle n’est pas liée au patrimoine génétique, une courbe de taille supérieure est plus rare et elle indique souvent un problème hormonal qui peut être soigné par un traitement hormonal pour ralentir la croissance.

La courbe de poids

Tout comme il grandit vite, l’enfant prend aussi rapidement du poids, la première année. Ensuite, il doit en prendre régulièrement pour assurer une bonne croissance. La courbe de poids permet ainsi de repérer facilement une stagnation chez les nouveaux-nés ainsi et tout autres pic et perturbation au cours de l’enfance.

Si le poids de l’enfant se trouve en dessous des courbes inférieures, on parle de retard pondéral. Les causes peuvent être diverses mais la plus fréquente reste une alimentation insuffisante. Chez le bébé, elle peut être la conséquence soit d’un allaitement trop difficile ou de préparations trop diluées, soit par des troubles digestifs du bébé. Chez les enfants plus âgés, elle peut traduire un trouble du développement osseux, une maladie chronique, des allergies alimentaires ou encore une anorexie.

A l’inverse, lorsque la courbe est supérieure, on parlera de surcharge pondérale. Si l’augmentation du poids se confirme de manière importante à chaque mesure, ce peut être un signe précoce d’obésité. Cependant, la courbe du poids seule ne suffit pas à déceler le problème. Pour cela, son interprétation doit être faite en parallèle de celle de la taille. C’est pourquoi le carnet de santé inclut désormais une courbe de corpulence.

La courbe de l’IMC (Indice de Masse Corporelle)

Pour calculer l’IMC de l’enfant, le médecin applique la formule poids/taille². Cet indice est calculé en même temps que les mesures du nourrisson sont renseignées, puis au minimum une fois par an à partir de l’âge de 2 ans. La courbe de l’IMC, pour les filles comme pour les garçons, comprend 3 périodes. La première correspond à la première année du bébé durant laquelle il grandit et grossit beaucoup. Cette croissance se ralentit nettement après, lorsqu’il commence à marcher, et l’IMC diminue. Elle reprend progressivement autour de l’âge de 5 ans, lors de ce qu’on appelle le « rebond d’adiposité ». Chez certains enfants, cet épisode peut se manifester précocement et être le signe d’un début d’obésité. En le repérant aussi tôt, il est ainsi possible d’agir avant que le surpoids ne s’installe et ne devienne bien plus difficile à traiter.

Si la courbe de l’IMC est inférieure et surtout, présente une cassure, l’enfant est en situation de maigreur inquiétante qui peut être provoquée par une dénutrition, des troubles alimentaires (pouvant eux-mêmes être causés par des troubles mentaux ou affectifs), des troubles digestifs ou une maladie chronique. Chez le nourrisson, elle peut être aussi être le signe d’une hypotrophie, un développement insuffisant qui peut, par ailleurs, être repéré dès la grossesse lors de l’échographie. Là encore, un repérage précoce peut permettre une prise en charge rapide et efficace.

Dans le carnet de santé, la courbe de l’indice de masse corporelle est mise en parallèle avec la courbe taille/poids de l’enfant qui elle, tient compte du stade pubertaire mais aussi, de la taille cible. Cette taille cible correspond à la moyenne de la taille du père et de la mère, plus 13 cm pour les garçons et moins 13 cm pour les filles.

L’importance de l’harmonie des courbes

Pour les filles comme pour les garçons, dans le cas du poids et de la taille, une courbe légèrement inférieure ou supérieure ne veut pas nécessairement dire que la croissance de l’enfant est anormale. L’important est que cette croissance soit harmonieuse et que l’évolution de la courbe soit constante. Les véritables sources d’inquiétude et signes d’anomalies sont les stagnations, les pics et les chutes dans les courbes.

Des courbes réactualisées

Le saviez-vous ? Les courbes de croissance figurant dans les carnets de santé ont récemment fait l’objet d’une importante mise à jour. En effet, jusqu’à 2018, les courbes utilisées étaient celles proposées par l’OMS en 1979 et s’appuyaient sur des mesures d’enfants nés dans les années 50. Il va sans dire que les choses ont changé depuis, que ce soit au niveau des morphologies mais aussi au niveau des méthodes de calcul. Pour actualiser ces données, plus de 5 000 000 de mesures sur 216 000 enfants âgés de 0 à 18 ans ont été réalisées dans toute la France par des chercheurs de l’INSERM 1153/CRESS (Centre de Recherche Épidémiologie et Statistique Sorbonne Paris Cité) ainsi que des pédiatres et des médecins généralistes.

Ces nouvelles mesures ont donc permis d’établir de nouvelles courbes dans le carnet de santé, prenant en compte d’autres paramètres comme la taille de la mère et celle du père et leurs périmètres crâniens, mais aussi plus de couloirs de croissances, l’ajout de la corpulence par l’IMC, ainsi qu’une distinction entre filles et garçons dans l’évolution du poids et de la taille pour la période allant de 0 à 3 ans.

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