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Tout au long de la grossesse, bébé y baigne, protégé, au chaud, nourri. Il est essentiel au développement du foetus et indique l’enfant est prêt à venir au monde. Mais pas seulement ! Zoom sur le liquide amniotique.

Qu’est-ce que le liquide amniotique ?

Le liquide amniotique est une substance aqueuse, composée essentiellement à 96% d’eau, claire et stérile dans laquelle va baigner le foetus pendant la grossesse. Elle contient également des cellules épithéliales desquamées en suspension, provenant de la peau du foetus et des sécrétions pulmonaires, ainsi que des électrolytes, des lipides, des protéines, du glucose, des acides aminés, des enzymes, et enfin, selon le stade de la grossesse et du développement du bébé, des hormones.

D’où vient-il ?

Le liquide amniotique apparaît dès la première semaine suivant la fécondation, avec la formation de la cavité amniotique. Celle-ci va peu à peu grossir et se remplir par une substance essentiellement produite par l’embryon lui-même, puis par le foetus, et est constamment renouvelée.

Cette production connaît deux grandes phases. La première, un phénomène appelé transsudation, dure jusqu’au quatrième mois environ (entre 20 et 25 semaines d’aménorrhée). Le liquide amniotique est alors principalement sécrétée à travers la peau du foetus et les membranes amniotiques. Un autre phénomène, appelé diurèse foetale, se met en route à partir de 12 SA. Le liquide est produit par le biais de l’urine du foetus. Enfin, à partir de 18 SA, il est également produit par le biais des sécrétions pulmonaires, lors des mouvements respiratoires du foetus.

Lorsque le bébé entame sa kératinisation, c’est-à-dire que sa peau devient imperméable et ne laisse donc plus passer l’eau, la deuxième étape commence. Ce sont ses reins, suffisamment développés et à même de fonctionner, qui vont assurer la production principale du liquide. Le bébé avale le liquide qui l’entoure (réabsorption), entre 200 et 500 ml par jour, et ils l’éliminent en le transformant en urine. Par ce processus, le liquide amniotique est renouvelé toutes les 3 heures, constamment. La réabsorption par déglutition permet aussi de faire passer une partie du liquide dans l’intestin puis dans le sang. Il est alors transmis vers l’organisme maternel et éliminé par les reins de la maman.

Au total, il existe huit sources de production du liquide. A celles mentionnées précédemment s’ajoute des sources considérées comme mineures : les sécrétions oro-nasales, la voie transmembranaire à travers l’amnios et les transferts transcordonaux et transcutanés.

Quel est le volume normal du liquide amniotique ?

La quantité de liquide amniotique va varier au fur et à mesure de la grossesse, s’adaptant à la taille et aux besoins du foetus.

Entre la fécondation et 20 SA, la production augmente de façon importante, tout comme le poids du foetus. Vers 22 SA, la production atteint un pic de vitesse avec un volume de 60ml/jour. Après cette phase, le volume produit reste constant jusqu’aux semaines 33-34 où il atteint son maximum : environ 1L. Le volume commence ensuite à décroître progressivement puis drastiquement passé 39 SA. La vitesse de production, elle, devient négative.

Le cycle du liquide amniotique peut se résumer en 5 grandes étapes, selon le terme de la grossesse :
7 SA : 20ml
16 SA : 200ml
34 SA : 980ml
40 SA : 800ml
42 SA (terme dépassé) : 540 ml

Le volume de liquide amniotique varie d’une femme à une autre avec une limite basse à 250 ml et une limite haute à 2L. La grossesse est considérée comme normale lorsque la quantité de liquide est située dans cette fourchette. Celle-ci est mesurée lors de l’échographie. En deçà ou au-delà de ces références, elle peut indiquer un problème et un risque pour la santé du bébé. D’autres examens permettront de mieux identifier la cause de l’anomalie.

Quel est son rôle pendant la grossesse ?

Le rôle du liquide amniotique est primordial mais aussi multiple.

  • Dès le début de la grossesse, il évite que l’embryon n’adhère à l’amnios puis l’entoure complètement à partir du 4ème mois.
  • Il permet de protéger le foetus des chocs extérieurs mais aussi du bruit.
  • Il le protège également des infections grâce à ses propriétés antibactériennes et à la présence, notamment, d’anticorps.
  • Il agrandit la cavité utérine pour que le foetus puisse bouger activement et ainsi développer son système musculaire et assurer la croissance de son squelette.
  • Il garantit un environnement stable au foetus, en adaptant son volume à son développement et en conservant une température constante de 37,5°C.
  • Il apporte les sels minéraux et l’eau dont le foetus a besoin pour se développer.
  • Il participe à son développement sensoriel en captant le différences de goût, d’odorat, d’audition et de luminosité.
  • Avec la perte des eaux, il lubrifie les voies génitales et les prépare à l’accouchement.

L’amniocentèse et autres examens liés au liquide amniotique

Le liquide amniotique, son évolution, son volume, sa couleur et sa composition, sont liés à la santé du bébé. Parce qu’il contient des cellules foetales, il peut ainsi prélevé afin d’établir un caryotype qui sera étudié pour dépister d’éventuelles pathologies génétiques, telles que la trisomie 21 et certains risques d’anomalies chromosomiques. Cet examen, appelé amniocentèse, peut être réalisé à partir de la 14ème semaine. Le liquide amniotique est prélevé grâce à une aiguille que le médecin pique à travers l’abdomen de la femme enceinte, sous anesthésie locale. Les cellules qui en sont extraites sont ensuite cultivées et les résultats sont obtenus après 3 à 4 semaines.

Si l’échographie laisse soupçonner une anomalie dans le volume de liquide amniotique (insuffisance ou excès), le praticien peut préconiser une mesure de la plus grande citerne verticale (CGV) ou bien une mesure de l’index amniotique (ILA). La première méthode consiste à trouver, via une échographie de la cavité amniotique, l’endroit renfermant le plus de liquide et d’en évaluer la profondeur. Elle doit mesurer entre 3 et 8 cm pour être normale. En dessous, elle peut être le signe d’un oligoamnios et, au-dessus indiquer un hydramnios. La deuxième méthode se fait également par échographie et consiste à calculer l’index amniotique en additionnant les plus grandes citernes verticales de liquide dans les 4 quadrants de l’utérus obtenus par division virtuelle par deux perpendiculaires se croisant au niveau de l’ombilic. L’index comprend 5 niveaux. De 0 à 5 cm, il traduit un oligoamnios, de 5,1 à 8 cm, il indique un niveau marginal ; de 8,1 à 18 cm, le volume est normal ; entre 18,1 et 25 cm, le liquide est en excès ; supérieur à 25 cm, il indique un hydramnios.

Enfin, lorsqu’il y a dépassement du terme et que la grossesse est placée sous surveillance, la santé du foetus peut être vérifiée grâce à une amnioscopie qui permet de visualiser la couleur du liquide amniotique. La procédure est indolore et se fait par l’introduction d’un petit tube dans l’orifice du col de l’utérus que le médecin vient mettre au contact des membranes amniotiques. Puis il les éclaire et observe par transparence la couleur du liquide amniotique. Celui-ci doit en effet être clair, très légèrement bleuté. Une coloration peut indiquer la présence plus ou moins importante de selles (méconium), voire de sang, et traduire une souffrance fœtale.

L’oligoamnios, quand le liquide amniotique est en quantité insuffisante

Si l’un des différents examens révèle une quantité de liquide amniotique insuffisante au cours de la grossesse, on parle d’oligoamnios. Il s’agit de l’anomalie la plus fréquente, elle touche entre 0,4 et 4 % des femmes enceintes. Dans de très rares cas, le liquide peut être complètement absent et on parle d’anamnios.

L’oligoamnios ne se manifeste pas nécessairement dès le début de la grossesse mais peut apparaître à différents moments avec des conséquences plus ou moins graves sur la santé du foetus selon son stade de développement. Cette insuffisance peut provoquer :

  • Une hypoplasie pulmonaire, c’est-à-dire un arrêt du développement des poumons, et donc une insuffisance respiratoire à la naissance
  • Une dysmorphie faciale (syndrome de Potter)
  • Un anomalie dans le développement de l’appareil moteur, voire une malformation des membres, le foetus n’ayant pas pu se mouvoir dans la cavité
  • Une infection materno-foetale, le foetus n’étant plus suffisamment protégé
  • La mort du foetus


Les causes de l’oligoamnios peuvent être diverses mais la plus courante reste la rupture prématurée des membranes. Il peut aussi être provoqué par une malformation foetale au niveau rénal et urinaire, notamment, une hypertension artérielle de la mère, un diabète gestationnel, un retard de croissance intra-utérin, un trouble placentaire ou encore, un dépassement du terme de grossesse.
Sa prise en charge et son traitement dépendent de la cause et du stade de la grossesse.

L’hydramnios, quand le liquide amniotique est en excès

On parle d’hydramnios lorsque le volume du liquide amniotique dépasse les 2 litres. Cette anomalie peut elle aussi survenir à tout moment de la grossesse, de façon assez soudaine. On en distingue cependant deux types : l’hydramnios chronique, assez courante et qui apparaît généralement vers le troisième trimestre et en fin de grossesse, et l’hydramnios aigu, plus rare (elle touche entre 1 femme enceinte sur 1 500 et 1 sur 6000) et que l’on peut observer le plus souvent au deuxième trimestre.

Les risques sont divers :

  • Contractions utérines, rupture prématurée des membranes et donc naissance prématurée
  • Mauvais positionnement de l’enfant au moment de l’accouchement (présentation par le siège)
  • Difficultés respiratoires ou oedèmes chez la mère


Là encore, les causes peuvent être d’origine maternelle (diabète gestationnel, toxoplasmose, pré-éclampsie, incompatibilité sanguine entre la mère et l’enfant) ou bien foetales (anémie, malformation du système digestif ou du système nerveux central). La prise en charge et le traitement ne seront pas les mêmes selon la cause.

La rupture de la poche des eaux : la perte du liquide amniotique

Lorsque l’amnios et le chorio, les deux membranes contenant le liquide amniotique, se rompent, elles le libèrent et on parle de la rupture de la poche des eaux, ou la perte des eaux. Quand elle survient proche du terme, dès 37 SA, cette rupture signifie que bébé est prêt à sortir et que l’accouchement est imminent. Le travail commence généralement dans les heures qui suivent mais ce n’est pas le cas, et qu’aucune contraction n’apparaît, il peut être déclenché. Un traitement antibiotique peut aussi être prescrit car en l’absence de cette poche de protection, l’enfant est exposé aux infections.

Si la rupture survient avant terme, elle est prématurée et risque donc d’entraîner une naissance prématurée. Avant 22 SA, le pronostic vital du fœtus en jeu. La future mère est généralement hospitalisée et tout est fait pour retarder l’accouchement jusqu’à, idéalement, 37 SA. Les examens sont nombreux et réguliers et le traitement peut inclure des antibiotiques pour prévenir une infection du bébé exposé ainsi que des corticoïdes pour accélérer le développement pulmonaire et éviter une insuffisance respiratoire.

Vidéo par Clémence Chevallet

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