Economie

les représentants du personnel dénoncent un « dialogue de sourds »

Des salariés de Hop! manifestent à Bouguenais (Loire-Atlantique), le 30 juillet.

Cette première réunion avec les instances syndicales n’aura pas apaisé le climat social dans la filiale régionale d’Air France, frappée de plein fouet par la crise sanitaire. Les dirigeants de la compagnie aérienne Hop! ont confirmé, vendredi 31 juillet, un plan de départs volontaires prévoyant la suppression de près de la moitié des 2 420 emplois, durant un comité social et économique (CSE) extraordinaire vu comme un « dialogue de sourds » par des représentants des salariés.

« On essaye d’être force de proposition et on a souvent l’impression d’avoir un mur en face, que le projet est d’ores et déjà ficelé », a déploré Etienne Rossignol, élu au CSE de l’Union des navigants de l’aviation civile (UNAC). Joël Rondel, secrétaire du CSE et élu CGT, a estimé que la réunion ne s’était « pas très bien passée ». « On a appris que notre direction avait décidé de communiquer aux salariés le projet alors qu’on n’avait pas encore fini d’étudier tout le document », a-t-il souligné. « On va saisir le tribunal pour faire constater ce qu’on estime être une entrave au fonctionnement du CSE », a expliqué M. Rossignol.

« Le dispositif emploi envisagé est un plan de départs volontaires [PDV] – plan de sauvegarde de l’emploi [PSE], dans un contexte où le projet de restructuration génère la suppression de 1 007 postes [exprimés en EPT, équivalent plein-temps] dont 404 postes Personnel sol, 286 postes Personnel navigant commercial et 317 postes Personnel navigant technique », a fait savoir la direction dans un courriel à l’AFP, expliquant que les négociations avec les organisations syndicales devaient se poursuivre jusqu’en octobre.

Fermeture de sites et réduction de la flotte

La veille du CSE, pilotes, hôtesses, stewards, mécaniciens et autres personnels au sol s’étaient rassemblés au siège de l’entreprise à Bouguenais, près de Nantes, pour une manifestation qui a rassemblé près de 300 personnes.

Lire aussi Quelque 300 salariés en colère devant le siège de Hop! à Nantes

L’objectif de la direction est « de trouver un maximum de solutions sur la base du volontariat », avait expliqué jeudi le président de Hop!, Pierre-Olivier Bandet, précisant : « Si à la fin de ce processus on reste dans une situation de sureffectif, on n’exclut pas des départs contraints à l’horizon 2023. »

« On n’a pas d’autre solution si on veut essayer de garder une compagnie Hop! (…) qui soit viable », avait-il ajouté, rappelant qu’il était prévu de « recentrer » la compagnie sur Roissy et Lyon, de fermer les sites de Lille et Morlaix (Finistère) et de réduire la flotte à 32 appareils. Un second CSE est fixé au 12 août, notamment pour préciser ces points, a déclaré vendredi M. Rondel.

Frappé par la crise du Covid-19, le groupe Air France compte supprimer plus de 7 500 postes d’ici à la fin 2022, dont environ 6 500 au sein de la compagnie tricolore et plus de 1 000 au sein de Hop!, sa filiale régionale.


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