Economie

Quelque 300 salariés en colère devant le siège de Hop! à Nantes

A Bouguenais, près de Nantes, des salariés de Hop! manifestent, le 30 juillet.

Entre 220 personnes, selon la police, et 300, selon la CGT, ont laissé éclater leur colère, jeudi 30 juillet au matin, devant le siège de la compagnie Hop!, filiale régionale d’Air France, à Nantes, pour dire non aux suppressions d’emplois et à la « mort de la compagnie ». Ce premier « rassemblement national » a réuni des salariés venus de toute la France, et notamment de Morlaix et Lille, où les sites sont menacés.

Refusant la suppression de la moitié des emplois dans l’entreprise, ils ont installé des pancartes, un cercueil avec une croix pour symboliser « la mort de la compagnie » et ont démonté, à l’aide d’une masse, le grand panneau métallique portant le logo Hop! qui signale le siège de la compagnie. Ils ont ensuite brûlé le panneau sous les applaudissements des manifestants. Ils sont ensuite partis en cortège vers l’aéroport de Nantes-Atlantique, où la manifestation s’est dispersée vers midi.

« No hope for Hop! », « Hold-up organisé sur les vols de province », « L’Etat français fossoyeur de l’aérien », pouvait-on lire sur les pancartes. « On voudrait avoir recours au chômage de longue durée pour voir comment le trafic aérien va évoluer d’ici deux ans, et voir avec les partenaires sociaux la reconstruction de Hop! », a déclaré Etienne Guenat, délégué syndical CFDT.

Avant un CSE extraordinaire prévu vendredi, lors duquel la direction doit détailler les chiffres des suppressions envisagées, le syndicaliste s’attend à « un bras de fer sur le nombre de postes supprimés qu’on conteste ».

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« On a très très peur »

A Bordeaux, le 30 juillet.

Selon des documents diffusés en amont du CSE, 1 019 suppressions en équivalents temps plein seraient envisagées : sur 2 421 postes il ne resterait que 1 402 emplois d’ici à 2022, selon le syndicaliste. « On nous promet des postes chez Air France, mais Air France va très mal. On a très, très peur », a confié Pauline Polonceau-Duchene, hôtesse de l’air, qui craint, en cas de reclassement, de « repartir à zéro » malgré treize ans d’ancienneté.

Frappé par la crise du Covid-19, le groupe Air France compte supprimer plus de 7 500 postes d’ici à la fin 2022 selon sa nouvelle stratégie, dont environ 6 500 au sein de la compagnie tricolore et plus de 1 000 au sein de Hop!.

A Bordeaux, une centaine de salariés d’Air France et de Hop!, la plupart masqués, se sont rassemblés à la mi-journée devant la principale agence Air France du centre-ville. Ils protestaient notamment contre la suppression de la navette aérienne entre Bordeaux-Mérignac et Orly (560 000 passagers par an), abandonnée au motif qu’il existe une alternative en train en moins de deux heures trente. Sur une bâche on pouvait lire : «  les salariés d’Air France refusent de finir à la Ben  », en référence au nom du directeur général de la compagnie, Ben Smith.

« J’entends l’argument écologique [pour supprimer la navette vers Orly] mais on sait déjà qu’une low cost lorgne sur cette liaison : donc les avions d’Air France pollueraient mais pas ceux de cette low cost ? », a dénoncé Muriel Giloteaux, déléguée CGT.

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Le Monde avec AFP


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