Economie

« l’Union européenne doit être au service des Etats sociaux nationaux, et non l’instrument de leur démantèlement »

Tribune. Le plan de relance adopté par le Conseil européen le 21 juillet mérite-t-il l’enthousiasme ? On peut au contraire juger que se joue, avec les commentaires exaltés qui l’accompagnent, un nouvel épisode de ce qu’il faut bien nommer « l’illusion européenne ». Depuis plusieurs décennies prévaut le discours selon lequel les Etats-nations seraient démunis, le salut ne pouvant venir que de l’Europe.

L’Union européenne (UE) est pourtant un nain budgétaire. Son budget ordinaire, hors plan de relance, s’élève à 165 milliards d’euros par an pour les 27 pays membres, soit, pour avoir un ordre de grandeur, seulement la moitié des retraites versées en France. Peut-il en être autrement ? Non, à y bien réfléchir. Dans tous les pays du monde, les dépenses publiques sont constituées de deux principaux volets, les services publics et la protection sociale.

L’UE est un corps de règles néolibérales visant à imposer la finance libéralisée

Or il n’y a ni infirmières ni policiers ou enseignants, donc pas de services publics, européens. Il n’y a pas plus de retraites, d’allocations familiales ou chômage, bref, de prestations sociales européennes. Et ce qui est vrai aujourd’hui le sera, à horizon concevable, demain. L’Union européenne est essentiellement un corps de règles néolibérales visant à imposer la finance libéralisée, le libre-échange, la concurrence fiscale, le transfert au privé de services publics, des retraites, etc.

L’UE oblige ses membres à la concurrence sociale et fiscale

Alors que la crise entraînée par le Covid-19 invite à assumer pleinement le caractère mixte de nos économies, avec un pôle privé, mais aussi un pôle public, indispensable pour assurer des missions d’intérêt général, l’UE n’a nullement décidé de remettre en cause ces règles.

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Deux décisions récentes le rappellent : l’amende de 13 milliards à l’encontre d’Apple a été annulée, confortant la possibilité pour l’Irlande, mais aussi les Pays-Bas ou le Luxembourg, de se livrer au dumping fiscal au détriment de leurs supposés partenaires ; Alstom a été sommé de céder, nouvelle illustration du peu de cas de la commission pour la politique industrielle, une usine de trains régionaux parfaitement rentable.

En plein confinement, Phil Hogan, commissaire à la concurrence, n’hésitait pas à soutenir que la relocalisation de production devait être « une exception. L’Union européenne doit rester ouverte sur le monde […]. C’est pourquoi nous devons approfondir nos accords de libre-échange existants et chercher à en contracter d’autres » (Le Monde, le 7 mai 2020).

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