Economie

Le Français Withings lève des fonds pour peser dans la santé connectée

La levée de fonds vise à financer une expansion outre-Atlantique de Withings, tout en alimentant la recherche et développement pour concevoir de nouveaux produits.

Eric Carreel, 61 ans, père de plusieurs jeunes pousses de la tech, aime à dire qu’en matière de création d’entreprise, l’important n’est pas l’idée de départ, mais le chemin suivi. La route sur laquelle l’entrepreneur a conduit Withings, le pionnier des objets connectés qu’il a co-fondé en 2008, a eu beau se révéler tortueuse, elle vient de déboucher sur une étape majeure. Mardi 28 juillet, la firme a annoncé avoir levé 53 millions d’euros auprès d’investisseurs emmenés par le néerlandais Gilde Healthcare, Idinvest Partners et Bpifrance.

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Si Gilde est un nouveau venu dans le tour de table, Eric Carreel connaît bien Idinvest et Bpifrance. En 2016, c’est en partie face à leur insistance que l’entrepreneur avait accepté, la mort dans l’âme, de céder Withings à Nokia pour 170 millions d’euros. « Nous ne cherchions pas particulièrement un acquéreur. Nokia nous a approchés et cette opportunité avait du sens car le groupe disposait de la force de frappe ou des compétences que Withings n’avait pas encore acquises à l’époque, pour asseoir une marque médicale sur le plan mondial. En 2016, lever 50 millions d’euros aurait été difficile pour Withings sans s’introduire en Bourse », explique Maïlys Ferrère, directrice du fonds Bpifrance Large Venture.

Revoir la trajectoire

Et d’insister : « Finalement, cette période a permis à Eric Carreel de mûrir son projet, qu’il met en œuvre aujourd’hui de façon plus efficace. » L’expérience de Nokia dans le médical avait, en effet, tourné court. Deux ans plus tard, le groupe finlandais revendait la pépite française à son fondateur pour un prix non dévoilé, mais estimé aux alentours de 30 millions d’euros.

L’entrepreneur, de son côté, assume sa part de responsabilité dans cette cession non désirée, reconnaissant qu’il avait misé « trop tôt » sur la transformation du marché de la santé en France. « J’ai fait une erreur, admet-il, nous ne parvenions pas à franchir un palier. Cela a affolé nos investisseurs et c’est ça qui les a amenés à nous encourager à vendre ».

« Nous restons une entreprise française. Nos forces sont ici » Eric Carreel, fondateur de Withings

L’échec de Nokia, lié comme souvent au départ du dirigeant qui avait piloté le rachat, aura donné l’occasion à Eric Carreel de revoir sa trajectoire : direction l’Amérique, cette fois. « Aux Etats-Unis, de nouveaux métiers se créent autour de l’accompagnement des malades ou des gens soucieux de leur santé. C’est là-bas que nous devons travailler, explique-t-il. Une nouvelle médecine préventive est en train de s’inventer. Nous sommes à l’intersection des consommateurs, des données et de la santé. On espère que dans trois ans le marché sera aussi en Europe. »

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