Economie

Jaume Roures, le fondateur de Mediapro, s’explique sur l’alliance avec Altice

A chaque jour suffit sa peine, et chaque chose en son temps : à l’issue de la visioconférence de presse organisée au sujet de Téléfoot, mardi 28 juillet, à midi, c’est par ces deux maximes qu’on avait envie de résumer la méthode Jaume Roures. Assis à distance raisonnable de Julien Bergeaud, directeur général de Mediapro Sport France, devant l’ordinateur portable d’où jaillissaient les questions des journalistes, l’associé fondateur du groupe audiovisuel espagnol a calmement imposé son tempo.

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Oui pour se réjouir du double accord avec Altice officialisé lundi 27 juillet, qui va permettre à Téléfoot de diffuser, en plus de l’essentiel des matchs de la Ligue 1 et la Ligue 2, la Ligue des champions et la Ligue Europa pour la saison 2020-2021, mais aussi permettre à la nouvelle chaîne des amateurs de foot d’accéder au portefeuille de 770 000 abonnés de RMC Sport – l’opérateur de télécoms SFR étant devenu le seul distributeur, à ce jour, de Téléfoot en France. Non pour annoncer une autre alliance, avec un distributeur « non traditionnel » tel que Facebook, Amazon ou un autre acteur plus inattendu, car « on ne parle pas des accords avant qu’ils ne soient signés fermement ».

« Casting de rêve »

Non encore pour détailler la grille de programmes de la future chaîne Téléfoot, ses émissions-phares ou les noms de leurs animateurs : « On a bouclé nos recrutements, on a notre casting de rêve, on fera une communication dans les prochaines semaines pour tout expliquer en détail », ont indiqué les deux dirigeants. Ne pas croire enfin que parce que le 21 août, date de la reprise de la Ligue 1 et donc de la diffusion de son premier match par Téléfoot – les programmes commenceront le 17 août –, approche, le temps presserait. « On a toujours expliqué que notre objectif était d’atteindre les 3,5 millions d’abonnés, a rappelé, en français, le septuagénaire espagnol. Cela veut dire qu’on ne les aura ni le premier mois ni peut-être la première saison », mais que, grâce au rapprochement avec Altice, Mediapro peut espérer « un développement tranquille ». D’autant que le géant de l’audiovisuel ibérique continue d’espérer s’entendre avec Canal+, a reconnu son dirigeant.

Un arrangement rapide avec la chaîne cryptée lui permettrait d’augmenter encore le nombre d’abonnés potentiels à Téléfoot, mais aussi de faire baisser le prix de l’abonnement : fixé pour l’heure à 25,90 euros par mois pour un forfait de douze mois, il monte à 29,90 euros pour qui s’engage de manière ponctuelle – un tarif présenté comme avantageux, quand l’addition des mêmes offres éparpillées monterait la facture des fans de ballon rond à 64,90 euros, a calculé Julien Bergeaud.

Partager les factures

La nécessité de reprendre les discussions avec Canal+ se fera cependant plus cruciale au fil des mois : à partir de la saison 2021-2022, et jusqu’en 2024, c’est la chaîne cryptée qui, avec BeIN Sports, diffusera la Ligue des champions… Mais, entre les diffuseurs, la concurrence, qui les a déjà violemment opposés, est rude. Les droits de diffusion pour 80 % des matchs de la Ligue 1 coûteront 780 millions d’euros par an à Mediapro pendant quatre ans, quand les droits de la Ligue des champions auraient contraint Canal+ et BeIN Sports à verser à l’UEFA (Union des associations européennes de football) 375 millions d’euros par an. La rentabilisation de ces investissements est loin d’être assurée, et le partage des factures, souhaitable.

Lire la chronique : « Téléfoot a écrit quarante ans d’histoire du football à la télévision »

C’est bien pour faire baisser la note qui grève ses comptes qu’Altice, embarqué dans un plan de licenciements, a conclu un accord de codiffusion de la Ligue des champions et de la Ligue Europa pour 2020-2021 avec Mediapro : les deux groupes se sont ainsi partagé la facture de 350 millions, dans des proportions qui n’ont pas été précisées. Et si Jaume Roures assure tranquillement ne pas vouloir précipiter les événements, il sait aussi que le temps, c’est de l’argent. Or, pour l’heure, la notoriété de Téléfoot laisse encore à désirer : au début de juillet, indique un sondage Harris Interactive publié par le cabinet NPA Conseil, 3 Français sur 10 n’avaient jamais entendu parler de la chaîne.


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