Economie

24 heures à L’Escale, dans l’Indre, où la clientèle peine à revenir

Reportage au restaurant L’Escale de Déols dans l’Indre, le plus grand restaurant de routiers de France, le 9 juillet 2020.

Photos Claude Pauquet/VU’ pour Le Monde.

Vue extérieures du restaurant, depuis la route ou depuis le parking.

CLAUDE PAUQUET / VU POUR LE MONDE

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Publié aujourd’hui à 00h40

« L’Escale 24 24, 7J/7J. » Visible depuis l’autoroute A 20, ce monumental écriteau lumineux, agrémenté d’une fourchette bleue et d’un couteau rouge croisant le fer, clignote au fond d’un champ qui réclame sa moisson. Ici, à Déols (Indre), et tout le temps, les routiers sont chez eux. Passés le portique, les voilà qui s’étalent sur un vaste parking, sans un regard pour les Courtepaille, Buffalo Grill et autre Pataterie alignés non loin. La journée s’achève, et quarante camions ont déjà pris place. La plupart sont immatriculés en France, en Estonie et au Portugal. Parmi eux, deux beaux 44-tonnes blanc et bleu, disposés côte à côte.

L’Escale depuis le parking.
Les routiers ici sont chez eux et peuvent profiter de douches à l’italienne misent à leur disposition.

Ceux d’Audrey, 28 ans, recrutée par son transporteur il y a deux semaines, et d’Alain, 63 ans, routier retraité qui rempile pour un contrat de quatre mois. « C’est un secteur en tension et j’avais une toiture à refaire. Cela va payer les ardoises. » Pour le compte d’une enseigne de la grande distribution, les deux ont transporté du poisson depuis la criée de Lorient (Morbihan) jusqu’à un entrepôt de Bourges. Un nouveau chargement, dont ils ignorent le contenu, les attend demain après-midi, à Tours.

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« Avant, j’étais chauffeur relais, mes horaires étaient fixes, mais je n’avais pas de camion attitré et personne ne nettoyait les cabines, explique Audrey. Avec le Covid19, cela m’angoissait beaucoup. Alors j’ai vite changé de boîte pour conduire mon poids lourd à moi. » Son baptême du feu a été le transport de carcasses de porc vers une usine de Saint-Pol-sur-Ternoise (Pas-de-Calais), d’où sortent, chaque année, 18 000 tonnes de charcuterie.

’Escale se divise en deux parties. La brasserie, près du bar et le restaurant gastronomique, avec des pièces à part pour les mariages et les séminaires.

L’Escale, fermé trois mois pendant le confinement, se divise en deux parties. La brasserie, près du bar et des douches à l’italienne, et le restaurant gastronomique, avec des pièces à part pour les mariages et les séminaires. Ici, les distributeurs de spray hydroalcoolique sont partout et le port du masque obligatoire depuis la réouverture du restaurant, début juin. Les serveurs suivent un parcours fléché pour ne pas se croiser.

Le zinc étincelant de Franck Jouanot, barman employé depuis 1996, est protégé par 6 mètres de Plexiglas, avec quelques ouvertures pour y glisser un pichet de rosé, un café ou un terminal de paiement. A la table 45, sous un écran plat bloqué sur Arte, deux jeunes routiers russes photographient leur menu. « En fait, ils le scannent pour le lire par le biais d’une application de traduction », dit en chuchotant un serveur. La joue de bœuf braisée à la sévillane les intrigue beaucoup.

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