Economie

La Dordogne attend les Néerlandais mais pas seulement…

Le camping possede un acces direct a la riviere Vezere. Les residents peuvent y naviguer n'ont que quelques metres a faire pour se jeter a l'eau.

Loic Mazalrey pour Le Monde

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Publié aujourd’hui à 11h16

Dans les commerces du Périgord, on n’a pas attendu le Conseil européen et Mark Rutte pour le savoir : les Néerlandais seraient radins, frugaux, appelez cela comme vous le voulez, mais « c’est dans notre culture d’être près de nos sous », résume leur concitoyenne Helena Schepers, propriétaire de camping. Il n’empêche : la Dordogne n’est pas fâchée de les revoir. Dans ce département où le tourisme représente un cinquième du produit intérieur brut, on a guetté plus qu’ailleurs la réouverture des frontières. Particulièrement dans les quelque 230 campings, où les Néerlandais, qui représentent la première clientèle étrangère – avec 40 % des nuitées – aiment planter leurs tentes pour parfois plusieurs semaines.

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Au printemps, les structures néerlandophones ont vu les annulations se multiplier et pris leurs précautions, dans l’hypothèse d’une saison blanche. Au camping Le Clou, 120 emplacements, les couples Stal et Heerink ont annulé quelques investissements et obtenu un prêt par la Banque publique d’investissement. Il ne sera peut-être pas nécessaire. En bataillons, certes réduits, leurs compatriotes ont fini, samedi après samedi, par arriver dans l’une de leurs régions préférées de France : ensoleillée, riche en châteaux, et accessible en une journée de route.

Au camping Le Paradis, à Saint-Léon-sur-Vézère, le 16 juillet.

La chronologie des faits raconte une étrange période où la parole gouvernementale fut de nouveau attendue, écoutée et suivie. Tous les propriétaires néerlandais de campings racontent la vague d’annulations qui a suivi une déclaration du secrétaire d’Etat au tourisme Jean-Baptiste Lemoyne, affirmant que « les Français pourraient partir en France » – la presse locale a compris que le pays serait fermé aux étrangers. Le secrétaire d’Etat a dû se rendre aux Pays-Bas pour implorer les locaux de retrouver l’Hexagone ; Mark Rutte, de son côté, n’était pas pressé de dire à ses concitoyens qu’ils pourraient quitter le pays pour leurs vacances. « Heureusement qu’il n’y a pas assez de lits aux Pays-Bas pour accueillir tous les touristes néerlandais, et que la météo est ce qu’elle est », soupire Karin Heerink, au camping Le Clou, où on parle la langue de Johan Cruyff depuis 1976.

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Diversifier sa clientèle

Ce week-end du 18 juillet, le camping est plein à 40 %. C’est un peu rageant quand il était intégralement réservé dès le mois de février en temps normal, mais la saison s’annonce meilleure que ce qui était envisagé. Tout de même, constate son mari, Luuk, « tout est différent ». Il voit notamment la réticence de ses clients à quitter l’enceinte du camping et à frôler des corps au restaurant ou dans les grottes. « Et les Néerlandais ont beaucoup de mal avec les masques. »

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