Economie

Dette, écoles, logement, transports… les défis de Michèle Rubirola pour « raccommoder Marseille »

Michèle Rubirola, après son élection, à Marseille, le 4 juillet 2020.

Faire de Marseille une ville « plus verte, plus juste, plus démocratique » et « réduire la fracture territoriale » entre les quartiers nord et le reste des secteurs. Dans son premier discours de maire prononcé le 4 juillet, Michèle Rubirola a affiché son ambition pour les six années de mandat du Printemps marseillais. « Nous allons démontrer qu’il n’y a dans cette ville aucune fatalité », promet l’élue écologiste, portée au pouvoir à la tête de cette coalition de gauche et citoyenne.

Médecin pour l’Assurance-maladie, exerçant dans le quartier populaire de la Rose, la nouvelle maire de Marseille, 63 ans, connaît parfaitement les difficultés des populations précaires de la ville. Elle sait aussi qu’elle hérite d’une ville lourdement endettée – 1,7 milliard en 2018 – dont la gestion a été critiquée par un récent rapport de la chambre régionale des comptes.

Le maire sortant, Jean-Claude Gaudin (Les Républicains), s’en défend toujours avec force, mais ses choix politiques, en vingt-cinq années de pouvoir, ont creusé les inégalités. Les écoles primaires s’avèrent plus dégradées dans le nord que dans le sud. Plus d’un quart de la population, concentrée géographiquement au centre et dans les quartiers nord, vit sous le seuil de pauvreté.

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La crise du logement indigne, révélée par la catastrophe de la rue d’Aubagne et ses 8 morts, le 5 novembre 2018, a démontré les responsabilités politiques dans l’état d’urgence d’une partie du parc immobilier.

La pandémie de Covid-19 a rendu cette fracture entre les deux Marseille encore plus lisible, poussant associations et bénévoles à multiplier les initiatives pour soutenir les plus démunis.

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Le Printemps marseillais a puisé une partie de son dynamisme dans les luttes citoyennes menées contre le logement indigne et le délabrement des écoles municipales. Mais sa promesse de « raccommoder Marseille » ne lui a pas apporté mécaniquement le vote des populations précaires. Les électeurs de Michèle Rubirola se trouvent majoritairement au centre et au sud de la ville.

Résultats du second tour des élections municipales 2020 à Marseille.

Les deux secteurs du nord les plus touchés par la fracture territoriale ont choisi d’autres candidats. Le général de gendarmerie David Galtier, à la tête d’une liste LR, vainqueur du Rassemblement national dans le 7secteur. Et l’ex-PS Samia Ghali dans le 8secteur, où le Printemps marseillais échoue de 400 voix. L’alliance avec la sénatrice, qui se pose en porte-parole des quartiers nord de Marseille et constitue une véritable force électorale dans ces territoires, est venue offrir une majorité de conseillers municipaux au Printemps marseillais le 4 juillet. Mais elle renforce aussi sa légitimité dans ces arrondissements où l’abstention dépasse 70 %.

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