Economie

des collectivités locales en quête de « résilience » alimentaire

Un producteur de fruits et légumes prépare des paniers, le 25 mars, à Sayat (Puy-de-Dôme).

« Développer une alimentation de qualité, locale, accessible dans toutes les villes et villages de France ». Le premier ministre, Jean Castex, en a fait, avec le développement des « circuits courts », l’un des axes de sa déclaration de politique générale, prononcée mercredi 15 juillet, devant les députés.

Sur le terrain, plusieurs collectivités ont pris les devants. Certaines, qui visent un degré élevé d’autonomie ou de « résilience » alimentaire, ont été confortées dans leurs choix par la crise liée au Covid-19. Depuis un an, la politique en la matière du Grand Angoulême a ainsi pris une tournure nouvelle. « L’objectif, dans les cinq ans à venir, est de nourrir 150 000 habitants en étant capable de résister à des aléas climatiques, à une crise sanitaire ou économique, à la fin du pétrole… C’est faisable, on a les terres et les savoir-faire pour ça », résume Jean-François Dauré, président de cette intercommunalité, qui mène, depuis 2015, un « projet alimentaire territorial ».

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La collectivité a fait son calcul. Théoriquement, elle peut prétendre à l’autosuffisance alimentaire grâce à ses 30 000 hectares de surface agricole, à condition de jouer sur certaines variables : par exemple, en réduisant de moitié sa consommation de viande.

Mais bien d’autres questions se cachent derrière celle du foncier : où partent les flux de céréales produits sur le territoire ? Y a-t-il assez de moulins, de pressoirs ? Comment produire plus de fruits, ou lancer une filière de protéines végétales ?

Pour avancer dans ce vaste chantier, le Grand Angoulême se fait accompagner par Les Greniers d’abondance. Cette jeune association, fondée en 2018, a fait de la résilience alimentaire locale son cheval de bataille. « On est partis du constat que les politiques actuelles ne pourront pas éviter des phénomènes de rupture, sur les plans écologique, climatique ou énergétique. Il faut donc anticiper et adapter nos systèmes alimentaires, qui ont une fonction vitale », explique l’un des deux fondateurs, Arthur Grimonpont. « L’objectif est d’atteindre une certaine autonomie dans les territoires pour assurer une sécurité alimentaire de base en cas de perturbations fortes », poursuit son acolyte, Félix Lallemand.

Une question encore émergente

Les deux cofondateurs, l’un ingénieur en aménagement du territoire, l’autre biologiste, se sont rencontrés dans les rangs du Shift Project, un centre de réflexion consacré à la réduction de la dépendance aux énergies fossiles.

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