Economie

L’Allemagne, en alerte, barricade sa frontière avec la Pologne

Un sanglier en Pologne, où 30 000 cochons de deux exploitations ont été abattus au printemps.

Outre-Rhin, un virus peut en cacher un autre. Après avoir fait face à la crise sanitaire liée à la Covid-19, l’Allemagne s’inquiète désormais de la progression de la peste porcine africaine (PPA) à ses portes. Inoffensive pour les humains, cette maladie est fatale aux porcs d’élevage et autres sangliers. L’épizootie sévit depuis plusieurs années dans huit pays d’Europe centrale et orientale, ainsi qu’en Belgique, et se rapproche, inexorablement, des frontières allemandes : depuis janvier, plusieurs carcasses de sangliers infectés ont été retrouvées dans l’ouest de la Pologne, à moins de vingt kilomètres de la Neisse, la rivière frontalière. Le virus a aussi contaminé des élevages, nécessitant l’abattage de plus de 30 000 cochons dans deux exploitations de Pologne occidentale au printemps.

L’heure est donc grave. Soucieuses d’empêcher d’éventuels animaux sauvages atteints par la maladie d’entrer sur le territoire allemand, les trois régions frontalières avec la Pologne se barricadent. Lundi 13 juillet, les autorités du Land du Mecklembourg-Poméranie-Occidentale annonçaient la construction d’une clôture, haute de 1,50 mètre et longue de 62 kilomètres, qui suivra le tracé de la frontière.

« La barrière frontalière fait partie de notre batterie de mesures préventives », Till Backhaus, ministre de l’agriculture du Mecklembourg-Poméranie-Occidentale

« Le Mecklembourg-Poméranie-Occidentale se prépare activement depuis des mois pour éviter le pire », affirmait Till Backhaus, ministre de l’agriculture du Land. « La barrière frontalière fait partie de notre batterie de mesures préventives ». A terme, cette structure prolongera les quelque 248 kilomètres de clôtures, partiellement électrifiées, que les autorités régionales du Brandebourg et de Saxe ont déjà érigées depuis le début de l’année le long de la ligne Oder-Neisse.

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Mais certains estiment qu’il faut aller plus loin. Vendredi 3 juillet, le Bundesrat (chambre haute du Parlement allemand) se prononçait en faveur de l’érection d’une structure permanente, plus robuste que les frêles barrières actuellement en place ou en construction. Le DBV, la confédération paysanne allemande, applaudit. « Les protections temporaires ne sont pas à la hauteur », assurait au magazine Der Spiegel Werner Schwarz, vice-président du DBV. « Le Bundestag [chambre basse du Parlement] doit approuver en toute urgence le projet de clôture permanente », implorait M. Schwarz. Les travaux de construction pourraient débuter à l’automne.

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