Economie

Pour sortir de la crise économique, l’Inde parie sur le charbon

Le premier ministre indien, Narendra Modi, à Brasilia, en novembre 2019.

L’Inde donne un coup d’accélérateur à l’exploitation du charbon, source majeure de pollution et puissant contributeur au réchauffement climatique. Le 18 juin, le gouvernement a procédé à la mise aux enchères de 41 gisements de charbon à des fins d’exploitation commerciale. L’opération, ouverte aux entreprises nationales et internationales, vise à stimuler les investissements privés dans ce secteur pour augmenter la production et contribuer à assurer l’autosuffisance du pays, maître-mot du premier ministre depuis la pandémie. Le sous-continent, qui dispose des quatrièmes plus grandes réserves de la planète, produit actuellement 730 millions de tonnes de charbon, mais en importe 240 millions. Narendra Modi espère créer près de 300 000 emplois et générer plus de 4 milliards de dollars d’investissement.

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Pressé de relancer l’économie, le gouvernement ne s’est embarrassé d’aucun préalable : il n’a pas informé les régions concernées de l’opération, l’Orissa, le Jharkhand, le Madhya Pradesh, le Maharashtra et le Chhattisgarh. Pourtant, plusieurs de ces mines sont situées dans des zones forestières précieuses et riches en biodiversité. Les responsables régionaux sont furieux.

Déplacement des populations

Le chef du gouvernement du Jharkhand, un territoire qui possède 26 % des gisements du pays mais surtout qui abrite de gigantesques forêts où vivent de nombreuses tribus conteste l’opération et pourfend le « mépris du gouvernement central ». Hemant Soren, a d’abord écrit au premier ministre, Narendra Modi, pour demander un moratoire de la vente et une « évaluation équitable » de l’impact social et environnemental sur les populations tribales et les forêts. Il redoute un déplacement massif des populations des forêts.

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Puis, il a saisi la Cour suprême pour faire annuler la décision du gouvernement. Son avocat fait valoir que l’exploitation minière dévasterait la population tribale au moment, souligne-t-il, où le monde se détourne de ce combustible et où la pandémie diminue les besoins électriques et de charbon. L’ancien ministre fédéral des forêts et de l’environnement, Jairam Ramesh, membre du Congrès, le parti d’opposition, demande également l’annulation de la vente.

Parallèlement à cette libéralisation du secteur, une autre décision inquiète les défenseurs de l’environnement : fin mai, le ministère de l’environnement a mis un terme à l’obligation de lavage du charbon pour l’approvisionnement des centrales thermiques, imposée il y a cinq ans. Cette technique permettait de réduire substantiellement les rejets polluants dans l’atmosphère et de protéger la santé de millions d’Indiens.

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