Economie

l’opération déminage de Jean Castex

Le premier ministre, Jean Castex, lors d’une réunion avec les partenaires sociaux à l’Hôtel Matignon à Paris, le 17 juillet.

Jean Castex soigne sa cote de popularité chez les syndicats et le patronat. Lors d’une rencontre, vendredi 17 juillet, à l’hôtel Matignon, le premier ministre leur a donné satisfaction sur deux dossiers majeurs : les retraites et l’assurance-chômage. Les partenaires sociaux étaient contre l’idée de se pencher, cet été, sur le déficit des régimes de pensions ? Qu’à cela ne tienne, a tranché le chef du gouvernement, le sujet sera abordé plus tard – au dernier trimestre 2020. Les organisations de salariés jugeaient injuste et inadapté le nouveau dispositif d’indemnisation des demandeurs d’emploi ? Message bien reçu, a répondu le successeur d’Edouard Philippe : son entrée en application va être différée à 2021.

Ces deux décisions témoignent d’un état d’esprit qui a été salué par les interlocuteurs de M. Castex, à l’issue de la réunion. Laurent Berger, le leader de la CFDT, y a vu la preuve que le premier ministre croit, avec « sincérité », dans les vertus du « dialogue social ». « Changement de ton », a constaté, de son côté, Yves Veyrier, le secrétaire général de FO.

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« Je suis assez positif dans mon appréciation », confie François Hommeril, ce qui mérite d’être relevé, car le président de la CFE-CGC exprime souvent des critiques âpres à l’égard du pouvoir en place. A ses yeux, le chef du gouvernement fait preuve d’un « pragmatisme » bienvenu en laissant aux acteurs sociaux « un peu de temps pour réfléchir » : « J’aime bien cette méthode-là. » Laurent Munerot, le nouveau dirigeant de l’Union des entreprises de proximité (U2P), s’est également réjoui de « l’écoute » dont lui et ses homologues ont bénéficié, vendredi.

Le sujet des retraites repoussé

A maintes reprises depuis début juillet, les responsables syndicaux et patronaux avaient mis en garde l’exécutif. Pour eux, la volonté récemment exprimée par Emmanuel Macron de s’attaquer, dès cet été, aux problèmes financiers des caisses de retraite était inopportune. « On ne va pas se remettre à se foutre sur la gueule sur [cette] question », avait lancé M. Berger, en faisant allusion à la longue grève dans les transports, fin 2019, début 2020, contre le projet d’un système universel de pensions. Le sujet, hautement inflammable, est donc repoussé, afin de se concentrer sur la priorité du moment : la lutte « contre la crise » et la relance de la « croissance économique », comme l’a indiqué, vendredi, M. Castex.

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