Economie

« Le cuivre, métal brûlant chauffé par la spéculation »

Le gisement d’El Teniente, la plus grande mine souterraine de cuivre du monde, au Chili, en avril 2019.

Matières premières. Un retour en fanfare… Le cours du cuivre bénéficie, depuis avril, du souffle chaud de la spéculation. Il se négocie aujourd’hui à plus de 6 500 dollars (5 700 euros) la tonne, soit un rebond de près de 50 % comparé à son trou d’air de mars. Il dépasse même son niveau de début d’année. Le cuivre, métal brûlant…

Pourtant, la vente à la criée du London Metal Exchange (LME) est toujours muette. Le « Ring », cette institution londonienne où les opérateurs donnent de la voix pour négocier aluminium, cuivre ou cobalt, et dont l’activité n’avait jamais été interrompue depuis la seconde guerre mondiale, a mis la sourdine, lundi 23 mars. La crise liée au Covid-19 a contraint les vendeurs à ne plus s’époumoner et à basculer vers des transactions entièrement numérisées. Et si, le 4 juillet, les Britanniques ont retrouvé le chemin des pubs, la vente à la criée du LME, elle, n’est toujours pas déconfinée.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Les matières premières ont beaucoup souffert de la crise économique due au coronavirus

Il n’empêche. Même mezza voce, les acheteurs se sont fait entendre et le cours du cuivre a été regonflé. Or, le métal rouge est considéré comme un thermomètre de l’économie mondiale, du fait de ses multiples usages industriels, du bâtiment à la construction automobile. Est-ce à dire que la crise due au coronavirus est passée sans laisser de trace dans les entreprises ? Que le pouls de l’économie bat sans baisse de régime ? Une telle extrapolation serait excessive, voire aurait valeur de vœu pieu.

Les mines contraintes de tourner au ralenti

En fait, les spéculateurs ont misé moins sur une demande en forte croissance du métal rouge – même si la Chine a remis en marche ses usines avec un temps d’avance et repris ses emplettes de métaux à un rythme soutenu – que sur une baisse de l’offre. La diffusion du virus en Amérique du Sud, en particulier au Chili, dont les sous-sols livrent un quart des ressources mondiales de ce minerai, a fait surgir des craintes.

Plus la maladie se propageait parmi les employés, plus les mines étaient contraintes de tourner au ralenti. Toutefois, les mesures de confinement sélectif prises par le pays, ainsi que les protocoles sanitaires en place dans les entreprises, semblent avoir freiné le virus. De même, les investisseurs auscultent la vitesse de redémarrage de l’extraction dans les mines péruviennes, mises un temps en veilleuse. Les risques de grève qui perturberaient les approvisionnements sont également scrutés à la loupe.

La montée rapide du cours du cuivre pourrait donc s’essouffler au moindre signe d’une balance excédentaire entre l’offre et la demande. Que les mines se remettent à turbiner à plein gaz ou que l’économie mondiale peine à panser les plaies du confinement. A cet égard, le sommet de Bruxelles, qui s’est ouvert vendredi 17 juillet, est crucial. Même s’il a des propriétés antiseptiques, le cuivre n’est pas immunisé contre les effets du coronavirus. Et quand le métal rougeoie, on peut se brûler les doigts…

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