Economie

La crise ébranle l’économie chypriote, en quête de diversification

Un hôtel fermé, à Ayia Napa, sur la côte sud-est de Chypre, le 10 mai.

Lors de la dernière crise, cette petite île au large des côtes turques s’est trouvée au cœur de l’ouragan qui a secoué le système bancaire européen. Aujourd’hui, l’économie chypriote vacille de nouveau, sous l’effet des conséquences de la pandémie de Covid-19. Comme la Croatie, le Portugal et la Grèce, où le tourisme pèse près de 20 % du produit intérieur brut (PIB), elle subit de plein fouet l’effondrement du trafic aérien et les restrictions de voyages.

Mercredi 15 juillet, le président de l’association des hôteliers de Limassol, Charis Theocharous, a imploré le gouvernement d’offrir, dès l’aéroport, un dépistage gratuit du coronavirus aux Britanniques, toujours interdits d’accès à l’île (1,2 million d’habitants), alors qu’ils représentent le plus gros bataillon de touristes débarquant chaque année.

La veille, le vice-ministre du tourisme, Savvas Perdios, avait créé l’émoi dans le secteur, en reconnaissant que le pays accueillerait probablement moins de 25 % des visiteurs étrangers reçus en 2019 (3,9 millions de personnes). « Pour nous, comme pour l’ensemble de l’Europe, les conséquences de cette crise seront désastreuses », résume Andreas Theophanous, professeur d’économie politique à l’université de Nicosie.

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Selon la Commission européenne, le PIB de Chypre, divisée en deux depuis l’invasion, en 1974, de sa partie nord par la Turquie, devrait reculer de 7,7 % en 2020, après 3,2 % de croissance en 2019. La dette publique, elle, devrait bondir et passer de 95,5 % à 115,7 % du PIB. D’après les chiffres officiels publiés mercredi, les exportations ont baissé de 14,9 % entre janvier et mai, et elles devraient chuter de 21,8 % sur l’ensemble de l’année.

Ce douloureux plongeon rappelle les années difficiles traversées par l’île d’Aphrodite lors de la dernière crise. En mars 2013, dans le sillage de la spéculation sur les dettes européennes, son système bancaire hypertrophié, grand comme six fois le PIB, avait explosé. Ses partenaires européens redoutaient alors une réaction en chaîne, susceptible de faire tomber les banques du sud de l’Europe comme des dominos. En effet, nombre d’établissements financiers chypriotes possédaient des filiales en Grèce, à l’époque en pleine récession.

Strictes mesures de rigueur

Afin d’éviter le pire, Nicosie a été contraint de solliciter l’aide de la troïka (Fonds monétaire international, Commission européenne, Banque centrale européenne). En échange d’un prêt de 10 milliards d’euros (le pays n’en utilisera finalement que 7,5 milliards), le secteur bancaire a été restructuré. La zone euro en a profité pour tester grandeur nature les nouvelles règles de renflouement interne des banques (« bail-in ») qui, depuis, s’appliquent à l’ensemble des pays membres.

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