Economie

Secouées par la crise sanitaire, les industries techniques du cinéma font grise mine

Devant le cinéma Max Linder Panorama, à  Paris, le 18 juin.

L’écosystème caché du cinéma, toutes ces entreprises hexagonales nécessaires à la fabrication d’un film (location des décors, des studios et des caméras, tournage, animation 3D, postproduction, effets spéciaux, doublage, sous-titrage…), fait grise mine. Et pour cause : il devrait afficher en moyenne une perte d’activité de 48 % entre la mi-mars et la fin de l’année. Telle est la conclusion de la première estimation effectuée par la Fédération des industries du cinéma, de l’audiovisuel et du multimédia (Ficam). Sur 2020, en raison d’un premier trimestre peu bouleversé par la pandémie, la chute du chiffre d’affaires devrait être lissée à 38 %.

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Employant 16 000 intermittents et 7 000 permanents, les 250 entreprises actives dans ces industries techniques du son et de l’image représentaient environ 1,1 milliard d’euros de chiffre d’affaires en 2018, selon Jean-Yves Mirski, délégué général de la Ficam. Du fait d’une concurrence accrue, ce chiffre a baissé au cours des deux dernières années.

« Les prêts garantis par l’Etat [PGE] ont été très difficiles à obtenir, et la moitié des entreprises du secteur se sont heurtées à des refus de leurs banques, faute de trésorerie », explique M. Mirski. Alertés par le Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC), les pouvoirs publics ont d’ailleurs pris la décision de doubler les fonds spécifiques de l’Institut pour le financement du cinéma et des industries culturelles, de 100 à 200 millions d’euros, qui seront destinés aux prêts aux entreprises de la culture.

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Première victime de la crise sanitaire, Ymagis, spécialisé dans les services aux salles de cinéma et le traitement de l’image et du son, a déposé le bilan, le 1er juillet. Le groupe, fort de 750 salariés dans le monde (dont 250 en France), avait pourtant rééchelonné sa dette et l’avait divisée par deux fin 2019, à 26,8 millions d’euros. Son implantation internationale ne l’a pas non plus aidé, puisque les salles de cinéma et les tournages ont été mis à l’arrêt au moins trois mois sur toute la planète.

« Un redémarrage par à-coups »

Jean Mizrahi, le PDG d’Ymagis, s’est vu refuser trois fois de suite un accord de ses banques (la Société générale, le CIC, HSBC ou encore la Banque Palatine), qui n’ont pas voulu le soutenir dans sa demande de PGE. Le tribunal de commerce de Paris devait recevoir les offres de reprise vendredi 17 juillet.

D’après Jean-Yves Mirski, les industries techniques du cinéma et de l’audiovisuel n’affrontent pas la vague pandémique simultanément, mais avec un décalage de plusieurs mois par rapport aux autres secteurs. C’est pourquoi il réclame au gouvernement une exonération des charges plus étalée dans le temps – jusqu’à janvier 2021 – pour ces PME.

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