Economie

Pompili avance ses pions pour un moratoire sur les entrepôts d’e-commerce

La ministre de l’environnement, Barbara Pompili, arrive à Matignon, à Paris, le 17 juillet.

Faut-il imposer un moratoire sur les ouvertures d’entrepôts d’e-commerce comme ceux d’Amazon ? La ministre de l’environnement, Barbara Pompili, y est favorable sur le principe. Elle souhaite lancer une mission parlementaire pour évaluer les impacts sur l’emploi et sur l’environnement d’une telle mesure. Le moratoire commencerait-il seulement à l’issue de la mission ou dès sa création ? La question est encore en débat, fait-on valoir à son cabinet, vendredi 17 juillet.

Dans tous les cas, la mise en œuvre de ce gel temporaire des implantations d’entrepôts de vente en ligne serait « découplée » du moratoire sur les nouvelles grandes surfaces commerciales issu de la convention citoyenne sur le climat. « Il y a une question de cohérence entre les deux mesures, car toutes deux sont liées à la lutte contre l’artificialisation des sols et à la défense des petits commerces de centre-ville. Mais elles n’ont pas les mêmes impacts et pas le même degré d’avancement. Il ne faudrait pas donner le sentiment qu’on ralentit la mesure sur les surfaces commerciales », argumente-t-on.

Un « débat légitime »

Le moratoire sur les grandes surfaces est l’une des 150 propositions de la convention citoyenne et elle a été explicitement endossée par Emmanuel Macron et Jean Castex. Sa mise en pratique doit être discutée lors du conseil de défense écologique prévu d’ici fin juillet.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Barbara Pompili, une écologiste ralliée à la Macronie

La position de Mme Pompili – déjà évoquée vendredi matin par RTL – est officiellement soutenue par le premier ministre, Jean Castex. Ce dernier, sans se prononcer explicitement sur un moratoire, est ouvert à l’idée de faire avancer la réflexion sur le sujet. Du côté de Bruno Le Maire, on estime aussi le « débat légitime ». Le ministre de l’économie partage l’objectif de lutte contre l’artificialisation des sols et se dit ouvert, par exemple, à l’idée de privilégier l’utilisation de terrains déjà construits ou en friche, pour l’installation d’entrepôts d’e-commerce. La « réflexion » doit se poursuivre la semaine prochaine, avec notamment une réunion entre Barbara Pompili et Bruno Le Maire.

« La vraie raison de l’hésitation du gouvernement est la puissance d’Amazon et d’Alibaba », Alma Dufour, chargée de campagne de l’association Les Amis de la terre

Si le gouvernement s’emploie à afficher une certaine unité sur la question, le débat n’a rien d’une évidence pour l’exécutif : avant le remaniement, Bruno Le Maire s’était montré défavorable à l’idée d’un moratoire sur les entrepôts d’e-commerce, au nom notamment de la compétitivité et de l’emploi. Si on interdisait à Amazon de s’implanter en France, la multinationale pourrait toujours installer des sites dans les pays voisins et continuer à livrer en France, comme elle l’a fait pendant le confinement, malgré la fermeture de ses entrepôts français, argumentait son cabinet. La secrétaire d’Etat Agnès Pannier-Runacher était sur la même ligne.

Il vous reste 41.55% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.


Source link

Afficher plus

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page