Economie

Le Jura, destination privilégiée du tourisme de proximité

DOMAINE DE CHALAIN, CAMPING, AQUAPARC ET PLAGE, LAC DE CHALAIN, JURA, 16 JUILLET 2020

RAPHAËL HELLE / SIGNATURES POUR « LE MONDE »

Par

Publié aujourd’hui à 05h22, mis à jour à 05h24

Sur un kilomètre, dans la descente qui mène au Domaine de Chalain, plus vaste complexe d’hôtellerie de plein air du Jura avec 700 emplacements dont 60 % pour le camping-caravaning et 40 % de chalets, fermettes et mobil-homes, des voitures sont garées pare-choc contre pare-choc. Celles des touristes « à la journée » qui rejoignent à pied le lac qu’on devine de l’autre côté du chemin, à demi masqué par un rideau d’arbres. Premières barrières franchies : le parking privé du site affiche, lui aussi, complet. La plupart des immatriculations sont françaises. « C’est notre clientèle à 80 %. Beaucoup d’étrangers ne sont pas là », remarque Ralph Geldreich, le directeur de cet ensemble en régie départementale.

Sur la plage du lac de Chalain, dans le Jura, le 16 juillet.

Quand le Covid-19 s’est répandu, l’homme au physique sportif a craint le pire. « Avant la pandémie, nous avions un taux de réservation supérieur de 30 % à l’an passé mais, durant le confinement, nous avons enregistré 1 000 annulations. A la réouverture, nous avons été rassurés, car une nouvelle clientèle s’est manifestée, venue surtout des alentours : le Lyonnais, les Vosges, la Bourgogne-Franche-Comté. Des demandes de dernier moment pour des séjours courts. Mais les Néerlandais, 55 % de nos habitués, ne représentent cette saison que 16 % des 20 % d’étrangers accueillis. » Cette tendance, Etienne Pascal, président de la fédération régionale de l’hôtellerie de plein air, l’a observée dans son camping de la Roche d’Ully, à Ornans, l’une des portes d’entrée du massif du Jura qui déborde sur le Doubs et l’Ain.

« Etonnamment, ces clients, bien que de proximité, nous posaient des questions sur les activités de loisirs, les sites et monuments. Ils ne connaissaient pas le potentiel touristique de leur propre région. » Etienne Pascal, président de la fédération régionale de l’hôtellerie de plein air

« Il nous a fallu, face au nombre d’appels et de mails, doubler notre effectif d’accueil, raconte-t-il. Le gros des demandes portait sur du locatif. Les gens voulaient éviter la promiscuité. Etonnamment, ces clients, bien que de proximité, nous posaient des questions sur les activités de loisirs, les sites et monuments. Ils ne connaissaient pas le potentiel touristique de leur propre région. » L’autre constat d’Etienne Pascal, c’est l’inquiétude persistante des seniors, qui hésitent à s’éloigner de leur domicile. « Nous avons plus de jeunes, énormément de moins de trente ans, des familles avec des enfants en bas âge. Il y a une sorte d’effet tribu, d’envie de se retrouver entre soi. Les plus âgés attendent de voir comment la situation va évoluer. »

Il vous reste 51.72% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.


Source link

Afficher plus

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page