Economie

avec le Covid-19, un été placé sous le sceau de l’imprévu

Un circuit touristique pour observer les fonds marins, avec port du masque obligatoire, au Cap d’Agde (Hérault), le 8 juillet.

C’est un mois de juillet pas comme les autres, la preuve : les Français font ce qu’on leur a dit de faire. « Partez en France ! », leur avait enjoint le gouvernement, dans l’espoir de sauver la filière touristique et ses emplois ; et, le long week-end du 14-Juillet, les stations balnéaires ont vu déferler les claquettes et parasols d’estivants ne regardant pas à la dépense. Records de fréquentation battus sur les côtes bretonnes ou dans le bassin d’Arcachon, le besoin d’embruns l’emportant sur la peur de la foule.

Déprimés début juin, inquiets pour leur survie en l’absence de réservations, beaucoup de professionnels du tourisme affichent un regain d’optimisme pour l’été. Mathématiquement, les 9 millions de Français qui partent habituellement à l’étranger ne compenseront pas l’absence de la majeure partie des 17 millions d’étrangers ; mais le désir de quitter son domicile après la crise sanitaire, ne serait-ce que vingt-quatre heures, semble bien là.

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Il ne profite pas à tous, et les professionnels gardent une prudence de Sioux : la moindre recrudescence de l’épidémie de Covid-19 est susceptible de tout renverser, sachant qu’un nombre très élevé de séjours s’organisent à la dernière minute. Tour d’horizon des tendances d’une saison touristique imprévisible et marquée par la crise sanitaire.

  • La crise économique pèse déjà

Les nombreuses enquêtes d’opinion effectuées au mois de juin l’attestent : les intentions de départ en vacances ont baissé par rapport aux années précédentes. Selon une étude de 2015 du ministère de l’économie, 45 % des Français ne sont pas concernés par les longs séjours estivaux (au moins quatre nuits). Ce chiffre devrait augmenter sensiblement cette année.

Michel Durrieu, à la tête du comité régional du tourisme (CRT) en Nouvelle-Aquitaine, fait un calcul simple : « Les familles mettent 16 % de leurs revenus pour les loisirs et vacances. Or, beaucoup de salariés, au chômage partiel, n’ont touché que 84 % de leurs revenus. C’est un hasard malheureux, mais qui fait que ceux-là ne pourront plus se payer de vacances. » Pour offrir un temps de repos à ceux mobilisés pendant la crise liée au Covid-19, plusieurs régions ont distribué des chèques-vacances à dépenser localement.

En première ligne du tourisme social, les Villages Vacances (VVF) constatent « un effondrement de la demande émanant des foyers les plus fragiles en termes de pouvoir d’achat, au revenu mensuel inférieur à 2 000 euros ». « On commence à voir une fracture sur le droit aux vacances, s’inquiète Stéphane Le Bihan, directeur général de VVF. Les familles en difficulté font des arbitrages sur la durée et la typologie de destinations. »

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