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fusion signée, toutes les infos et les chiffres

La fusion a désormais un nom. Les groupes PSA et FCA ont annoncé mercredi 15 juillet que la structure qui regroupera les deux géants automobiles sera nommée Stellantis. PSA (Peugeot – Citroën – Opel) et FCA (Fiat – Chrysler, Jeep…) avaient fait part en octobre dernier leur volonté d’établir une société commune, donnant ainsi naissance au quatrième groupe automobile mondial, avec près de 9 millions de véhicules produits l’an dernier et une valorisation boursière de 50 milliards de dollars.

Un accord a été signé le 18 décembre 2019, définissant le calendrier et la gouvernance du nouvel ensemble. La création de la structure commune sera effective « dans 12 à 15 mois » selon le communiqué officiel, en attendant la validation des gendarmes économiques.

Pour les deux acteurs, il s’agit de réaliser des économies d’échelles en mutualisant les recherches, la conception, les achats, la production et les réseaux. « Les synergies annuelles et progressives sont estimées à approximativement 3,7 milliards d’euros, sans fermeture d’usine » annoncent les deux groupes.

Quatorze marques sont concernées par le rapprochement : Peugeot, Citroën, DS, Opel, Vauxhall, Jeep, Fiat, Ram, Dodge, Chrysler, Alfa Romeo, Lancia, Maserati et Abarth.

Pour PSA, l’opération permet de mondialiser un groupe encore très dépendant de l’Europe, en ouvrant par exemple à Peugeot le marché américain. L’alliance permettrait également d’accéder au juteux marché de Jeep, très à l’aise dans l’univers toujours croissant du SUV. Pour Détroit et Turin, un rapprochement autoriserait un assainissement des finances au contact d’un groupe plus rentable et une amélioration de sa situation sur le Vieux-Continent. Il permettrait également à Fiat – Chrysler de combler son retard en matière de véhicule électrique.

=> Les (douloureuses) aventures des constructeurs français aux Etats-Unis

Dans ce dossier, vous découvrirez quelques chiffres et acteurs essentiels de cette opération. Cet article sera progressivement complété et mis à jour en fonction des dernières infos. 

Dernières actus

Avantages et inconvénients

Ce qu’ils y gagnent :

  • Le partage de plateformes permettra de substantielles économies
  • Très dépendant de l’Europe, PSA pourra bénéficier d’un accès aux marchés américains
  • Les frais de recherche et de production de véhicules électrifiés seront fractionnés
  • Jeep est bien placé sur le créneau porteur des SUV

Les problèmes à résoudre :

  • Certaines marques reculent ou peine à décoller (Alfa Romeo, DS, Chrysler…)
  • Les émissions CO2 de FCA pourraient peser sur les comptes en Europe et en Chine
  • Les deux groupes peinent en Chine, premier marché mondial
  • Les capacités des usines sont supérieures aux besoins
  • Le pilotage de l’alliance, à parité de capital, pourrait être complexe

Les finances

Dans les grandes lignes, PSA est plus « petit », mais plus rentable que le groupe Fiat – Chrysler.

Chiffre d’affaires (2018)

  • Groupe PSA : 74,0 milliards d’euros
  • Fiat Chrysler Automobiles : 110,4 milliards d’euros

Résultats (2018)

  • Groupe PSA : 5,68 milliards d’euros
  • Fiat Chrysler Automobiles : 3,63 milliards d’euros

Les marques

Volumes totaux (2018)

  • Groupe PSA : 3,877 millions de véhicules
  • Fiat Chrysler Automobiles : 4,842 millions de véhicules

Groupe PSA (part dans les volumes du groupe en 2018)

  • Peugeot (45 %)
  • Citroën (27 %)
  • Opel-Vauxhall (27 %)
  • DS (- de 1 %)

La stat’ : 8 voitures et utilitaires légers produits par PSA sur 10 sont commercialisées en Europe, dont deux en France.

=> Succès ou bide ? Les ventes de la gamme Peugeot au crible

Fiat Chrysler Automobiles (part dans les volumes du groupe en 2018)

  • Jeep (34 %)
  • Fiat (30 %)
  • Ram (16 %)
  • Dodge (12 %)
  • Chrysler (4 %)
  • Alfa Romeo (2 %)
  • Lancia (1 %)
  • Maserati (- de 1 %)
  • Abarth (- de 1 %)

La stat’ : les 5 principaux marchés de FCA sont les Etats-Unis (2,2 millions de véhicules), l’Italie (0,5 million), le Brésil (0,4 million) le Canada et la Chine (0,2 million).

Salariés et usines

Dans le communiqué conjoint, les deux groupes ont confirmé leur engagement de ne pas voir de site fermer à l’occasion de ce rapprochement.

Employés (2018)

  • Groupe PSA : 211 013
  • Fiat-Chrysler Automobiles : 198 545

Principales usines d’assemblage

Groupe PSA : Sochaux (France), Saragosse (Espagne), Vigo (Espagne), Trnava (République-Tchèque), Mulhouse (France), Poissy (France), Hordain (France), Rüsselsheim (Allemagne), Gliwice (Pologne), Rennes (France)

Fiat Chrysler Automobiles : Melfi (Italie), Tychy (Pologne), Betim (Brésil), Goiana (Brésil), Brampton (Canada), Saltillo (Mexique), Toluca (Mexique), Bursa (Turquie), Toledo (Mexique), Belvidere (Etats-Unis), Cassino (Italie), Detroit-Jefferson North (Etats-Unis), Turin-Mirafiori (Italie)

Patrons et actionnaires

Carlos Tavares, président de PSA

Né en 1958 à Lisbonne (Portugal), ce centralien est entré chez Renault à l’âge de 23 ans. Ingénieur au centre d’essais d’Aubevoye (Eure) puis chef du projet Mégane 2, il est nommé à la tête des activités américaines de Nissan en 2005. Numéro 2 du losange entre 2011 et 2013, il fut « liquidé » par Carlos Ghosn après avoir déclaré dans la presse : « À un moment donné vous avez l’énergie et l’appétit pour devenir numéro 1 ». Le 1er avril 2014, il prend la tête de PSA. Sa direction est marquée par l’amélioration des comptes, le rachat d’Opel et la montée en gamme de Peugeot.

John Elkann, président de FCA

Né en 1976 à New York, John Elkann est le petit-fils de Gianni Agnelli, patron emblématique de Fiat. Après divers stages dans le groupe familial – on l’a notamment croisé dans une concession à Lille – il est nommé au conseil d’administration du constructeur à 21 ans. Décrit comme discret, voire timide, John Elkann a demandé à Sergio Marchionne de devenir patron du groupe familial à la dérive en 2004. Avec l’homme au pull-over, l’Italien participe au rapprochement avec Chrysler, entamé en 2009. A la mort de Marchionne l’an dernier, il prend les commandes du groupe après avoir dirigé Ferrari et la holding familiale Exor.

Michael Manley, directeur général de FCA

Né en 1964 à Edenbridge (Royaume-Uni), « Mike » Manley a officié dans la vente dans son pays natal pour Renault et Peugeot, avant d’être recruté par Chrysler UK. Repéré par Détroit et transféré aux Etats-Unis en 2003, il dirige les ventes du « pentastar » au moment de son rapprochement avec Turin. Nommé directeur de Jeep en 2009, il triple les immatriculations et décide notamment la création de la marque Ram, à partir des pick-ups Dodge. Il est nommé directeur de FCA au moment du départ de Sergio Marchionne, peu avant son décès. Il est décrit comme « sec » et ouvert aux idées extérieures au monde automobile.

Groupe PSA

  • Marché et institutionnels : 58 %
  • Famille Peugeot : 12 %
  • Dongfeng Motors (constructeur auto chinois) : 12 %
  • BPI France (banque publique d’investissement) : 12 %
  • Salariés : 2 %
  • Autres : 4 %

Fiat-Chrysler Automobiles

  • Marché : 55 %
  • Exor (famille Agnelli) : 29 %
  • Tiger (société d’investissement) : 6 %
  • Harris (société d’investissement) : 4 %
  • Black Rock (société d’investissement) : 3 %
  • Autres : 3 %

Photo de une : Julien Jodry

Sources : Rapports annuels, sites boursiers, FiatGroupWorld

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