Economie

Au Pérou, déconfinement progressif et économie à bout de souffle

Une file d’attente pour recevoir des aides gouvernementales à Iquitos, dans le nord du Pérou, le 15 juin.

Après trois mois et demi de confinement strict pour enrayer la propagation du Covid-19, les Péruviens ne sont pas récompensés de leurs efforts : l’économie est exsangue, le marché de l’emploi en miettes, et le nombre de malades atteint des sommets.

Au total, 333 867 personnes ont été contaminées et 12 229 sont mortes, faisant du Pérou le deuxième pays le plus touché, après le Brésil, en Amérique latine et le sixième au monde en nombre de cas. Un triste record pour un pays de 32 millions d’habitants, qui revendique d’avoir pratiqué plus de tests qu’ailleurs (1 963 000).

Le gouvernement rappelle ad nauseam que la quarantaine, prolongée plusieurs fois depuis le 16 mars et levée mercredi 1er juillet dans la moitié des régions du pays, a permis d’éviter la mort d’au moins 100 000 personnes. Au prix d’un effondrement économique.

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En avril, le produit intérieur brut (PIB) du pays a enregistré une baisse historique de 40,5 % par rapport à la même période de 2019, et les perspectives pour 2020 ne sont pas encourageantes. Selon les projections de la Banque mondiale, le Pérou sera confronté à la pire récession du sous-continent sud-américain, avec une chute de 12 % de son PIB. Une conséquence directe de la « quarantaine, parmi les plus strictes et les plus longues au monde, qui a mis à l’arrêt total des pans entiers de l’économie », observe Pedro Francke, économiste à l’Université catholique du Pérou.

Désorganisation de l’Etat

Les effets sont dévastateurs pour le marché du travail. Rien qu’à Lima, la capitale, plus de 2,3 millions de personnes ont perdu leur emploi pendant le confinement, d’après l’Institut national de la statistique. Des chiffres qui ne prennent même pas en compte le secteur informel, lequel représente 70 % de l’activité économique. C’est dire l’ampleur de la crise qui secoue le pays.

Toutefois, le confinement ne saurait expliquer à lui seul la situation d’un pays dont l’économie a souvent été citée comme un exemple de stabilité par les grandes institutions financières mondiales. « C’est le moment de comprendre que si la stabilité macroéconomique et la discipline fiscale sont importantes et nécessaires, elles ne sont pas suffisantes », estime Hugo Nopo, économiste au sein du Groupe d’analyse pour le développement. « Il fallait investir dans le marché du travail et, surtout, dans le capital humain, pour la santé et l’éducation, où il y a eu un déficit criant d’investissements », ajoute-t-il.

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