Santé

Un adolescent diabétique dans un état grave après avoir suivi des conseils sur Youtube


Après avoir suivi des conseils concernant la santé et le diabète sur YouTube, un adolescent arrête son traitement à l’insuline et passe par la case réanimation. Qui est ce jeune homme ? Qui prodigue ces conseils ? Détails dans cet article.

Jonathan est interne en médecine générale dans un petit centre hospitalier du sud de la France. Dans son service, il voit défiler tous types de patients. Du simple problème social, passant par des problèmes médicaux jusqu’à la fin de vie. Le vendredi 26 juin, Jonathan finit sa pause déjeuner et revient dans l’unité de soin. Cet après-midi-là, le service est bondé. Toutes les chambres de son aile sont occupées par un patient. Sauf une. « Un patient des urgences qui nécessitera une hospitalisation finira sûrement là », pense Jonathan. Ce jour-là, le destin en a décidé autrement. « Jo, on attend une entrée de ton côté cet après-midi », prévient son chef de service. « C’est un jeune qui vient d’un autre centre hospitalier. Il a fait une crise d’acidocétose et est passé en réanimation. Il va mieux et vu qu’ils ont besoin de place, on le prend ». À l’écoute du mot acidocétose, Jonathan a les frissons. C’est qu’une crise d’acidocétose, ce n’est pas rien. Non pris en charge, c’est un aller simple pour le cimetière.

La consultation d’Alexandre

Heureusement, le jeune homme, Alexandre, est toujours en vie même si subir de telles crises, en plus d’être un danger vital, est un véritable calvaire : sensation de malaise, conscience qui décline, douleurs abdominales intenses et vomissements intempestifs. Si l’on ne fait rien, c’est le coma puis le décès. Jonathan entre dans la chambre d’Alexandre. Tout de suite, un climat détendu et apaisé s’installe. Les deux garçons sont de la même génération, et Jonathan voit en Alexandre une personne tout à fait normal pour son âge.

Il discute de tout et de rien pour briser la glace, puis Jonathan amène le sujet sur la maladie d’Alexandre : le diabète de type 1 (DT1). « Il s’est déclaré lorsque j’avais dix-sept ans, raconte Alexandre. J’étais en vacances avec des amis. Tout à coup j’ai eu excessivement soif, puis envie d’uriner, puis encore soif puis envie d’uriner, sans cesse ». Jonathan comprend alors qu’Alexandre a vécu, à ce moment-là, le syndrome cardinal. Le jeune interne précise que « lorsque le diabète se déclenche, votre glycémie [le taux de sucre dans le sang, ndlr] grimpe. Dans le cadre du DT1, les cellules qui produisent l’hormone qui gère ce taux sont détruites par vos cellules immunitaires. Conséquence : vous extrayez le sucre par la seule porte de l’organisme ayant encore la capacité de le faire : les reins, et donc les urines ». Lors de cette soirée, un ami d’Alexandre lâchera sur le ton de l’humour « Ahah, mais tu es diabétique ou quoi ? ». Quelques jours plus tard, Alexandre ne rigolera plus du tout.

Diabète : quelques rappels fondamentaux

Pour celles et ceux qui ne seraient pas familiers avec ce qu’est le diabète, nous avons discuté avec Hugo Paneley, interne en nutrition diabétologie et endocrinologie pour vous le rappeler.

Futura : peux-tu nous expliquer ce qu’est le diabète ?

Hugo Paneley  : Concernant sa physiopathologie, le diabète sucré se caractérise par un taux de sucre trop élevé dans le sang [une hyperglycémie, qui est le principal marqueur diagnostic avec l’hémoglobine glyquée, ndlr] persistant, généralement en lien avec une sécrétion insuffisante d’une hormone appelée insuline. Habituellement, notre taux de sucre est géré par le pancréas, qui, via la sécrétion d’insuline [et de glucagon, ndlr] maintient ce taux dans des fourchettes acceptables.

F : L’insuline est une hormone vitale. Peux-tu nous rappeler à quoi elle sert ? 

Hugo Paneley  : En effet, l’insuline est indispensable à la vie puisqu’elle permet de faire entrer le sucre dans les différentes cellules du corps, soit directement pour les nourrir et leur fournir de l’énergie (les cellules du cerveau) ou bien pour le stocker (les cellules du gras, les cellules du foie, les muscles). Pas assez de sucre dans le sang, c’est l’hypoglycémie et les cellules notamment cérébrales se nourrissent difficilement, ces dernières étant très friandes de glucose ; et trop de sucre dans le sang, l’hyperglycémie, causant un vieillissement accéléré des cellules et notamment les vaisseaux du cœur et du cerveau, et à long terme des pathologies cardio-vasculaires.

F : On sait qu’il existe plusieurs types de diabète. Peux-tu nous rappeler ce qu’est le diabète de type 1 ?

Le diabète de type 1 est lié à une destruction totale des cellules du pancréas en lien avec une réaction auto-immune et la production d’auto-anticorps. Le pancréas n’est alors plus en mesure de fabriquer l’insuline. L’hyperglycémie caractéristique du diabète s’installe lorsque environ 90 % des cellules pancréatiques ont été détruites, le taux de sucre monte progressivement pendant plusieurs semaines à plusieurs mois, accompagné d’un amaigrissement malgré un appétit conservé, d’une forte augmentation de la consommation d’eau avec en parallèle une augmentation de la quantité urinée. Ces manifestations passent le plus souvent inaperçues, et le diagnostic est généralement porté lors d’une complication de ce processus, l’acidocétose diabétique. 

F : Qu’est-ce qu’une acidocétose diabétique ? 

Hugo Paneley  : Comme je le disais, c’est une complication fréquente du jeune diabétique de type 1 où l’organisme, à force d’utiliser d’autres substrats énergétiques (d’autres carburants) que le sucre, en vient à accumuler des substances (les cétones) qui à terme lui sont toxiques. Cette manifestation était auparavant grevée d’un pronostic sombre avec une mortalité très importante, tout aussi dramatique qu’elle touchait des patients jeunes, de 15 à 25 ans. 

F : Le pronostic a donc considérablement changé depuis la découverte et la possibilité d’administrer de l’insuline aux patients ?

Hugo Paneley  : Tout à fait. Le pronostic du diabète de type 1 et de l’acidocétose a été profondément changé suite à la possibilité d’administrer directement l’insuline qui manque à l’organisme par injection sous-cutanée. Les patients diabétiques de type 1 doivent ainsi bénéficier d’un traitement à vie par insuline, le pancréas n’étant pas capable de se régénérer tout seul et de créer à nouveau de l’insuline.

F : Le mode de vie joue un rôle central dans la gestion de cette maladie, peux-tu nous en dire quelques mots ? 

Hugo Paneley Absolument, la diététique joue un rôle primordial dans l’équilibre du diabète d’un patient puisqu’un régime adapté mais également la pratique d’une activité physique régulière permettent d’optimiser la consommation de sucre et éviter à la fois les épisodes d’hypoglycémies et l’hyperglycémie prolongée. Les règles hygiéno-diététiques et l’insuline sont les deux piliers du traitement du diabétique de type 1 et sont tous les deux indispensables et indissociables.

F : Existe-t-il des cas de guérisons spontanées durables du diabète de type 1 ? Si oui, comment la science médicale l’explique-t-elle ?

Hugo Paneley Il peut arriver, dans de rares cas, que le diagnostic du diabète de type 1 soit porté avant une destruction totale des cellules pancréatiques. Ce dernier est alors capable de sécréter encore un petit peu d’insuline, et la glycémie du patient, bien qu’anormalement haute, n’est pas assez élevée pour provoquer une acidocétose. Dans ces cas-là, les besoins en injection d’insuline (ou exogènes) sont atténués par la persistance d’une sécrétion naturelle d’insuline (ou endogène). Cette accalmie, appelée aussi lune de miel, peut être prolongée par une diététique adaptée et peut aller jusqu’à une normalisation de la glycémie sans avoir recours aux injections d’insuline. Toutefois, ce phénomène n’est que transitoire (quelques semaines à quelques mois), la destruction du pancréas est irrémédiable tant que le processus auto-immun se poursuit, et le traitement par insuline devient nécessaire tôt ou tard. Il est illusoire de prétendre traiter un diabète de type 1 uniquement via la diététique, et prétendre le contraire revient à mettre en danger la santé des patients en les exposant aux complications cardio-vasculaires connues à long terme ou au décès brutal suite à un épisode d’acidocétose.

Maladie en 4D : diabète, diagnostic, déni…

Les symptômes de polyurie (urine excessive) et de polydipsie (soif excessive) ont inquiété Alexandre qui consulta son médecin généraliste quelques jours après sa soirée entre amis. Il lui prescrit une prise de sang, qui révèle un diabète. Alexandre tombe des nues « comment est-ce possible, il n’y a aucun diabétique dans ma famille » s’exclame-t-il. Pour être bien certain, une deuxième prise de sang sera réalisée. Les résultats – des chiffres bien trop élevés ne pouvant laisser place à l’erreur – sont malheureusement là. Par la suite, c’est un enchaînement lourd à supporter pour le jeune adolescent. Il consulte un endocrinologue qui lui apprend à se piquer et lui prescrit de l’insuline. Il essaiera de le revoir par la suite. Ce dernier se contentera d’une consultation express, de prendre son chèque et de le laisser s’en aller.

Malgré ces évènements difficiles à encaisser, Alexandre s’approprie sa maladie. C’est un garçon intelligent qui a eu le bac avec mention très bien. Mais Alexandre est jeune. Alexandre ne veut pas perdre espoir. Alexandre est dans le déni de sa maladie. Il réalise des injections à l’emporte-pièce qui sont loin de satisfaire la rigueur militaire qui doit s’imposer dans cette maladie. Quelques minutes après le début de la conversation, il avouera à Jonathan qu’il a arrêté de se piquer depuis plus d’une semaine. Jonathan ne peut que comprendre Alexandre. Il a déjà assisté à ce type de phase chez le jeune diabétique : « imaginez cinq secondes que ça vous tombe dessus. Plus d’alcool, plus de soirée, plus de fast-food, aucun d’excès, une vigilance accrue sur son taux de sucre sanguin. C’est un calvaire, surtout à cet âge. Moi le premier, si ça m’était tombé dessus, je n’aurais peut-être pas voulu l’accepter dans le premier temps. Cette phase est presque “tristement normale” chez le jeune diabétique. »

Jonathan comprend donc Alexandre et c’est ce qu’il lui dit. Il essaie de faire preuve d’empathie. Pourtant, il ne peut s’extirper de son devoir de médecin. Il doit lui dire à nouveau que son diabète est là et qu’il le suivra toute sa vie même s’il sait qu’Alexandre est au courant. « Il m’a récité sur le bout des doigts les cibles de glycémies qu’il doit atteindre avant chaque repas, après chaque repas, comment modifier son insuline en fonction, etc. », raconte Jonathan. Une question obsède alors le jeune interne : pourquoi diable a-t-il arrêté son insuline ? Alexandre lui répond que « puisqu’il ne mange pas, il n’en a plus besoin ». Jonathan rappelle à Alexandre que même s’il ne mange pas, son corps continue de fabriquer du glucose via d’autres voies métaboliques. Par conséquent, l’insuline lui est indispensable jusqu’à la fin de sa vie. Mais Alexandre s’entête : « On peut guérir du diabète. Il suffit de bien manger », assène-t-il. Il en viendra à parler de médecines douces et d’autres joyeusetés hostiles à la médecine moderne. Même s’il a été peu étonné de la réaction d’Alexandre, Jonathan ressort déboussolé et complètement lessivé de sa consultation d’une heure avec le jeune homme. Et on le comprend. Fin de semaine, cinquante heures de boulot, la vie d’interne en médecine n’est pas de tout repos. Mais c’est son devoir de se montrer patient et compréhensif. Au fond, Jonathan pense qu’Alexandre n’est qu’un pauvre gamin perdu, qui finira par accepter sa maladie comme tous les diabétiques au bout d’un moment. Il ne sait pas encore qu’en réalité, Alexandre a mis sa vie en danger en suivant des conseils dangereux.

L’appel à l’aide du papa 

Aussitôt sorti de la consultation, un infirmier interpelle Jonathan. Le père d’Alexandre est au téléphone. Le jeune interne est fatigué mais il prend tout de même l’appel. Ils discutent ensemble, Jonathan rassure le parent du jeune homme et lui demande son avis sur la situation. Après tout, c’est son père, il peut sûrement lui apprendre quelque chose qu’il ignore sur son fils. Son père répond qu’Alexandre est très intelligent et qu’il se documente beaucoup sur Internet concernant sa maladie. À ce moment précis, le cœur de Jonathan s’est comme arrêté de battre. Les propos d’Alexandre prennent instantanément un tout autre sens dans l’esprit de Jonathan. Le jeune interne s’engouffre dans la brèche : « sur Internet ? Vous savez qu’il y a aussi beaucoup de bêtises sur Internet ? » Son père lui raconte alors que l’entourage d’Alexandre l’a déjà mis en garde au sujet de l’ambivalence d’internet. Du fait qu’on y trouve le pire comme le meilleur, surtout dans le domaine de la santé. Le papa tente d’être plus précis « il regarde les vidéos d’un mec qui prépare des jus sur YouTube ». Jonathan a 28 ans. Derrière son sérieux au travail se cache un jeune homme issu de la génération console et Internet. Et il passe un temps fou sur YouTube. Trop à son goût au lieu de potasser sa thèse, nous confie-t-il. Il a tout de suite compris de qui le père d’Alexandre parlait. « Thierry Casasnovas ? », tente le jeune interne. Son père répondra alors par l’affirmative.

Qui est Thierry Casasnovas ?

Pour que Jonathan sache tout de suite de qui le père d’Alexandre parlait, c’est que ce Thierry Casasnovas (TC) doit avoir une certaine notoriété sur Internet. En effet, il compte quasiment 500.000 abonnés sur YouTube. « Dans ce domaine, c’est le “dérapeute” le plus suivi, son audience est très (trop) importante. C’est aussi une porte d’entrée vers d’autres pseudo-spécialistes de l’argile, du jeûne, des vaccins, etc. Lui est une sorte de généraliste des fausses promesses médicales. Il a quasiment abordé tous les sujets. En déconstruisant son discours, on essaye d’alerter sur toutes ces dérives. Ça n’a rien de personnel. Mais c’est lui qui prend le plus la lumière donc c’était logique », nous explique le collectif l’Extracteur, qui fait la guerre aux informations dangereuses concernant la santé sur Internet. 

Et pour ce faire, nul besoin d’être Columbo ou Inspecteur Gadget. La matière première est fournie. « Nous ne sommes pas des détectives privés, et encore moins des enquêteurs de police. Sa vie privée ne nous intéresse pas, son passé non plus. Sauf quand il s’en sert pour essayer de prouver sa méthode, de consolider son discours. Là, il devient important de remettre les choses dans l’ordre. Et pour cela, nous avons simplement écouté attentivement ses vidéos, et présenté des informations qu’il rend lui-même publiques. Pour le reste, en 1.350 vidéos, il a dit tellement d’énormités et avoué de son propre chef tant de travers et de défauts, qu’il suffit de le laisser s’exprimer pour comprendre la supercherie qu’il représente », détaille l’Extracteur.

Mais alors, qui est donc ce TC ? « Dans notre vidéo “Son incroyable résurrection”, on relate pas mal d’évènements de sa vie qui permettent de remettre un peu d’ordre dans sa légende du survivant savamment construite. Il est vraiment difficile de discerner le vrai du faux dans le mythe qu’il a su construire autour de son passé. Pour ce qu’on a pu recouper, il est devenu boulanger itinérant, puis a fait partie d’un collectif d’agriculteurs catalans. Ensuite, il a monté une association autour des vélos à assistance électrique, avant de partir en Thaïlande d’où il a fait sa toute première vidéo. Vivre Cru s’est transformé en Regenere, l’association qui le fait en partie vivre aujourd’hui. Il tient aussi le comité départemental de soutien à Pierre Rabhi. Voilà pour sa vie “professionnelle”. Pour le reste, il est encore plus compliqué de trouver des éléments pour confirmer ses allégations. Ce qui est certain, c’est qu’il n’a aucune formation ni aucune compétence en médecine ou en physiologie. Il avoue lui-même s’être formé sur Wikipédia et auprès de charlatans américains bien connus comme Robert Morse. Ah si, il aurait une formation en iridologie. C’est dire le sérieux scientifique de ce monsieur qui est, depuis peu, conseiller municipal de sa ville… », raconte l’Extracteur. 

D’ailleurs, il y a quelques semaines de cela, un membre du collectif, celui qui prête sa voix pour les vidéos de l’extracteur s’est fait démasquer. Mais le collectif en ressortira, apparemment, plus fort que jamais : « la révélation de l’identité de Krapo n’entachera pas sa détermination, ni celle de notre collectif. Ce genre de chose n’est jamais agréable mais ça faisait partie des risques. On est déjà passé à autre chose. On travaille sur plusieurs nouvelles vidéos. Encore une fois, notre objectif est d’alerter, de mettre en garde, pas de partir en guerre contre des personnes. Mais en faisant cela on touche à leur business, on secoue leurs croyances, il est logique qu’ils ne se laissent pas faire sans broncher, et comme ils n’ont rien pour argumenter sur le fond… », conclut l’Extracteur.

Que pense-t-il du diabète ?

TC a fait deux longues vidéos sur le diabète. L’exercice auquel il s’attelle ressemble fortement à de l’exercice illégal de la médecine mais la façon dont il amène ses propos et les précautions prises dans les descriptions de ses vidéos sont suffisantes pour ne pas être inquiété par la loi. En tout cas pour l’instant. Dans ses vidéos, il assène beaucoup de certitudes avec aplomb. Mais une erreur ne devient pas vérité par l’éloquence du propos. Pour nous aider à y voir plus clair sur ce qui est dit dans ses vidéos, nous avons fait appel à Filipe de Vadder, docteur en physiologie, qui a réalisé sa thèse sur le diabète. 

Dans sa vidéo datant du 5 mai 2017, intitulée « Soignez tous les diabètes en 20 minutes », TC nous invite à comprendre. Je le cite : « pour soigner il faut d’abord comprendre, alors en 20 minutes, c’est ce que je vous propose ici, comprendre pourquoi le traitement “classique” du diabète ne fait que vous rendre obèses et diabétiques ». Il affirme, en deux minutes et cinq secondes, qu’« une maladie chronique, c’est une maladie qui n’évolue pas ». Premier mensonge que pointe Filipe : « c’est précisément tout le contraire. Une maladie chronique évolue dans le temps. Le mot chronique est présent pour signifier le fait que cette maladie dure mais dans le cas du diabète, la maladie empire si l’on ne fait rien (amputations, gangrènes, rétinopathies, etc.) ».

Dans la foulée, à deux minutes et 27 secondes, TC nous présente une étude censée prouver son allégation précédente : perdre du poids fait automatiquement disparaître le diabète. Filipe est toujours avec nous pour pointer ce qui ne va pas : « dans cette étude, ce sont des individus qui ont subi un by-pass gastrique (BPG). Aujourd’hui, on le sait, le BPG est la façon la plus efficace pour soigner un diabète de type 2 mais elle n’est préconisée qu’aux personnes en obésité morbide présentant une comorbidité. Ce n’est pas un simple coup de bistouri. On réduit la taille de l’estomac et on modifie l’anatomie du tube digestif. Cette chirurgie modifie énormément de choses : les sécrétions d’hormones, la physiologie de nos tissus, la voie métabolique des acides biliaires, etc. Le raisonnement de TC ici, c’est de dire BPG = jeûne forcé = perte de poids = plus de diabète. Sauf que c’est beaucoup plus complexe que ça en réalité. »

Trois minutes trente secondes, TC lance une question rhétorique : « le sucre serait dangereux dans le sang, mais pas dans les cellules ? C’est bizarre quand même ». Filipe nous explique que « dans le diabète, le problème majeur c’est l’hyperglycémie [donc le sucre dans le sang, dans les cellules ce dernier est soit utilisé, soit stocké, ndlr]. Celle-ci peut induire une glucotoxicité [une intoxication au glucose, ndlr]. C’est donc important de réguler finement la balance, ce qu’apprend à faire un patient lorsqu’il a besoin de s’injecter de l’insuline. Il ne s’en injecte pas n’importe comment, et elle n’est pas moins “bonne” car elle est exogène, comme le laisse sous-entendre TC un peu après dans la vidéo ».

Après presque cinq minutes de vidéo, à quatre minutes 48 secondes exactement, TC cite une étude pour nous révéler que la metformine (un antidiabétique oral) ne sert à rien. « Ce qu’il oublie de dire, c’est que dans cette étude c’est la thérapie intense de metformine qui ne donne pas plus de résultats et engendre parfois plus de problèmes qu’une thérapie standard. Tous les patients sont donc sous médication. Ce n’est pas une comparaison entre un groupe sous traitement et groupe sans traitement », détaille Filipe.

On pourrait continuer pendant longtemps. Il y a deux autres vidéos principales sur le diabète, toutes remplies de propos plus dangereux les uns que les autres. Pour plus de détails, les threads de Filipe sont disponibles ici. TC n’est pas un spécialiste du diabète. Il n’a pas lu la littérature scientifique à ce sujet. Et quand il le fait, il le fait mal et donne des conseils mettant en danger la vie d’autrui. Il n’a pas non plus réalisé d’études innovantes concernant cette pathologie. Tout ce qu’il propose pour guérir les diabètes en vingt minutes, ce sont les lois naturelles du vivant, qu’il a lui-même érigées en dogme, et le bon sens. On reprendra le propos d’Étienne Klein pour conclure cette partie : « La science contredit presque toujours le bon sens. »

Le 4e D : le désespoir de Jonathan

Jonathan comprend alors l’ampleur du désastre. TC, cela fait un certain temps qu’il en entend parler. Il sait que c’est un véritable fléau. La papa d’Alexandre lui explique que son fils s’est fait retourner le cerveau et que c’est à cause des vidéos qu’il a arrêté son insulinothérapie. La conversation téléphonique se termine et il commence à se faire tard mais Jonathan, par acquit de conscience, décide de refaire un tour dans la chambre d’Alexandre. Il essaie de lui expliquer qu’ils ont tous les deux à peu près le même âge et que, lui aussi, il connaît TC. Le jeune interne l’informe qu’il raconte beaucoup de bêtises dangereuses dans ses vidéos. Jonathan comprend alors qu’il vient de faire une erreur. Alexandre se ferme comme une huître. Un véritable mur. Au final, il le laissera quand même avec une vidéo YouTube qui critique le travail de TC. « Peut-être aura-t-elle plus d’influence que moi… », désespère Jonathan. 

Le lendemain, Alexandre n’est plus là. Le chef de service de Jonathan lui explique que « la prise de sang s’est à nouveau dégradée le soir, il a été à nouveau transféré sur un secteur plus sérieux. Il va bien, mais on peine à correctement équilibrer sa glycémie.” » Jonathan se remémore ses pensées de la soirée de la veille : « l’issue aurait pu être bien différente. Alexandre aurait pu décéder de cette crise, comme c’est encore le cas pour certaines jeunes qui s’opposent au traitement. Tout ça [dans le cas d’Alexandre, ndlr] à cause d’un charlatan qui exploite la faiblesse, la détresse et la maladie des gens uniquement pour l’argent. Oui vous savez, vendre des formations, des extracteurs de jus, des consultations avec des coachs de régénération et surtout de l’espoir. C’est peut-être de ça que manque la médecine de nos jours. Un peu moins de médicaments. Un peu moins de langage complexe. Plus d’humanité et d’espoir. »

Médecine moderne et pratiques douces : deux espoirs bien différents 

Tout le monde peut être tenté par ce genre de solutions alternatives et élégantes. C’est humain. Nous recherchons de l’espoir et des réponses. Mais l’espoir et les réponses ne viendraient-ils pas du domaine à l’égard duquel les personnes qui proposent ces pratiques alternatives sont assez hostiles ? Nous voulons parler des sciences médicales. Pour répondre à cette question, nous avons discuté avec Florian Cova, chercheur en philosophie et psychologie au Centre Interfacultaire en Sciences Affectives de l’université de Genève.

Futura : Les pratiques douces, statiques dans leurs concepts et leurs méthodes ne prodiguent-elles pas un espoir factice à l’inverse de la science médicale qui apporte un véritable horizon d’espoir ?

Florian Cova : Lorsqu’on pense aux personnes qui font appel aux médecines alternatives, on a souvent en tête celle pour qui la médecine moderne fait défaut, soit en étant incapable de prendre en charge son état pathologique, soit en déclarant qu’elle n’a « rien » alors qu’elle sent clairement que quelque chose ne va pas. Dans ce cas, les médecines alternatives peuvent être une source d’espoir. Pourquoi ?

Premièrement, parce que les médecines alternatives prétendent avoir la solution, alors que la médecine basée sur les preuves ne peut que promettre de l’avoir un jour, après un processus forcément lent. La recherche médicale peut constituer un espoir collectif de soigner un jour telle ou telle maladie mais cet espoir ne vaut pas grand-chose pour l’individu qui, lui, a besoin d’un remède maintenant.

Deuxièmement, de nombreuses médecines alternatives prétendent faire plus que soigner un état pathologique. Elles permettent aussi à l’individu de retrouver un sentiment de contrôle sur sa vie. Nous sommes souvent démunis face à la maladie qui nous frappe contre notre volonté. C’est là que les médecines alternatives puisent leur force en nous donnant un rôle actif [qui est souvent culpabilisant au demeurant, ndlr] en nous proposant de changer nos habitudes (par exemple des régimes ou des cures) et de développer une pensée positive.

Troisièmement, les médecines alternatives peuvent quand même apporter de l’espoir même si la médecine conventionnelle propose déjà un traitement. En effet, certaines solutions proposées par les médecines alternatives sont plus faciles et confortables que celle de la médecine moderne. Dans certains cas, ce que propose la médecine fondée sur les preuves, ce sont des traitements lourds, qui requièrent des changements d’habitudes fondamentaux et définitifs, toute notre vie.

Les médecines alternatives arrivent alors avec une cure miracle qui, une fois suivie, nous permettra de vivre à nouveau normalement. Pour prendre un exemple qui tient plus de la psychologie que de la médecine : la prise en charge de certains troubles chez l’enfant (hyperactivité, autisme) demande souvent un investissement parental lourd qui a forcément un impact sur le mode de vie de toute la famille. Il s’agit d’une prise en charge et d’une adaptation de chaque instant. La promesse scientifique se limite à dire que l’enfant ira mieux (dans le sens qu’il sera plus adapté) en grandissant, mais que ses troubles ne disparaîtront jamais. Dans ce contexte, il n’est pas étonnant de voir des parents se laisser séduire par des charlatans qui leur promettent la disparition complète des troubles après dix séances d’hypnose, de thérapie d’intégration neuro-émotionnelle par les mouvements oculaires (EMDR), de psychogénéalogie ou de communication facilitée.

Enfin, il faut tout de même éviter de prendre ce cas pour une généralité. Beaucoup de gens ont recours aux médecines alternatives pour des raisons qui n’ont rien à voir avec le manque d’espoir. L’arnica, par exemple, peut difficilement être conçue comme une médecine venant répondre à une situation désespérée. Une grande partie de la consommation pseudo-médicale n’a rien à voir avec le désespoir et doit être expliquée par d’autres facteurs (recherche du bien-être, quête de sens, culte de la nature et méfiance envers la médecine “chimique”, etc.)

Futura : On a l’impression, dans le domaine de la santé, que chacun peut débarquer avec sa nouvelle théorie sur la biologie humaine et trouver des solutions miracles à tous nos maux. On dirait qu’un relativisme s’est lentement mis en place. Quelle est votre analyse de chercheur sur la question ?

Florian Cova : Les spécialistes de ce champ de recherche s’accordent à dire qu’il y a eu une forte recrudescence des médecines alternatives à partir des années 1970, même si nombre d’entre elles puisent leurs racines dans des courants déjà existants. Autrement dit, la médecine moderne (qu’on pourrait être tenté d’appeler « médecine basée sur des preuves » mais qui ne l’est pas toujours hélas) a été concurrencée par d’autres formes de médecine moins rigoureuses. Pourtant est-ce qu’il faut y voir un relativisme ? Tout d’abord, il faut être prudent avec le mot relativisme. On l’entend à tout bout de champ et il n’est pas toujours utilisé de façon appropriée. Ici, en termes médicaux, on peut distinguer deux différentes formes de relativisme. 

Le premier, le relativisme du traitement. Certains traitements marcheraient « pour moi » mais pas « pour d’autres ». Ce relativisme est, en soi, loin d’être absurde. Le fait que l’efficacité de certains traitements dépendrait des caractéristiques de l’hôte fait partie intégrante de la pensée médicale depuis au moins l’Antiquité. Surtout, c’est une réalité à laquelle les médecins sont confrontés. Par exemple, dans l’administration de médicament antiépileptiques, dont les effets secondaires peuvent varier selon les personnes (auquel cas on essaie différents médicaments, différentes doses, etc.). Mais si l’idée n’est pas absurde en soi, elle est souvent utilisée de manière paresseuse pour éviter les discussions sérieuses au sujet de l’efficacité d’un traitement (de toute façon, ça marche pour moi) et peut avoir tendance à glisser dans la seconde forme de relativisme. Ce relativisme peut s’expliquer (en partie) par le fait que ce que cherchent avant tout les gens quand ils prennent un remède, c’est à aller mieux (pas à valider une théorie scientifique). Donc s’ils se sentent effectivement mieux après avoir pris le remède, pourquoi chercher plus loin ? Nous n’avons pas tous le temps de devenir spécialistes en méthodologie médicale [et donc comprendre qu’aller mieux après avoir pris un remède n’est pas forcément attribuable au remède en question, ndlr]

La seconde forme de relativisme, c’est tout simplement le relativisme de la vérité. C’est penser qu’il n’y a pas de critère objectif pour départager les pratiques médicales entre elles et chacun est en droit de penser ce qu’il veut, sans qu’on puisse dire que certains « ont raison » et d’autres « ont tort ». Concernant ce relativisme, il n’y a pas de preuves tangibles que les pratiquants des pseudo-médecines soient relativistes en ce sens. Bien au contraire, on pourrait dire que certains sont absolument convaincus du bien-fondé de leur approche (je parle ici des « consommateurs » de médecines alternatives, savoir si les charlatans qui les vendent sont de bonne foi est une autre paire de manches). Quand nous sommes confrontés à des croyances absurdes (comme le sont certaines médecines alternatives), il est tentant de penser que les personnes qui y adhèrent ne se soucient pas de la vérité, mais c’est peut-être une illusion. D’autant plus qu’on parle d’un domaine où les gens mettent leur santé en jeu.  Peut-on vraiment penser qu’ils ne se soucient pas de savoir si leur traitement marche effectivement ou pas ? Dans le cadre de mon travail de recherche, je bosse depuis un an sur des questions similaires qui se posent dans le cadre des théories du complot et des fake news. Pour l’instant, ce n’est pas ce genre de relativisme que je vois ressortir de mes études. Tout ce que je peux dire à l’heure actuelle, c’est que, comme souvent, c’est plus complexe que ce que l’on pense de prime abord. Plus qu’un relativisme qui affirmerait qu’il n’existe aucune vérité, l’attitude qui sous-tend l’adhésion aux médecines alternatives me semble se baser sur certaines croyances épistémologiques au sujet de la connaissance.

La première qu’il faut être épistémiquement humble contrairement à la médecine traditionnelle, jugée arrogante, qui prétend avoir raison [quand on y regarde de plus près, on constate plutôt l’inverse. La médecine alternative sait souvent tout contrairement à la médecine scientifique qui doute et se remet en question, ndlr]. La seconde que l’expérience personnelle est une façon privilégiée de bâtir la connaissance [ce qui est en nette opposition avec l’épistémologie de la médecine fondée sur les preuves, ndlr]. En résumé, l’attitude autour des médecines alternatives ne me paraît pas relever de croyances métaphysiques (sur l’absence de fondement objectif à la vérité), mais sur des croyances épistémologiques (sur ce qui constitue la bonne attitude pour connaître la vérité).

Enfin, méfions-nous collectivement de l’idée selon laquelle les adhérents des médecines alternatives penseraient que  « tout se vaudrait ». Il est probable qu’un certain nombre d’idées pseudo-médicales ne prennent pas et retombent tout aussi vite dans l’oubli. En tant que personnes extérieures à ce monde, nous ne voyons que celles qui ont du succès, mais cela ne veut pas dire que ces communautés ne font pas un tri en amont. Tous les traitements absurdes ne sont pas égaux.

Futura : Ce que vous dites est très intéressant. Et justement, pour finir, pouvons-nous expliquer à nos lecteurs ce qui distingue une connaissance médicale d’une croyance médicale ?

Florian Cova : La philosophie ne fait pas la distinction nette entre croyance et connaissance comme on peut la voir dans certains milieux sceptiques (et que l’on peut voir comme un héritage de Kant). Pour la plupart des philosophes, la connaissance est une forme spécifique de croyance. Et même chez la minorité qui pensent que la connaissance est fondamentalement distincte de la croyance, tout le monde est d’accord pour dire que savoir que X (la connaissance) implique de croire que X (la croyance). Autrement dit, pour les philosophes, la croyance n’est pas quelque chose d’intrinsèquement irrationnel et/ou faux. Croire quelque chose, c’est juste se représenter le monde comme étant de telle ou telle façon. Par exemple, croire que le bus passera en bas de chez moi à 17 h, c’est juste me représenter le monde comme un étant un monde où le bus passe en bas de chez moi à 17 h. Pourtant, il y a bien deux critères fondamentaux en philosophie qui permettent de distinguer la connaissance des autres formes de croyances. 

Le premier, c’est que la connaissance est nécessairement vraie, tandis que la croyance peut être vraie ou fausse. Cela veut dire aussi qu’il ne suffit pas d’avoir une croyance vraie pour obtenir la connaissance. Si un charlatan est persuadé que son remède/régime miracle peut guérir toutes les maladies possibles, et que c’est effectivement le cas pour une maladie sur mille, on ne dira pas qu’il savait que son remède est efficace pour cette maladie. Son cas est semblable à celui, assez classique, de la personne qui regarde une horloge, qui en fait est arrêtée, mais a la chance improbable de la regarder à l’heure exacte à laquelle elle s’est arrêtée. Sa croyance sur l’heure qu’il est vraie, mais elle n’a pas le statut de connaissance.

Il faut donc un ingrédient supplémentaire, en plus de la vérité, pour faire d’une croyance ou connaissance. Quel est cet ingrédient ? C’est le second critère qui donne encore lieu à moult débats en philosophie de la connaissance actuellement. Une approche traditionnelle définissait la connaissance comme une croyance vraie et justifiée, mais cela soulève des difficultés. Une approche contemporaine consiste à définir une connaissance comme une croyance vraie qui traque la vérité ou plutôt qui est sensible aux preuves. Autrement dit, pour être une connaissance, une croyance ne doit pas seulement être vraie. Elle doit aussi être telle qu’elle serait différente si la vérité était différente. Pour reprendre les exemples du paragraphe précédent, la croyance de notre rebouteux n’est pas une connaissance, parce qu’il aurait sûrement continué à croire en l’efficacité de son remède même si celui-ci n’était pas efficace. Et la personne qui regarde l’horloge aurait eu la même croyance, même si l’heure était fausse. À partir de cette idée toute simple (la sensibilité à la vérité), on comprend ce qui fait la supériorité épistémologique de la médecine basée sur des preuves. Ses procédures lui assurent la capacité de changer en fonction des preuves accumulées. Elle possède donc une certaine sensibilité à la vérité. À l’inverse, de nombreuses médecines alternatives (au hasard, l’homéopathie) ont un corpus figé qui montre qu’elles sont complètement insensibles à la découverte de nouveaux faits et de nouvelles données. Leur immuabilité est la marque de leur insensibilité à la vérité. Si la vérité était différente, elles seraient identiques à elles-mêmes.

Sachant cela, il est primordial de ne pas mettre l’ensemble des croyances médicales de la population générale dans le même panier. À l’inverse, il faut entamer un travail de distinction des différents types de croyance en fonction de leur sensibilité aux preuves. Je vais vous raconter une anecdote. Il y a peu de temps que j’ai appris que les sirops pour la toux étaient inefficaces. J’avais donc une croyance médicale fausse. Pourtant, il m’a suffi de tomber sur quelques articles sur le sujet pour réviser cette croyance. Il est probable que beaucoup de croyances médicales soient de cette sorte. On croit qu’un médicament (par exemple, des granules homéopathiques) est efficace parce que notre médecin nous l’a dit, ou parce que d’autres personnes dans notre famille le croient. Mais il suffirait de se pencher sur la question sérieusement pour réviser notre jugement. On peut dire qu’il s’agit de croyances sensibles aux preuves.

À l’extrême opposé, on trouve des cas où certaines croyances médicales semblent être complètement immunisées aux preuves, c’est-à-dire qu’on voit mal quel type de preuves pourrait conduire les personnes, qui les maintiennent, à changer d’avis. Cette immunité peut avoir plusieurs sources. Elle peut être « motivationnelle », c’est-à-dire que les gens ont besoin ou ont envie que cette croyance soit vraie, ce qui les conduit à rejeter toute preuve inverse. Elle peut être « épistémologique », au sens où ces croyances sont accompagnées d’autres croyances sur la nature de la connaissance qui viennent la protéger. Par exemple, que la raison est un moins bon moyen que l’intuition pour connaître la vérité, que la science est un complot, qu’on ne peut pas faire confiance aux scientifiques, que les personnes qui sont opposées à notre croyance le sont pour de mauvaises raisons, etc,

Pour conclure

Résumons brièvement ce que nous savons. Un jeune homme souffrant d’un diabète de type 1 a arrêté ses traitements après avoir été exposé à des vidéos de TC sur YouTube. On ne sait pas si ce facteur (les vidéos) a été un facteur causal, encore plus un facteur nécessaire et suffisant. Néanmoins, la coïncidence est troublante et mérite investigation. Oui, car le diabète de type 1, ce n’est pas une pathologie où l’on peut se permettre de rester sans traitement sans courir un sérieux risque vital.

De plus, nous l’avons vu, TC, au-delà des quelques vérités énoncées dans ces vidéos concernant certains aspects du mode de vie, prolifère aussi des tissus de mensonges extrêmement dangereux pour les personnes atteintes des pathologies graves comme c’est le cas ici. Mais avec 1.350 vidéos à son actif, il ne s’est pas arrêté au diabète de type 1.

Si vous êtes atteint d’une pathologie grave, ne vous laissez pas séduire par les solutions élégantes que propose ce personnage. Si vous souhaitez de l’espoir immédiat que les sciences ne peuvent vous apporter, alors oui, améliorez votre mode de vie si vous le souhaitez, cela sera toujours bénéfique pour une pathologie donnée. Mangez mieux, faites de l’activité physique adaptée, dormez mieux, arrêtez de consommer des produits néfastes à votre santé comme le tabac ou l’alcool.

Tout cela est bénéfique et est conseillé par le corps médical. Mais ces changements ne s’accompagnent pas de miracle. Pour des pathologies sérieuses comme le diabète de type 1 et bien d’autres, des traitements médicamenteux sont nécessaires, pour votre santé ! Car c’est bien elle qui est en jeu. Alors discutez avec votre médecin de ce que vous pouvez faire pour maximiser vos chances de guérisons ou pour bénéficier d’un état le plus stable possible dans le cadre des maladies chroniques. Et ne lâchez pas l’affaire, les praticiens de santé sont là pour ça. Ne vous mettez pas en danger. Votre vie et celle de vos proches en dépendent.

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